Critique de Spider-Man: Homecoming : le Spider-Man le plus rafraîchissant

Spider-Man: Homecoming

7.5

Scénario

8.0/10

Casting

7.8/10

Réalisation

7.0/10

Bande originale

7.2/10

Les pour

  • Tom Holland parfait en Peter Parker
  • Fraîcheur adolescente
  • Humour très efficace

Les contre

  • Michael Keaton peu convaincant
  • Combats parfois illisibles
  • Quelques effets spéciaux décevants

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Titre originalSpider-Man: Homecoming

RéalisateurJon Watts

Casting principalTom Holland, Michael Keaton, Robert Downey Jr., Zendaya, Marisa Tomei, Jacob Batalon, Laura Harrier, Jon Favreau

Durée2H13

Date de sortie en France12 juillet 2017

À l’annonce d’un nouveau reboot de Spider-Man, difficile de ne pas lever les yeux au ciel. Encore un ? À ce moment-là, on avait clairement l’impression que Sony ne savait plus vraiment quoi faire de l’Homme-Araignée.

Puis Marvel est entré dans la danse. Un studio dont la recette commençait déjà à montrer quelques limites, certes, mais qui avait encore largement prouvé son savoir-faire. Et surtout, un nom est venu changer la donne : Tom Holland.

Petit à petit, la méfiance a laissé place à la curiosité… puis à une vraie hype.

Pendant plusieurs mois, j’ai donc été particulièrement enthousiaste à l’idée de découvrir cette nouvelle version de Spider-Man. Jusqu’à ce que la machine promotionnelle se mette véritablement en marche.

Bandes-annonces, extraits, campagnes publicitaires… À force de vouloir rassurer le public et vendre le film à tout prix, Sony et Marvel ont selon moi commencé à lui faire plus de mal que de bien. Iron Man est devenu omniprésent dans la communication, comme s’il fallait absolument rappeler toutes les cinq minutes que ce nouveau Spider-Man faisait désormais partie du MCU.

Mais ce n’était encore rien face à l’avalanche de publicités parfois franchement ridicules dans lesquelles Spider-Man s’est retrouvé utilisé pour vendre à peu près tout et n’importe quoi.

À quelques jours de découvrir enfin le film, mon enthousiasme reste donc bien présent… mais une chose est déjà certaine à mes yeux : le marketing autour de Spider-Man: Homecoming est un véritable fiasco.

La hype était donc bien redescendue… Et pourtant, aujourd’hui, je peux le dire haut et fort : ce Spider-Man est tout simplement mon opus préféré !

Et commençons justement par ce qui m’inquiétait le plus : cette omniprésence d’Iron Man dans la promotion.

Eh bien, bonne surprise : dans le film, cela ne se ressent absolument pas. Si Tony Stark apparaît régulièrement, il ne vient jamais voler la vedette à Spider-Man ni écraser les autres personnages. Au contraire, sa présence est utilisée avec intelligence pour faire avancer l’histoire, mais surtout pour accompagner Peter Parker dans son apprentissage de ce nouveau rôle de justicier.

Car c’est probablement là que Spider-Man: Homecoming réussit particulièrement bien son coup : Peter Parker est enfin traité comme l’adolescent qu’il est réellement.

Peter est jeune, insouciant, parfois maladroit. Il rêve de devenir comme ses idoles masquées, veut brûler les étapes et n’a tout simplement pas encore le recul nécessaire pour mesurer les conséquences de ce qui lui arrive.

Et c’est parfaitement normal : Peter Parker n’a que 15 ans.

Derrière le costume de Spider-Man et ses pouvoirs extraordinaires se cache encore un gamin qui veut prouver qu’il mérite sa place parmi les grands. Et plutôt que d’essayer de nous faire oublier son âge, le film en fait justement l’une de ses plus grandes forces.

À ce sujet, le choix de rajeunir considérablement le casting est une excellente initiative de la part de Marvel. Cela permet d’apporter quelque chose de réellement nouveau à un univers qui, rappelons-le, avait déjà été exploité deux fois au cinéma en seulement quelques années.

Et surtout, pour une fois, on a vraiment l’impression de regarder des adolescents ! Pas des acteurs approchant la trentaine à qui l’on demande de nous faire croire qu’ils ont encore 16 ans.

Cette jeunesse apporte forcément avec elle une certaine légèreté, des blagues, des maladresses et quelques scènes qui rappellent parfois l’ambiance des premiers Harry Potter. On retrouve cette fraîcheur propre à cet âge où les héros peuvent affronter des situations extraordinaires tout en restant complètement dépassés par des choses finalement très banales.

Peter en est le parfait exemple lorsqu’il se retrouve face à Liz et ne peut s’empêcher de la regarder avec ses yeux d’adolescent aux hormones en ébullition. Difficile de ne pas penser à Harry complètement déstabilisé face à Cho Chang !

Mais assez parlé de Potter et revenons à Parker.

Tom Holland, lui, semble vivre un véritable rêve éveillé. Et ça se voit.

On sent constamment son bonheur d’être là, d’enfiler le costume et d’incarner Spider-Man. Mieux encore : il parvient à communiquer cet enthousiasme au public. L’attachement à son Peter Parker est presque immédiat.

Il faut dire qu’il est facile de se reconnaître dans sa témérité. Peter fonce tête baissée, persuadé de pouvoir tout gérer, avant d’enchaîner les gaffes et de découvrir que ses décisions peuvent avoir des conséquences qu’il n’avait absolument pas anticipées.

Et finalement, derrière les pouvoirs, le costume et les super-vilains, il y a quelque chose de très familier dans tout ça : nous aussi, à 15 ans, on pensait parfois pouvoir tout faire… avant de se rendre compte qu’on avait encore beaucoup à apprendre.

Tom Holland est ainsi parfait dans le rôle et ne souffre jamais de la comparaison avec Tobey Maguire ou Andrew Garfield. Sa jeunesse, son naturel et sa manière d’incarner aussi bien Peter Parker que Spider-Man lui permettent rapidement d’imposer sa propre version du personnage.

Il est également très bien entouré par une galerie de seconds rôles particulièrement sympathiques. Même cette Tante May étonnamment jeune finit par fonctionner, tandis que Liz apporte une touche de romance adolescente plutôt agréable et joliment interprétée.

Finalement, c’est du côté du grand méchant que vient ma principale déception concernant le casting.

Et pourtant, sur le papier, Michael Keaton en Vautour avait tout pour être une excellente idée.

Malheureusement, je ne le trouve jamais réellement convaincant dans le rôle. Il manque selon moi de gravité, ne parvient jamais vraiment à devenir inquiétant et finit même par se faire oublier face aux autres personnages. À tel point qu’une fois le film terminé, difficile de se dire que Michael Keaton était indispensable : un autre acteur aurait probablement pu offrir exactement la même chose.

Et c’est d’autant plus dommage que le Vautour, lui, est plutôt réussi.

Visuellement, le personnage fonctionne très bien et tranche avec les ennemis déjà rencontrés dans les précédentes aventures cinématographiques de Spider-Man. Son costume possède une vraie personnalité et, surtout, la manière dont celui-ci trouve son origine dans l’univers du MCU est plutôt bien pensée.

Le méchant avait donc tout pour marquer les esprits… mais son interprétation, beaucoup moins.

Pour clôturer la partie consacrée au casting, impossible de ne pas évoquer le retour totalement inespéré d’un personnage. Une apparition qui procure un vrai petit plaisir… mais évidemment, on vous laissera découvrir de qui il s’agit !

Passons maintenant au second point négatif du film — et heureusement, ce sera le dernier à mes yeux.

Une fois encore, il concerne le Vautour.

Si le personnage fonctionne visuellement, ses affrontements avec Spider-Man sont malheureusement beaucoup moins réussis. Dès que les deux personnages se retrouvent au corps à corps, l’action devient particulièrement difficile à suivre. Les mouvements s’enchaînent, l’image manque de lisibilité et il devient parfois compliqué de comprendre précisément ce qui se déroule à l’écran.

À cela viennent s’ajouter quelques effets spéciaux assez décevants. La différence entre Tom Holland réellement présent sous le costume et son double numérique saute parfois beaucoup trop facilement aux yeux.

Heureusement, ces passages restent suffisamment rares pour ne jamais gâcher véritablement le plaisir. Mais pour une production de cette ampleur, un petit effort supplémentaire de ce côté-là n’aurait clairement pas été du luxe.

Et du plaisir, Spider-Man: Homecoming en procure justement énormément grâce à une autre de ses grandes qualités : son humour.

Le film joue énormément avec l’autodérision et assume pleinement son envie de faire rire, jusqu’à une scène post-générique absolument géniale. Un personnage récurrent de l’écurie Marvel est notamment utilisé avec une efficacité comique redoutable… et difficile d’en dire davantage sans gâcher la surprise.

Car Homecoming est finalement presque autant une comédie adolescente qu’un film de super-héros. L’action est évidemment présente, mais l’humour fait véritablement partie de son ADN et accompagne parfaitement cette version beaucoup plus jeune de Peter Parker.

Reste enfin la question des libertés prises avec les comics.

Certaines décisions des scénaristes risquent forcément de faire grincer des dents chez les fans les plus attachés au matériau d’origine, notamment concernant le personnage interprété par Zendaya. Mais pour le spectateur qui ne connaît pas Spider-Man jusque dans les moindres détails de ses aventures papier, ces changements ne devraient absolument pas poser problème.

Et finalement, cette volonté de ne pas simplement reproduire ce que l’on connaît déjà participe aussi à ce sentiment qui traverse tout le film : ce Spider-Man-là cherche réellement à construire sa propre identité.

Terminons avec la bande originale, qui a au moins le mérite d’éviter le côté parfois franchement irritant de la saga Amazing Spider-Man — et notamment du second volet avec ses chansons façon boys band qui, à mes yeux, n’avaient vraiment rien à faire là.

Homecoming opte pour des morceaux certes plus génériques et moins marquants, mais aussi beaucoup plus agréables et efficaces. La musique accompagne le film sans chercher constamment à prendre le dessus, et cela fonctionne finalement très bien avec son ambiance légère et adolescente.

Vous l’aurez compris, Spider-Man: Homecoming n’est pas parfait. Ses scènes d’action manquent parfois de lisibilité, certains effets spéciaux auraient mérité davantage de soin et son méchant ne restera probablement pas gravé dans ma mémoire.

Mais tout cela pèse finalement bien peu face au plaisir procuré par le film.

Car après deux sagas et cinq films consacrés à l’Homme-Araignée, Marvel réussit quelque chose que l’on n’attendait plus forcément : nous donner l’impression de redécouvrir Spider-Man.

Plus jeune, plus drôle, plus décalé et surtout incroyablement fun, Homecoming est à mes yeux ce que la saga a proposé de plus rafraîchissant depuis le tout premier Spider-Man de Sam Raimi.

Et dire qu’avant de le découvrir, son marketing avait réussi à faire retomber toute ma hype…

Aujourd’hui, le constat est totalement inversé : Spider-Man: Homecoming est mon opus préféré.

Il ne reste désormais plus qu’une seule chose à faire…

Attendre la suite.

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