RoboCop
Les pour
- Les ED-209 enfin crédibles grâce aux effets spéciaux.
- Un concept de départ toujours intéressant.
- Quelques idées visuelles réussies.
- Joel Kinnaman reste convaincant malgré un personnage limité.
Les contre
- Des personnages beaucoup moins développés que dans l’original.
- Des méchants totalement oubliables.
- Un scénario rempli de clichés et d’incohérences.
- Une musique peu inspirée.
- Une identité largement sacrifiée au profit d’un blockbuster aseptisé.
- Un remake qui ne retrouve jamais la puissance du film de Paul Verhoeven.
X@STUDIOCANAL #RoboCop #JoelKinnaman #GaryOldman #MichaelKeaton #JosePadilha
Titre originalRoboCop
RéalisateurJosé Padilha
Casting principalJoel Kinnaman, Gary Oldman, Michael Keaton, Abbie Cornish, Jackie Earle Haley, Michael K. Williams, Samuel L. Jackson
Durée1h57
Date de sortie en France5 février 2014
Le voilà enfin en salles, ce fameux RoboCop que StudioCanal s’est bien gardé de montrer à une grande partie des blogueurs, ne privilégiant qu’une poignée de médias déjà largement acquis à sa cause.
Après avoir vu le résultat, on comprend d’ailleurs beaucoup mieux cette stratégie.
Car, contrairement à ce que laissait espérer une bande-annonce pourtant séduisante, ce remake est pour moi une énorme déception. Et pourtant, je voulais sincèrement y croire. Tous ceux qui m’entourent pourront en témoigner : je n’ai cessé de réclamer une projection tant j’espérais retrouver un grand film de science-fiction.
Malheureusement…
Le seul véritable point positif concerne les ED-209, qui profitent enfin des effets spéciaux modernes pour devenir crédibles visuellement et parfaitement intégrés à cet univers futuriste.
Pour le reste, le film est interminable, souvent d’une naïveté étonnante et surtout incapable de développer ses personnages là où Paul Verhoeven y parvenait avec une efficacité redoutable en quelques dizaines de minutes seulement.
Le problème apparaît dès Alex Murphy.
Autant son destin était bouleversant dans le film original, autant il me laisse ici totalement indifférent. Son accident, déjà largement dévoilé dans la bande-annonce, est d’une banalité affligeante et ne crée jamais cette immense empathie que provoquait la mort particulièrement brutale du personnage incarné par Peter Weller.
Chez Verhoeven, les méchants étaient inoubliables. Ils avaient chacun une véritable personnalité, une présence, une folie et connaissaient des fins particulièrement marquantes. Qui a oublié le criminel plongé dans le bain d’acide ?
Ici, les antagonistes sont totalement insipides. Ils apparaissent, disparaissent en quelques minutes et ne laissent absolument aucun souvenir.
Le casting est pourtant impressionnant sur le papier.
Mais encore faut-il lui offrir des personnages dignes de ce nom.
Michael Keaton hérite d’un patron d’entreprise qui ressemble davantage à une imitation bon marché de Steve Jobs qu’à un véritable antagoniste. Entre le jean, le sweat noir et le discours du dirigeant visionnaire, on a surtout envie de lui tendre un iPod et de lui demander de quitter le film.
Gary Oldman reprend quasiment le même registre moral qu’il incarnait avec le commissaire Gordon dans The Dark Knight : un homme plein de principes, tiraillé entre sa conscience et sa hiérarchie.
Abbie Cornish passe l’essentiel du film à pleurer.
Samuel L. Jackson s’en sort plutôt correctement au début avant d’en faire beaucoup trop dans sa dernière apparition.
Jackie Earle Haley, pourtant mémorable dans d’autres rôles, est ici totalement sous-exploité.
Quant à Michael K. Williams, son personnage de Lewis est probablement l’une des plus grosses déceptions du remake. Dans le film original, Lewis occupait une place essentielle. Ici, il devient quasiment inutile et on en oublierait presque son existence une fois la séance terminée.
Reste Joel Kinnaman.
Il joue correctement ce policier devenu machine, mais son interprétation manque d’émotion et certaines scènes, notamment lorsqu’il rêve, prêtent presque involontairement à sourire.
L’histoire n’est malheureusement pas plus convaincante.
Le film accumule les clichés, notamment avec cette vision très caricaturale d’un Moyen-Orient uniquement peuplé de terroristes et d’attentats-suicides. Comme souvent, les États-Unis viennent sauver le monde sous les couleurs du drapeau américain flottant fièrement à l’écran.
Pourtant, le point de départ était intéressant.
Imaginer une société où des robots assurent le maintien de l’ordre ouvrait de nombreuses pistes passionnantes. Malheureusement, le scénario exploite très mal cette idée et accumule les situations absurdes.
Madame Murphy traverse tranquillement tous les dispositifs de sécurité pour rejoindre son mari en pleine intervention. Quelques scènes plus tôt, elle emmène son fils au beau milieu d’un danger évident faute de solution de garde. Ce genre d’incohérences revient régulièrement.
Même la musique déçoit.
Pour un univers futuriste, la bande originale ressemble davantage à un mauvais rock du début des années 2000, avec en prime une séquence d’entraînement de RoboCop accompagnée d’un refrain évoquant presque un yodel…
Vous l’aurez compris, ce remake ne m’a absolument pas convaincu.
Son principal mérite est finalement de rappeler à quel point le RoboCop original demeure une œuvre forte, violente, satirique et incroyablement moderne.
Celui-ci apparaît au contraire largement aseptisé afin de convenir au plus grand nombre, quitte à perdre toute l’identité qui faisait la richesse de son modèle.
Et je ne vous ai même pas parlé de la réaction du public.
Oui, en 2014, on rigole dans la salle devant RoboCop.







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