Critique de « Les Éblouis »

Séléction Officielle - 28ème Festival du Film de Sarlat

Les Eblouis

8.5

Scénario

8.5/10

Casting

9.0/10

Réalisation

8.5/10

Bande-Originale

8.0/10

Les pour

  • Camille Cottin, méconnaissable et terrifiante.
  • Un récit envoûtant et rythmé.
  • Un film qui parvient à rester neutre dans ses propos, ce qui est rare aujourd'hui.

Twitter : #LesÉblouis @Pyramide_Films

Titre VO :

Réalisatrice : Sarah Suco

Acteurs/trices : Camille Cottin, Jean-Pierre Darroussin, Eric Caravaca, Céleste Brunnquell…

Durée : 1H39

Date de sortie : 20 novembre 2019

Premier long-métrage de la jeune réalisatrice, mais que l’on connait pour le coup plus comme actrice sur ces dernières années, Sarah Suco, Les Éblouis relate une expérience vécue par la réalisatrice lorsqu’elle était plus jeune et c’est un des films coup de poing de la sélection officielle du Festival du Film de Sarlat 2019. Et à l’heure où ces lignes sont écrites, on espère fortement une récompense demain soir pour le film.

Coup de poing car sans jamais porter un quelquonque jugement et un avis sur le sujet qu’il traite, le film dépeint la descente d’une jeune fille de 12 ans, Camille, qui se voit, elle et sa famille, embrigadée dans une communauté religieuse, aux allures plus que sectaires. Et autant dire que la puissance et la force avec lesquelles les thématiques de la liberté, du déchirement familial et de la quête de soi sont ici montrées… sont loin de laisser indifférent.

L’intrigue prend le temps de donner un arrière plan à chaque membre de cette grande famille, ainsi on peut comprendre, non toutefois sans peine et désarroi, l’évolution de tous. Forcément, celle qui crève l’écran de par une interprétation brutale et violente, c’est Camille Cottin. En endossant le rôle d’une mère de famille qui a perdu tout sens à sa vie et qui ne laisse que transparaitre froideur et tristesse, l’ancienne « Connasse », s’impose réellement comme une valeur sûre du cinéma français d’aujourd’hui. Non pas que ce ne fût déjà le cas par le passé, mais c’est ici un premier vrai grand rôle à dimension dramatique. A ses cotés à l’écran, Eric Caravaga s’en sort merveilleusement bien en campant un père, bercé par les illusions qu’on essaie de lui faire avaler, mais qui semble néanmoins toujours préoccupé par l »épanouissement et les sentiments évasifs de sa fille. C’est, à l’instar de sa partenaire Camille Cottin, un personnage fort mais dans lequel on aime placer encore un peu d’espoir…
De l’espoir, c’est ce qui transcende et définit le caractère même de la jeune Camille, jouée par Céleste Brunnquell.


C’est la seule qui sait ce qu’elle doit faire, où elle doit aller et si les obstacles seront nombreux pour y parvenir, de là à même nous faire croire à plus d’une reprise que ce sera vain, c’est l’idée même de l’innocence et d’une recherche de liberté qui transpire au travers de cette jeune fille. Les scènes entre elle et sa mère sont glaçantes.

Tout le film l’est en fin de compte, en sachant que c’est ici la carte du réel, de la vraisemblance, et du vécu qui est posée. Le personnage du Berger joué par Jean-Pierre Daroussin est sinistre, inquiétant et pousse le vice encore plus loin mais c’est le cas justement car on sait que de telles personnes agissent de cette façon dans notre société, aujourd’hui même. Les Éblouis est aussi une réussite, on vous le disait plus haut, parce qu’il n’émet aucun jugement. Aucune divergence sur une religion quel qu’elle soit ou sur les personnes en appartenance et communion avec cette dernière. Elle pose tout simplement un constat,, au travers d’un parcours initiatique de cinéma, celui de Camille.

On est pris dès l’ouverture dans un tourbillon émotionnel, fort et qui ne voudra bien nous lâcher qu’une fois le générique de fin lancé. Excellente BO, superbe gestion des décors du terroir angoumoisin. C’est un film choc, qui questionne une nouvelle fois le rapport à la foi et aux limites qu’on se fixe. Une magnifique oeuvre portée sur la désillusion.

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