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Titre VO : The Odyssey
Réalisateur : Christopher Nolan
Acteurs : Matt Damon, Tom Holland, Anne Hathaway, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o
Durée : 2h52
Date de sortie en France : 15 juillet 2026
Nolan ou « The Place to Be » du cinéma ?
Christopher Nolan et moi, ce n’est pas vraiment une grande histoire d’amour.
J’apprécie pourtant plusieurs de ses films, notamment Le Prestige, Inception ou encore sa trilogie Batman. Mais le cinéaste me laisse aussi régulièrement de marbre, avec cette tendance à compliquer des idées parfois très simples pour leur donner des allures de grande réflexion existentielle. Tenet, par exemple, ressemblait surtout à un Terminator écolo passé dans une machine à laver temporelle.
Aujourd’hui, le nom « Nolan » est devenu une marque à lui tout seul. Dans un cinéma grand public qui ne demande pas toujours énormément d’efforts à ses spectateurs, le simple fait de devoir réfléchir quelques minutes suffit parfois à déclencher des cris au génie.
Et Nolan le sait très bien.
À chaque nouveau film, il semble chercher le concept, la structure ou le petit détail qui lancera des centaines de vidéos explicatives, de théories et d’analyses sur les réseaux sociaux. Pourtant, avec L’Odyssée, comme avec Batman avant lui, il ne réinvente pas forcément la matière d’origine. Cela n’empêchera évidemment pas certains fans d’y voir quelque chose de profondément « onirique », « métaphysique » ou « révolutionnaire », avant de sortir leur plus beau dictionnaire pour expliquer au reste du monde pourquoi le film est un chef-d’œuvre incompris.
Oui, le cinéma de Nolan, c’est aussi cela.
Mais à force de ne parler que de son aspect prétendument intellectuel, on finit presque par oublier l’essentiel : Christopher Nolan est un réalisateur absolument incroyable.
Et visuellement, L’Odyssée est une démonstration.
Les images sont somptueuses, la bande originale est captivante et chaque plan semble avoir été pensé pour être découvert sur le plus grand écran possible. Nolan sait filmer, composer une image et donner une ampleur spectaculaire à son cinéma comme peu de réalisateurs savent encore le faire.
Sur ce point, difficile de discuter : il fait clairement partie des plus grands.
Le problème, c’est que l’épopée d’Ulysse semblait être le terrain parfait pour proposer un immense film d’aventure, rempli d’action, de créatures, de dangers et de moments véritablement épiques. Pourtant, Nolan semble parfois se retenir, comme s’il avait peur de livrer quelque chose de trop simple ou de trop divertissant.
Résultat : certains passages sont franchement mous.
On ne s’ennuie pas forcément, car les yeux restent constamment occupés par la beauté des décors et des images. Mais l’utilité de plusieurs scènes laisse sérieusement perplexe. Certaines donnent davantage l’impression d’être là pour nourrir de futures analyses pseudo-philosophiques que pour faire avancer l’histoire.
Le film semble alors cocher soigneusement toutes les cases du cinéma de prestige : une grande histoire, une mise en scène imposante, une durée conséquente et surtout un casting totalement démesuré.
Car L’Odyssée, c’est aussi le Festival de Cannes sur grand écran.
Il y a tellement de stars que le principal semble parfois être de pouvoir dire : « J’y étais ». Certaines apparaissent quelques minutes dans des rôles que presque n’importe quel autre acteur aurait pu tenir.
Lupita Nyong’o en est probablement le meilleur exemple. Son personnage est extrêmement peu exploité, arrive presque de nulle part et disparaît sans laisser de véritable trace. L’actrice a d’ailleurs elle-même regretté, lors de récentes interviews, son temps de présence très limité à l’écran.
Et elle n’est pas la seule.
La majorité des personnages féminins restent en retrait, à l’exception d’Anne Hathaway, qui bénéficie d’un peu plus de matière. Chaque acteur livre évidemment une prestation solide, mais réunir autant de grands noms pour leur offrir parfois l’équivalent d’un caméo prolongé ressemble surtout à une opération de prestige.
Dans vingt ans, certains pourront dire qu’ils ont tourné pour Nolan. Même si ce n’était que pendant dix minutes et que personne ne se souviendra vraiment de leur personnage.
Après trois heures de film, il est donc difficile de ne pas ressortir impressionné. L’Odyssée est magnifique, immense et techniquement irréprochable. On admire les images, on savoure les apparitions surprises et on reconnaît immédiatement le talent colossal de son réalisateur.
Mais une question demeure : aura-t-on réellement envie de refaire immédiatement le voyage ?
Probablement pas.
L’Odyssée ressemble moins à une aventure que l’on rêve de revivre qu’à un gigantesque événement mondain du cinéma : tout le monde veut y être, tout le monde veut pouvoir dire qu’il l’a vu et chacun cherchera ensuite à prouver qu’il en a compris davantage que son voisin.
Un spectacle grandiose, certes.
Mais derrière les images somptueuses, le casting cinq étoiles et les futures théories métaphysiques, l’émotion et l’envie d’y retourner semblent parfois s’être perdues en chemin.
Finalement, L’Odyssée n’est peut-être pas tant le grand voyage annoncé que le nouveau « The Place to Be » du cinéma.





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