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Titre originalThe White Crow
RéalisateurRalph Fiennes
Casting principalOleg Ivenko, Ralph Fiennes, Adèle Exarchopoulos, Louis Hofmann, Sergei Polunin
Durée2H02
Date de sortie en France19 juin 2019
Cela faisait cinq ans que Ralph Fiennes n’était pas passé derrière la caméra, mais c’est désormais chose faite avec sa dernière réalisation : Noureev.

Pour son nouveau film, celui qui est notamment connu pour son rôle de Lord Voldemort dans la saga Harry Potter a choisi de raconter l’histoire vraie du danseur de ballet russe Rudolf Noureev. C’est une véritable collaboration franco-russe puis franco-serbe, les Russes ayant lâché la production du film pour des raisons politiques, le tout dirigé par une équipe anglaise afin de nous offrir une œuvre cinématographique basée sur la biographie écrite par Julie Kavanagh.
Les images sont belles, le film se déroule devant nos yeux comme une danse qui va d’avant en arrière, mais qui malheureusement se heurte aux limites du cinéma. On est très vite perdu : plusieurs temporalités se mélangent, dont deux assez proches pour qu’il soit parfois difficile de comprendre le changement. Le choix de mélanger la jeunesse du danseur avec les événements les plus récents n’était pas inintéressant, un effet miroir qui nous offre de véritables moments d’émotion. Le film pâtit donc de son côté « fouillis », un déséquilibre que l’on retrouve également dans la façon de filmer.

Ralph Fiennes a fait le choix de tourner son film en pellicule 16 mm pour un grain particulier qui ajoute un charme certain aux images. Nous avons des plans magnifiques, ce qui rend d’autant plus rageant l’amateurisme de certaines scènes au début du film, dans un bar parisien où l’on pourrait croire que la scène a été tournée avec un iPhone. Fort heureusement, ce défaut visuel ne réapparaît plus du tout le reste du film et permet de vite l’oublier. Les couleurs sont belles, les décors impressionnants, comme cette reconstitution de l’aéroport du Bourget, et le jeu des acteurs est bon.

À part Ralph Fiennes ou encore Adèle Exarchopoulos, le casting est constitué quasiment uniquement d’inconnus, pour une immersion encore plus totale. Le rôle-titre est détenu par le danseur russe Oleg Ivenko, qui nous livre une prestation incroyable tant par les émotions qu’il transmet que par sa façon de danser, sans oublier sa ressemblance troublante avec le véritable Rudolf Noureev. Ralph Fiennes est à la réalisation mais joue également le professeur du danseur ; son jeu n’est plus à prouver et il est encore une fois très bon ici. Après une première partie relativement fragile, Noureev marque par sa deuxième partie et l’intensité de sa dernière scène.
Le scénario est signé David Hare, qui fut fortement inspiré par le côté français de l’histoire, là où Ralph Fiennes était plus séduit par son côté russe. Quel plaisir d’observer les quais de la Seine, l’Opéra Garnier ou encore la Sainte-Chapelle, mais aussi le Louvre dont l’œuvre « Le Radeau de la Méduse » marquera véritablement Rudolf Noureev. Noureev est la passion entre différents arts, ce mariage de la sculpture avec la danse et la perfection des corps des danseurs.

On assiste à la vie torturée d’un personnage tout aussi torturé, entre bisexualité parfaitement représentée, opportunisme ou encore sacrifice, lors d’une période de Guerre froide qui mènera à l’exil du jeune danseur russe de son pays pour rester en France. Vous ressortirez de la salle avec une fougueuse envie de voir un ballet, prouvant alors la réussite du réalisateur à transmettre la passion animale de son protagoniste !
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