Interview pailletée de « Oete »

C’est à l’occasion de la sortie de son incroyable premier album « Des armes et des paillettes » que j’ai eu la chance de rencontrer ce nouvel artiste qui ne cesse de monter en puissance (et nous n’en sommes qu’au début…)

Oete est un génie, soyons clair et rarement j’ai ressenti un tel coup de coeur pour un artiste et son premier album. Autant dire que je suis heureux d’avoir pu le rencontrer en toute simplicité.

Z : Ma première question, concerne l’esthétique. Quand on regarde le premier clip, la première pochette et ainsi de suite jusqu’à l’arrivée de l’album, ça n’a plus rien à voir ou presque. Est-ce chaque fois une partie de toi ou simplement une envie d’aller vers quelque chose d’autre…

Oete :  Je pense qu’on est toujours totalement soi,  comme une histoire en constante évolution. J’ai pu rencontrer des amis, des gens qui m’ont beaucoup inspiré et m’ont amené à faire le travail actuel. Et encore certains visuels remontent à juin… Donc c’est déjà un peu un ancien Oete. Je pense aussi que pour un premier album, Il y a la recherche d’un nouveau visuel, une recherche artistique, parce que oui j’aime appeler ça « Une direction artistique » et pas simplement « Un visuel ». Alors oui, peut-être que parfois on a un peu trop poussé les curseurs, mais on verra la suite, comment je vais m’adapter.

Z : Et pourquoi justement Armes et paillettes. Pourquoi cette dualité? 

Oete :  Oh, c’est plutôt complémentaire pour moi. Les armes, ce sont toutes ces choses qu’on se prend un peu dans la tête à différentes étapes de la vie et les paillettes, c’est la candeur d’écouter la petite voix qui nous pousse à les faire. C’est donc deux choses qui vont ensemble.

Z : Et justement, pour revenir à la direction artistique, comment décides-tu de telle ou telle vision selon les titres ?

Oete : J’arrive en premier avec une idée et ensuite je travaille avec toute une équipe. On vient construire ensemble ce que va être la finalité. C’est un travail d’équipe et à la fois j’arrive en sachant assez précisément ce que je veux.

Z : Peux tu me parler de la chanson « Amis à mort » ? Je voudrais savoir si le titre vient d’une expérience personnelle ou ce dernier découle seulement du jeu de mot Mi amore ? 

Oete : C’est un gros jeux de mot, oui…  En fait on est plus dans l’idée de Ami (Espace) Amore !  Et puis en plus, la mort est pour moi quelque chose de très concret, pas effrayant Jj’ai énormément conscience que la fin sera là un jour ou l’autre. Ce n’est pas quelque chose qui me fait peur.

Z :  Est ce que tu penses qu’on peut avoir une amitié qui va plus loin et que c’est ensuite possible de rester amis ? Ou est-ce compliqué de concilier l’amitié et l’amour. 

Oete :  Je suis une merde en relations sociales. Quand ça parle de sentiments, je suis assez nul. J’ai jamais eu d’amis avec qui c’est allé plus loin, par contre, j’ai eu des amours qui sont devenus des amis ensuite. 

Z : Il y a la chanson Merci d’avoir vécu qui est clairement mon morceau préféré de l’album, peux-tu m’en parler, me raconter l’histoire de ce titre ?

Oete : Tu vas rire car cela va tout démystifier…  Ça m’est venu en passant une soirée chez une amie. Il y avait chez elle un panneau lumineux avec inscrit « Merci d’avoir vécu » tiré de la chanson « Les gens qui doutent » d’Anne Sylvestre. Déjà, cette chanson me parlait beaucoup auparavant et là, je tombe sur ça et va savoir pourquoi, ça m’interpelle à ce moment aussi simple de la vie qu’une soirée entre amis. Et soudain cette phrase va m’évoquer tous ces gens que je ne connais pas, qui pourtant m’inspirent beaucoup et qui m’ont construit en tant qu’humain. Des idoles comme Christophe, Daniel Darc, mais aussi des gens du quotidien qu’on ne pense pas à remercier. Je pense à des infirmiers, des pompiers, ces gens-là qui inspirent les autres. Donc le sens premier de ce morceau était de pouvoir dire « merci » à tous ces gens qui m’ont construit. 

Z :  Te retrouves-tu plus dans l’ancienne variété française que dans l’actuelle ? Ou y-a-t-il des artistes d’aujourd’hui qui t’inspirent également ? 

Oete :  Il y a des artistes de la génération actuelle qui m’inspirent beaucoup. Mais je vais dire que c’est plus des artistes en développement que des artistes bien établis. Après il y a quand même Fischbach, Izia, Feu Chatterton. Mais je crois que la variété française peut avoir un côté hyper kitch. Moi dans les années 2000, j’écoutais quand même des trucs.. eh… . Heureusement, Il y a aussi de la très bonne variété comme avec Zazie par exemple. J’essaye, de mon côté de me placer avec ceux qui essayent d’amener de la poésie via leur musique et plus juste… Tu vois quoi ! 

Z :  Et musicalement, au delà des sonorités des années 80 et 90, te retrouves-tu dans les sonorités actuelles, plus urbaines 

Oete :  Il y a des prod qui sont de plus en plus minimalistes aujourd’hui. Moi, c’est vrai que j’aime l’énergie du partage et l’énergie dans un groupe et j’aime le mélange des instruments, des guitares, de la batterie… Je pense que c’est toutes ces énergie là qui vont me porter, j’en ai besoin. C’est ce que je préfère dans la conception musicale.

Z :  Par rapport à ta reprise de « Pendant que les champs brûlent« . Elle n’est pas sur l’album. Etait-ce une envie que de proposer uniquement de l »Original » ? 

Oete :  « Pendant que les champs brûlent« , on l’a laissé  là où elle est. J’avais fait ce titre en sortie de covid parce que c’est une chanson qui me parle et me parlait plus encore sur le moment, J’aime beaucoup Niagara et c’est un hommage de ma part, mais un hommage qui est figé dans cet espace temps. Quand on reprends une chanson, il faut le faire délicatement, et que ce soit signe d’un moment…. Et du coup, je n’avais pas envie que ça soit sur l’album. Je ne trouve pas que cela aurait été cohérent avec la couleur de ce dernier. Je peux aussi te dire qu’il y a une autre reprise, absente de l’album et uniquement présente sur la tournée.

Z :  L’album ne compte que neuf titres. As-tu tout donné ou en as-tu encore sous le coude ? 

Oete :  Peut-être une surprise plus tard. 

Z :  Tu as touché à de nombreux univers dont le cirque… Quid du cinéma ? Serais-tu intéressé ? 

Oete :  Alors oui, et non. Si on venait avec une proposition, je réfléchirai a deux fois. J’ai fait un peu de figuration en tant qu’intermittent mais l’idée de « Jouer » pour moi qui aime être moi-même me semble compliqué aujourd’hui. Quand j’écris, c’est hyper ostensible, je veux pas dire tiens, je vais me mettre au piano et composer une ballade, car cela doit venir nativement. Et je sais que le cinéma a quelque chose vraiment de l’ordre de la pensée, de la réflexion, de comment interpréter telle chose et c’est pas mon travail habituel, mais j’aime les défis, donc je reste ouvert !

Z :  Je t’imagines bien comme « Madonna« , à savoir quelqu’un qui va se renouveler non stop, un caméléon, qui va évoluer, changer, etc. As tu déjà en tête ta prochaine évolution ou finalement tu penses avoir atteint ce que tu « Veux être »

Oete :  Je suis un éternel insatisfait. Pour moi, le seul but de me réveiller chaque jour, c’est de pouvoir me coucher le soir en étant un peu plus évolué qu’au petit matin. C’est comme la direction artistique, on voit, on test des trucs et on va pousser ou retenir les curseurs. Je vais continuer dans cette démarche là jusqu’à ce moment où je trouverai une certaine stabilité. A ce moment, je pourrai dire stop à la transmutation et dire « je suis bien là »

Z :  Je t’ai vu en live il y a quelques mois et je ne sais pas comment tu fais. Tu sautais dans tous les sens et j’ai même cru que tu allais t’évanouir. Où trouves-tu cette énergie ?

Oete :  Je pense que c’est le moyen pour moi, la scène, de tout lâcher, tout ce que j’intériorise avant. Sur scène je suis libre et je veux aussi que le public devant moi se sente libre, lui aussi pendant 45 minutes. Aujourd’hui, avec la tournée j’essaye de mieux positionner l’énergie. J’apprends ou la placer, à quel moment et ainsi de suite.

Z : Tu parles de « Liberté » sur scènes, penses-tu ne pas être libre dans la vie ?  

Oete : Si, juste que sur scène, il n’y a plus d’interdits. 

Z : T’interdits-tu des choses alors en dehors de la scène ?  

Oete : La vie veut ça, qu’on retienne au moins 10% de soi au quotidien

 

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