Désigné Coupable – Critique

Désigné Coupable

9.5

Casting

10.0/10

Scénario

10.0/10

Réalisation

10.0/10

Bande-originale

8.0/10

Les pour

  • Un casting parfait
  • Des scènes fortes

Twitter : #DésignéCoupable

Titre VO : The Mauritanian

Réalisateur : Kevin MacDonald

Acteurs : Tahar Rahim, Jodie Foster, Shailene Woodley, Benedict Cumberbatch

Durée : 2H10

Date de sortie : 14 juillet 2021

Il s’agit ici d’une histoire vraie inspirée des mémoires Les Carnets de Guantanamo de Mohamedou Ould Slahi. Ce n’est jamais une tâche facile que de retranscrire une véritable histoire à l’écran, sans trop tomber dans la fiction. Pourtant, Kevin MacDonald réussi là un véritable tour de force avec ce film au sujet impensable et pourtant véridique.

Ce film montre la déshumanisation des prisonniers de la célèbre prison de Guantanamo aux travers des yeux de Mohamedou Ould Slahi, à qui l’on reproche d’être le cerveau des attentats du 11 septembre. Une histoire forte, passionnante et inimaginable pourtant le réalisateur nous montre la brutalité physique et psychologique sans passer par quatre chemins. Il aborde tous les thèmes qu’un être humain pourrait ressentir et que Mohamedou, interprété par Tahar Rahim, a lui-même ressenti : humiliation, violation des droits de l’Homme, le doute de la Foi, mais aussi le courage et la ténacité. C’est un vrai grand huit d’émotions que ce film nous présente et nous ne pouvons qu’être transporté par ce wagon qui passe parfois par de puissantes turbulences.

Mais cette tragédie n’est pas qu’un drame larmoyant, il est en fait rempli d’espoir au moment les plus sombres. Il y a une alternance entre l’enquête de l’avocate qui a décidé de défendre Mohamedou et ce que ce dernier à vécu. C’est raconté parfaitement, non pas de façon linéaire mais au compte goutte. Le spectateur participe presque directement à cette enquête et passera par le doute, la certitude, le rire, la tristesse… Il y a une volonté de défendre le principe basique de la loi qui est que toute personne a droit d’être défendue, mais ça va bien plus loin que ça, cette volonté s’étend jusqu’à la volonté de déconstruire les jugements préconçu. Selon moi, la construction du scénario est brillant dans sa façon de dévoiler les mémoires d’un homme qui continu aujourd’hui encore d’être touché par ces graves accusations. C’est donc une réalisation quasi parfaite et un scénario sans faute qui sont à la hauteur de ce que ce long-métrage souhaite transmettre.

Kevin MacDonald s’entoure en plus d’un casting talentueux. Tahar Rahim est fascinant par sa ressemblance avec Mohamedou mais aussi par son jeu qui représente peut-être à ce jour son plus grand rôle. À aucun moment il n’est pas convaincant, pas seulement dans sa façon de délivrer les lignes, mais aussi dans sa façon d’interpréter physiquement comme s’il avait véritable vécu les horreurs que nous découvrons ébahi. Il a ce visage expressif et marqué qui raconte toute une vie et même son regard en dit long. Tahar Rahim a assurément bien travaillé son rôle, s’est bien documenté et surtout a pu parler directement avec Mohamedou Ould Slahi comme il a pu nous le dévoiler lors d’une séance de questions/réponses. Mais il n’est pas le seul a briller dans son rôle puisque Jodie Foster est tout simplement magistrale dans celui de son avocate qui va le défendre coûte que coûte. Elle incarne une femme forte qui ne flanche jamais devant ses croyances (qui font écho aux croyances religieuses de Mohamedou) et son déterminisme est parfaitement démontré par le jeu de l’actrice qui n’a certainement pas volé son Golden Globes de la meilleure actrice pour ce rôle. S’ils ont de plus petit rôles, Benedict Cumberbatch et Shailene Woodley délivrent également d’excellentes performances avec ce qui leur est donné.

En conclusion, c’est une véritable leçon de vie, d’humanité et de sagesse qu’on apprend à travers ce long-métrage. Sous le prétexte de la sécurité nationale, voire mondiale, des horreurs ont été commises par l’État américain et Mohamedou en fut témoin et victime. Ce film réussit avec brio à transmettre le(s) message(s) de celui-ci et on ne peut que le conseiller tant il est important et permet un éveil et une remise en question. C’est un film efficace, brut et émouvant abordant les dérives d’un système qui voulait s’émanciper du pourtant crucial et vital habeas corpus.

Rendez-vous dès le 14 juillet pour découvrir Désigné Coupable au cinéma !

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