12 Years a Slave
Les pour
- Chiwetel Ejiofor exceptionnel
- Lupita Nyong’o bouleversante
- Michael Fassbender impressionnant
- Réalisation magistrale de Steve McQueen
- Très grande puissance émotionnelle
- Personnages profondément humains
- Mise en scène et musique remarquables
Les contre
- Violence émotionnelle très éprouvante
- Brad Pitt moins marquant que le reste de la distribution
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Titre original12 Years a Slave
RéalisateurSteve McQueen
Casting principalChiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyong’o, Benedict Cumberbatch, Brad Pitt, Paul Dano, Paul Giamatti, Sarah Paulson
Durée2h15
Date de sortie en France22 janvier 2014
Il m’a fallu plusieurs jours avant de pouvoir écrire cette critique.
Non pas parce que je ne savais pas quoi penser de 12 Years a Slave, mais parce qu’il m’a fallu du temps pour digérer ce que je venais de voir.
L’esclavage est déjà, en soi, un sujet extrêmement difficile.
Lorsqu’il est montré avec une telle brutalité, l’expérience devient encore plus éprouvante.
C’est aussi un thème qui me touche profondément sur le plan personnel. Ceux qui me connaissent savent à quel point ces questions me bouleversent. J’avais donc besoin de prendre du recul avant d’en parler sereinement, sans détour et sans masquer ce que j’avais ressenti pendant la projection.
Le film ne nous épargne absolument rien.
Le kidnapping de Solomon Northup, la séparation déchirante des familles, les humiliations permanentes, les coups de fouet, les violences physiques et psychologiques…
Certaines scènes sont tout simplement insoutenables.
Mais à mes yeux, la véritable force du film ne réside pas uniquement dans cette représentation de l’esclavage.
Elle se trouve avant tout dans ses personnages.
Steve McQueen parvient très rapidement à dépasser le simple récit historique pour raconter avant tout l’histoire d’hommes et de femmes auxquels on s’attache profondément. Après une trentaine de minutes, je ne regardais plus uniquement un film sur l’esclavage. Je suivais le combat d’un homme arraché à sa famille, prêt à tout pour survivre sans jamais perdre totalement son humanité.
Et c’est précisément ce qui rend le film aussi bouleversant.
Bien sûr, 12 Years a Slave ne révolutionne pas la manière de représenter cette période. Beaucoup d’éléments montrés ici ont déjà été abordés dans d’autres œuvres.
Mais comme les films consacrés aux deux guerres mondiales, ce type de récit conserve une véritable utilité. Il rappelle à chaque génération une partie de notre histoire qu’il ne faut jamais oublier.
Cette réflexion m’a malgré tout amené à m’interroger.
Est-il encore nécessaire de revenir régulièrement sur ces blessures du passé ? Montrer sans cesse ces horreurs permet-il réellement de faire reculer le racisme ou risque-t-on parfois de raviver des oppositions plutôt que de les dépasser ?
Je n’ai évidemment pas la réponse.
J’aimerais simplement croire qu’un jour nous n’aurons plus besoin de rappeler constamment ces pages sombres de l’Histoire parce que les différences entre les êtres humains auront enfin disparu.
Peut-être est-ce une vision idéaliste.
Quoi qu’il en soit, je préfère revenir au film lui-même.
Et sur ce terrain, 12 Years a Slave est tout simplement remarquable.
Chiwetel Ejiofor livre une prestation exceptionnelle. Son interprétation possède une force émotionnelle incroyable et mérite largement les plus hautes récompenses.
À ses côtés, Lupita Nyong’o impressionne tout autant. Pour un premier grand rôle au cinéma, elle atteint déjà un niveau digne des plus grandes actrices.
Michael Fassbender compose un personnage d’une violence terrifiante sans jamais tomber dans la caricature, tandis que Sarah Paulson confirme tout son talent dans un registre particulièrement difficile.
Seul Brad Pitt m’a semblé un peu plus en retrait. Sa prestation reste solide mais n’apporte finalement rien de vraiment marquant au regard du reste de la distribution.
Quant à Steve McQueen, il frôle tout simplement la perfection.
Sa réalisation, le montage, la musique et l’ensemble du travail artistique témoignent d’une maîtrise impressionnante.
Au final, 12 Years a Slave est proche du chef-d’œuvre.
Et s’il subsiste une légère frustration, elle ne vient pas du film lui-même, mais du regard que certains pourront porter sur lui en le réduisant uniquement à un simple film sur l’esclavage, alors qu’il raconte avant tout le destin profondément humain d’un homme privé de sa liberté.





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