Le Majordome : rencontre avec Forest Whitaker et Lee Daniels

La date, le 1er septembre, le lieu, Deauville, une double rencontre, celle de Forest Whitaker et de Lee Daniels, venus présenter le film «Le majordome».

Le-Majordome-le-film-aux-41-producteurs_portrait_w532

 

C’est en effet grâce à bubblingbulb et Metropolitan que Zickma a eu l’honneur de rencontrer un acteur incroyable et un réalisateur extrêmement talentueux.

Deauville20

Deauville10Tout a débuté le 23 août quand un mail arrive annonçant que Forest Whitaker et Lee Daniels allaient venir présenter le film «Le majordome» à Deauville et que, si l’on souhaitait les rencontrer, il fallait se manifester rapidement. Bien entendu, l’occasion étant trop belle pour la laisser filer, me voilà répondant au mail. Il n’y a alors plus qu’à attendre.

Pendant quelques jours (bon ok, deux seulement), nous allons être sans nouvelles et la seule info qui circulera est que la table ronde aura lieu soit le samedi 31 août, soit le dimanche 1er septembre. Autant dire que les choses se compliquent puisque, travaillant le week-end, il me faut m’organiser au plus vite.

Deauville9Lundi, coup de téléphone de Natacha, co-responsable de bubblingbulb, qui m’appelle et m’annonce que le distributeur du film aimerait connaître notre audience. Le problème est qu’en étant «Blogueur», même si je ne sais plus si ce terme nous va bien maintenant que nous avons un site web et que finalement, comparé aux autres grosses machines, il ne manque essentiellement que la pub pour rendre le site assez proche… Bref, je suis «Blogueur» et le distributeur veut savoir combien vous êtes à nous suivre…

Me voilà donc donnant les résultats du site web et je panique un peu. Oui, si vous me suivez, vous savez que je suis un grand stressé et que j’aime faire le maximum pour vous, bravant parfois les limites de la fatigue. Et si vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre sur Zickma, je ne sais pas si c’est suffisant pour obtenir ce genre de rencontres.

En effet, à partir de quel moment sommes-nous assez puissants ? À partir de quel moment notre travail est-il suffisamment apprécié ? Impossible à dire, n’ayant aucune référence vis-à-vis des autres « Blogueurs » qui ne dévoilent pratiquement jamais leurs chiffres (sans doute car ils ne disposent pas de références, eux non plus).

Un jour passe et nous voilà arrivés au mercredi 28 août. Je ne sais toujours pas si je vais avoir la chance de rencontrer Forest et Lee, mais en attendant j’assiste à la projection du film «Le majordome» chez Metropolitan et je rencontre Natacha qui m’annonce que la rencontre aura lieu dimanche, mais que rien n’est encore décidé.

Le film se termine et l’envie de filer à Deauville, tant «Le majordome» est une réussite, se fait encore plus forte. Notre critique est toujours disponible, bien entendu (en cliquant sur le titre).

Deauville14

Deauville13Le lendemain, nouveau coup de fil, on me demande à nouveau les chiffres du site et je commence à me demander ce qu’il en est. Après avoir discuté avec deux autres «Blogueurs» sur Twitter, nos chiffres semblent pourtant bons et même supérieurs à certains. Mais ça me stresse de ne pas savoir. La journée passe et plus de news.

Ce sera finalement le vendredi matin que tout va s’enchaîner et que ma rencontre va être validée. Ne me reste plus qu’à prendre les billets de train et en avant Deauville.

Pourquoi je vous raconte tout ça avant de dévoiler l’interview ? Simplement pour vous remercier car, si j’ai été capable de donner de bons résultats concernant les visites sur le site, Facebook ou encore Twitter, c’est bien entendu grâce à vous qui, chaque jour, venez nous lire et nous soutenir. Cette petite histoire est donc avant tout là pour vous remercier une fois encore.

Passons donc maintenant à l’interview (qui ne peut être ni filmée ni photographiée et se déroule sans traducteur), qui débute très fort puisque le premier à poser une question (nous sommes en effet 10 à table avec, au bout, Forest Whitaker et Lee Daniels) va y aller cash et parler du débat qui a fait rage aux États-Unis concernant certains choix du réalisateur jugés racistes.

Deauville2«Lee Daniels va alors nous expliquer qu’en fait, aux États-Unis, il y a et aura toujours certaines personnes pour essayer de créer des controverses, mais que finalement les proportions de celles-ci sur «Le majordome» n’étaient pas si importantes que cela» et d’ajouter non sans humour : «Nous avons eu d’excellents retours de la part d’Obama et de ma grand-mère qui ont trouvé le film vraiment important et plaçant bien en avant la communauté black. Qui plus est, les résultats au box-office ont fini par prouver qu’aussi bien pour les blancs que les noirs, ces controverses étaient vraiment minimes»

«Quant à Forest Whitaker, il va avouer «ne pas lire les critiques ou les avis de la presse sur le film, sauf une seule que Lee Daniels lui aura donnée et forcé à lire». «Lee Daniels, de son côté, regarde les critiques et s’amuse à les lire aux autres»

Concernant les petites incohérences de l’histoire, «Forest Whitaker explique que le film est en réalité un film sur l’amour d’un père pour son fils qui se situe dans le monde de la Maison-Blanche et en aucun cas un film historique au mot près, et que certaines petites choses pourraient en effet en déstabiliser quelques-uns»

Deauville1«Lee Daniels ajoutera que, de toute façon, les controverses sont bonnes pour la communication entre les gens, car elles font parler ceux-ci entre eux et le fait simplement de parler entre nous (les gens) est une bonne chose»

Bien entendu, un autre « Blogueur » va aborder le combat pour l’égalité des Noirs dans le film et déclarer qu’il y a deux façons de l’obtenir, une douce (type Malcolm X) et une violente du type des Black Panthers. Pourquoi avoir opté pour cette optique-là ?

«Lee Daniels va expliquer que le combat des Black Panthers est bien expliqué à la fin du film et que la manière forte utilisée par ceux-ci pour obtenir l’égalité est en fait de simples gestes de militants et que militer est une très bonne chose.» «Mais en aucun cas il ne souhaitait montrer une violence et une mauvaise façon d’obtenir ces mêmes droits, là où le combat mené par Malcolm X est souvent montré comme une façon plus calme et moins violente de se battre.» «Dans les deux cas, on parle ici du droit de se faire entendre et il y a plusieurs façons d’y parvenir, celle des Black Panthers en étant une»

Dans un ton plus léger, le casting du film va alors être abordé par plusieurs « Blogueurs », comme le choix d’engager des acteurs connus pour interpréter les différents présidents alors que l’on va voir l’histoire défiler sous les yeux de ce majordome qui restera de longues années à officier à la Maison-Blanche, mais aussi le choix de certains acteurs moins connus en tant que tels comme Oprah Winfrey, Mariah Carey et Lenny Kravitz.

«Lee Daniels va expliquer que, pour Oprah, Lenny et Mariah, ils sont avant tout des amis proches et que c’était un plaisir de travailler avec eux, d’autant qu’à un ami on peut facilement dire «Tu la fermes et tu fais ce que l’on te demande» car ils ne râlent pas. Bien entendu, Lee Daniels plaisante et avouera par exemple avoir été surpris par Oprah car il la savait bonne actrice, mais celle-ci est allée bien au-delà des attentes. »

Deauville4

« Concernant le choix des acteurs des présidents (James Marsden, Robin Williams), le plus gros challenge selon lui était d’expliquer aux acteurs qu’ils ne seraient qu’une apparition dans le film et qu’ils devraient être dans la retenue, car ils ne sont pas les vedettes du récit, mais simplement des figures emblématiques traversant l’histoire. Par chance, chacun d’entre eux a rapidement saisi cela et joué le jeu

« Le choix de prendre des célébrités est aussi un choix difficile car, parfois, elles peuvent faire sortir les gens de l’histoire et, en même temps, les vedettes ramènent des gens dans les salles et si le film doit être vu par le plus grand nombre, alors c’est une bonne chose. Il fallait donc juste trouver le juste milieu. »

Deauville3

S’ensuivra également une question pour Forest Whitaker lui demandant comment il avait préparé son rôle, car il porte l’histoire et se fond facilement dans celle-ci, ne donnant jamais l’impression d’être «UNE GROSSE VEDETTE». «Il va répondre qu’en effet le but était de servir l’histoire et non pas d’en tirer la couverture, et qu’il a fait quelques recherches concernant la discrétion des majordomes, qu’il a essayé de comprendre l’histoire, le fait de vieillir, d’avoir une relation conflictuelle avec son fils et qu’ensuite tout s’est naturellement mis en place »

Pour terminer, après un tel film et l’évolution de la politique actuelle, « Lee Daniels nous dira avec humour que son prochain combat sera de trouver un bon collège pour son fils. »

Deauville21« Il en profitera pour expliquer que malheureusement les droits civiques, et cette partie de l’histoire des États-Unis, n’étaient plus vraiment approfondis dans les écoles. Il est important pour lui de montrer que ces gens qui ont combattu par le passé étaient des héros, contrairement à lui qui est un simple «Réalisateur», et que cela montre que souvent les héros sont cachés et pas particulièrement affichés au grand jour. »

Forest Whitaker terminera en expliquant que «si le film cartonne au box-office, c’est parce que le public a compris que le film n’était pas une morale politique, mais avant tout une belle histoire d’amour entre un père et son fils et que l’amour était la chose qui ressortait le plus du « Majordome »

C’est donc ainsi que va se terminer mon périple à Deauville et cette superbe rencontre. On saluera une dernière fois Lee Daniels, Forest Whitaker ainsi que Metropolitan et Bubbling Bulb avant notre retour sur Paris. Mais s’il est une chose acquise, c’est que j’ai peur d’avoir attrapé le virus Deauville et que l’envie d’y retourner l’an prochain est très présente.

Soyez le premier à commenter

Laissez nous un commentaire