Critique de Les Huit Salopards : Tarantino voit grand mais déçoit

Les Huit Salopards

5.9

Scénario

4.0/10

Casting

7.5/10

Réalisation

6.5/10

Bande originale

5.6/10

Les pour

  • Une image magnifique en 70 mm
  • Jennifer Jason Leigh parfaite
  • Un casting globalement solide
  • Une seconde partie plus fun

Les contre

  • Un scénario pauvre
  • Une première partie lente et pénible
  • Une mauvaise gestion du rythme
  • Channing Tatum en décalage
Avis:

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Titre originalThe Hateful Eight

RéalisateurQuentin Tarantino

Casting principalSamuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Michael Madsen, Tim Roth, Demián Bichir, Bruce Dern, Channing Tatum

Durée2h48

Date de sortie en France6 janvier 2016

Tarantino, celui qui nous a offert un des meilleurs westerns de l’histoire du cinéma avec Django Unchained, s’essaye à nouveau au genre en y ajoutant le plus grand compositeur de musique de western, Ennio Morricone, ainsi que le luxe d’avoir pu filmer en Panavision 70 mm.

Oui, mais voilà, si Django était un coup de maître, ce nouveau film déçoit car, en voulant voir grand, très grand, Quentin Tarantino se plante !

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Commençons par l’aspect Panavision, supposé offrir une image plus large et plus belle avec un aspect old school abandonné depuis bien longtemps et si, sur certains passages du film, en effet, on gagne vraiment avec ce format tant l’image est magnifique et les plans bien larges (l’intérieur de la cabane est magnifique), on se demande vraiment pourquoi pendant 40 minutes on nous enferme dans une petite calèche où, clairement, le Panavision ne sert à rien. Un des gros problèmes de ce film est que Tarantino semble avoir « oublié ». Il a ainsi oublié qu’il pouvait filmer bien plus de décors magnifiques avec sa grande caméra, oublié de couper des passages inutiles du scénario permettant au film d’avoir un rythme agréable, oublié de dire à Tim Roth qu’il n’était pas Christoph Waltz et que cela aurait été plus judicieux d’éviter la copie, oublié aussi l’humour et surtout oublié de faire un film homogène puisque, une fois l’entracte terminé, on a ce sentiment d’un réveil de la part du célèbre réalisateur qui se dit « Je suis Tarantino », cela manque de sang qui gicle, de têtes qui explosent de manière ridicule, etc. Et si, en effet, la seconde partie du film est plus dans l’esprit Tarantino et donc plus fun et osée, c’est après avoir subi une première partie lente, pénible parfois, dénuée d’humour et à l’intérêt assez faible.

Heureusement, tout n’est pas mauvais dans le film et si l’on a beaucoup parlé de l’aspect technique du film, c’est sans doute parce que ce qui ressort de plus intéressant de cette belle déception qu’est Les 8 Salopards est justement l’utilisation du Panavision. L’image est tout simplement magnifique, la sensation de regarder un film plutôt qu’une prouesse technique froide et dénuée de sensations est bien présente et bon sang que cela procure un bien fou de retrouver le plaisir de la pellicule et qui plus est sur un grand écran. Définitivement, le film est à savourer en 70 mm et, de ce point de vue-là, on ne peut que remercier Tarantino d’avoir eu les C******* de ressortir le vieux matos par amour du cinéma. On regrettera, d’un autre côté, le manque de soutien de ses distributeurs qui, comme on a pu le lire dans la presse, utilisent cet aspect « cinéma » pour faire du business allant jusqu’à priver certaines salles parisiennes, pourtant déjà équipées en projecteurs adaptés, de diffuser le film. Mais bon, le cinéma est un business avant tout et si des gens comme Tarantino savent encore le faire savoir, malheureusement ce n’est pas le cas de tout le monde !

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Ensuite, il y a les acteurs et si Channing Tatum est en total décalage avec le reste du casting, offrant une prestation assez vide, heureusement les autres sont là pour offrir une superbe prestation allant de Samuel L. Jackson à Kurt Russell en passant par celle qui, définitivement, marquera les esprits, Jennifer Jason Leigh, totalement folle et parfaite dans le film.

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Walton Goggins est drôle dans la seconde partie, bien que, comme tout le reste, totalement sous-exploité dans la première, ce qui est dommage, car il est la seconde meilleure chose du film après Jennifer Jason Leigh.

Concernant la musique, Ennio Morricone propose une BO sympathique mais loin d’être mémorable.

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Enfin, on retiendra donc Les Huit Salopards comme un film à l’aspect visuel et technique sympa pour les amateurs de cinéma mais souffrant d’un scénario pauvre et d’une mauvaise gestion du timing. Enfin, et même si dans Django certains dialogues en décalage avec l’univers dépeint devant nos yeux étaient sympathiques, ici on a réellement du mal et on se dit que tant qu’à jouer l’aspect old school à fond, Tarantino aurait pu adoucir un peu et proposer de véritables dialogues de western plutôt que de se sentir obligé de taper « nègre » toutes les deux phrases ou d’autres injures et dialogues qui, certes, plairont aux plus jeunes mais qui ne collent absolument pas avec l’époque où se déroule le film.

Il avait placé la barre bien haute avec Django, il la place donc bien basse avec ce film.

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