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Titre originalThe 15:17 to Paris
RéalisateurClint Eastwood
Casting principalSpencer Stone, Anthony Sadler, Alek Skarlatos
Durée1H34
Date de sortie en France7 février 2018
Autour du filmAdaptation d’une œuvre littéraireVoir les détails
The 15:17 to Paris: The True Story of a Terrorist, a Train, and Three American Heroes — Récit autobiographique — 2016 — Anthony Sadler, Alek Skarlatos, Spencer Stone et Jeffrey E. Stern
Après le génériqueOui, restez — Voir la scène →
Comment peut-on encore laisser Clint Eastwood faire ce genre de film ? N'y a-t-il personne dans son entourage pour lui signaler qu'il va, à l'image de Ridley Scott, ternir une belle carrière en proposant de tels navets ?
Le scénario tenait clairement sur un post-it, à savoir : « La bravoure de 3 Américains qui vont éviter un attentat dans le Thalys, direction Paris ». Un attentat déjoué en à peine 30 minutes maximum, rappelons-le. Oui, il n'y avait clairement pas de quoi faire un film et, pour la petite info, l'attaque du Thalys dure clairement 10 minutes dans le film, laissant 1H24 de niaiseries, de patriotisme à outrance, d'une visite guidée de l'Europe et d'une surdose de religion.
Forcément, quand il n'y a pas grand-chose à raconter, on va broder et c'est exactement ce qui se passe dans ce film. Nous allons ainsi suivre les trois super-héros américains (le quatrième homme, anglais, salué à la fin par François Hollande… n'avait visiblement aucun intérêt pour Eastwood) dès leur jeune enfance. On va s'attarder sur les difficultés scolaires, sur la naissance d'une amitié et l'aspect catholique de leurs familles respectives. On aura quand même droit à la phrase déjà culte « Mon Dieu est meilleur que vos statistiques » de la part d'une des mères lorsque la prof conseille à celle-ci de donner des médicaments pour aider à la concentration de son fils avant que ce dernier n'en vienne à s'auto-médicamenter. Déjà que l'aspect religieux à outrance est ridicule, on soulignera la magnifique méthode pédagogique de la prof.

Toute la jeunesse des trois Américains est totalement inintéressante et n'apporte absolument rien, si ce n'est de pouvoir mettre en avant la religion et le fait qu'ils rêvent d'entrer dans l'armée.
On se dit alors que l'on va pouvoir passer aux choses sérieuses, sauf que non ! Il ne faudrait pas passer à côté de l'entraînement à l'école militaire qui n'apporte rien non plus à l'histoire, sauf celui d'expliquer que, grâce à celui-ci, Spencer connaît les gestes importants pour sauver les gens et désarmer les terroristes.

Allez, on monte dans le Thalys ou… NON ! Oui, il reste encore du temps pour brasser du vent, alors on va partir en road trip avec nos trois amis. On va ainsi visiter Venise et ses bateaux-taxis, apprendre que l'on se drogue à Amsterdam, que la bière allemande est excellente et enfin que Paris est détesté de toute l'Europe. Oui, si vous aviez envie de voir Paris mis en avant, laissez tomber, puisque tout du long les trois amis envisagent de ne pas venir tant ils n'entendent que du mal sur Paris. L'office du tourisme devrait apprécier.
Après avoir appris que notre bon Spencer ressent qu'une grande chose va lui arriver et qui va changer sa vie et que la mère d'Alek a parlé avec Dieu, on monte enfin dans le Thalys pour en redescendre 10 minutes plus tard.
À ce sujet, on se demande si Clint Eastwood est déjà monté dans le Thalys avant de faire son film, si la SNCB (Société nationale des chemins de fer belges) a revu sa copie ou si les contrôleurs n'étaient pas en grève…

En effet, le Thalys est un train qui ne fonctionne que sur réservation de billets avec attribution des places (en 2015) et la première chose étrange est de voir les trois amis monter et s'installer où ils ont envie. Ils y vont même d'un « Tiens, si on se mettait là… », sauf qu'ils sont supposés avoir des places associées.
Plus étrange encore, pour une raison de Wi-Fi soi-disant meilleur en catégorie 1 qu'en catégorie 2, les trois amis vont se lever et aller tranquillement taper l'incruste en catégorie 1 sans rien demander et même profiter de snacks et de vin… (À ce sujet, les trois amis passent leur temps à boire de l'alcool) sans jamais avoir été contrôlés ou quoi que ce soit.

Oui, cela ne se passe pas ainsi dans le Thalys, je le prends assez souvent pour connaître le principe des voyages avec ces trains.
Une fois descendu du train et l'attaque terminée… Le film étant sans doute encore trop court, on va avoir droit à l'intégralité du message de François Hollande lors de la remise de la Légion d'honneur. Un passage qui aurait pu être écourté, mais fallait bien meubler.
Vous l'aurez compris, Clint Eastwood s'est royalement moqué de nous en proposant un film si mauvais qu'on en vient à se demander s'il en est vraiment le réalisateur ou s'il était juste sur le lieu de tournage pour justifier son salaire et son nom sur l'affiche.

Seule bonne idée du film, prendre les véritables héros qui, pour le coup, ne sont pas de mauvais acteurs.
Le 15h17 pour Paris est un très mauvais film et il sera oublié d'ici deux mois.
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