Critique de Le Capital : un thriller financier efficace mais trop caricatural

Le Capital

7.2

Scénario

7.2/10

Casting

6.8/10

Réalisation

7.6/10

Les pour

  • Un sujet intéressant sur le monde de la finance
  • Un suspense bien construit
  • Gad Elmaleh convaincant lorsqu’il joue la manipulation
  • Gabriel Byrne très solide

Les contre

  • Beaucoup de clichés
  • Un ton parfois incohérent
  • Un héros difficile à apprécier
  • Une fin qui laisse un sentiment d’inachevé

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Titre originalLe Capital

RéalisateurCosta-Gavras

Casting principalGad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier, Céline Sallette, Bernard Le Coq, Liya Kebede

Durée1 h 54

Date de sortie en France14 novembre 2012

Est-ce que la banque est réellement un monde de pourris qui ne vit que par et pour l’argent ?

C’est en tout cas le sujet que Le Capital tente d’aborder à travers le parcours d’un homme, interprété par Gad Elmaleh, qui se retrouve du jour au lendemain propulsé à la tête de l’une des plus grandes banques du monde. Une fois installé à ce poste, il découvre un univers où se mêlent drogue, sexe, manipulations et toutes les dérives que l’on associe généralement au pouvoir de l’argent.

Malheureusement, le film souffre justement de cette accumulation de clichés.

Certaines scènes semblent avoir été ajoutées uniquement pour faire « jeune » ou « dans le coup », au milieu de passages beaucoup plus classiques et sérieux. L’avantage est que cela évite au film de devenir totalement soporifique, mais l’inconvénient est que l’ensemble manque de cohérence et donne parfois l’impression d’assembler deux films différents.

L’histoire, en elle-même, reste pourtant intéressante.

En revanche, une fois le générique arrivé, on ne sait plus vraiment quoi penser du personnage de Gad Elmaleh. Est-il foncièrement bon ? Est-il devenu aussi pourri que ceux qu’il combat ? Est-il simplement un manipulateur de plus ?

Comme le rappelait Costa-Gavras lors des avant-premières, le but est justement de laisser le spectateur réfléchir.

Le problème, c’est qu’à force de vouloir laisser toutes les interprétations possibles, le film peine finalement à réellement marquer. On sort de la salle sans véritable conclusion, alors qu’un sujet pareil aurait peut-être mérité un traitement beaucoup plus percutant.

Pour moi, un véritable film coup de poing ne fonctionne pas uniquement à coups de clichés.

Reste enfin le cas Gad Elmaleh.

Depuis plusieurs semaines, tout le monde explique qu’il est incroyable, qu’il tient enfin un grand rôle dramatique et qu’il surprend totalement.

Pour être honnête, je suis beaucoup plus réservé.

Oui, il joue totalement à contre-emploi. Oui, il évite le cliché de l’acteur qui se laisse pousser la barbe pour paraître immédiatement plus sérieux — coucou Michael Youn.

Et lorsqu’il devient cynique ou manipulateur, il est même plutôt convaincant.

En revanche, durant une bonne partie du film, j’ai surtout eu l’impression qu’il avait un bâton dans le dos.

Il reste droit, figé, presque sans émotion. Certes, son personnage exige une certaine retenue, mais cela finit par le rendre terriblement froid.

Le problème, c’est qu’un bon antagoniste ou un personnage moralement ambigu doit malgré tout susciter une forme d’attachement ou de fascination.

Il suffit de voir à quel point Javier Bardem marque les esprits dans Skyfall pour comprendre qu’un personnage, qu’il soit gentil ou méchant, doit posséder ce petit supplément d’âme qui donne envie de le suivre.

Ici, je n’ai jamais ressenti cela.

La scène du repas de famille résume parfaitement le problème : tout est tellement froid que l’on finit par se désintéresser complètement de lui.

Résultat, on se surprend presque à trouver Gabriel Byrne, pourtant censé être l’adversaire, plus intéressant que le personnage principal.

Au final, Le Capital reste un film assez moyen.

Son suspense fonctionne plutôt bien, mais il est desservi par un traitement trop caricatural et par un héros auquel je ne suis jamais réellement parvenu à m’attacher.

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