Critique de Jean Vanier, le sacrement de la tendresse : un documentaire touchant mais maladroit

Jean Vanier, le sacrement de la tendresse

5.9

Scénario

7.0/10

Casting

6.5/10

Réalisation

5.0/10

Bande originale

5.0/10

Les pour

  • Un propos raconté de façon tendre et poignante
  • On apprend beaucoup de choses

Les contre

  • Un coté "rapport à la religion" parfois trop poussif
  • Un montage maladroit

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Titre originalJean Vanier, le sacrement de la tendresse

RéalisatriceFrédérique Bedos

Casting principalJean Vanier

Durée1H29

Date de sortie en France9 janvier 2019

Voilà un petit documentaire au propos fort intéressant que nous avons eu l'occasion de voir. Si le nom de Jean Vanier ne vous dit rien, il faut d'emblée savoir qu'il s'agit d'un grand monsieur aux actions exceptionnelles. Si fortes que ce monsieur mérite forcément d'avoir son nom aux côtés de l'Abbé Pierre ou encore de Mère Teresa.

Sauf qu'ici, et c'est une aubaine pour nous, Jean Vanier est toujours vivant et c'est même lui qui décide de nous prendre par la main afin de nous guider dans ce portrait sans nul autre semblable. Dans cette longue interview de près d'une heure et demie, la réalisatrice Frédérique Bedos recueille auprès du principal intéressé souvenirs, anecdotes et messages essentiels, au travers d'images d'archives et d'interventions de nombreuses personnes pour qui la vie aura définitivement changé grâce aux créations de Jean Vanier. L'Arche, association qu'il crée pour contrer l'une des pires exclusions au monde, le rejet face au handicap mental, est au cœur du film. Des raisons qui l'ont poussé à agir lorsqu'il était encore un jeune homme promis à une grande carrière dans la marine à la portée actuelle de son mouvement, présent dans de nombreux pays du monde entier, tout nous est expliqué soigneusement et avec détails.

C'est forcément difficile de rester insensible au propos. Il y est question de bien des choses, dont la tolérance, l'amour, le partage, et certains témoignages sont vraiment poignants. Mais un des légers regrets qu'on peut ressentir à la sortie de projection, c'est cette volonté de souvent tout faire tourner autour de la religion. La paix est une valeur qui transcende beaucoup de choses et la faire revenir systématiquement dans le film tel un rouage de la religion… peinera peut-être à convaincre un certain public. Après, ce n'est qu'une simple question d'angle choisi par la réalisatrice et elle ne s'égare jamais de son sujet, ce qui est tout à son honneur.

Là où le spectateur se perd déjà un peu plus, c'est face à un montage qui, malheureusement, est assez maladroit, empreint d'amateurisme et mal ficelé. Certains passages de l'interview qui mène le film sont coupés pour y insérer du contenu d'archive puis, aussitôt, on revient à une question du début de l'interview, ce qui semble parfois drôlement construit. Puis à soulever également la question de l'utilisation du noir et blanc pour certains moments et pas d'autres…

Jean Vanier, le sacrement de la tendresse est un beau morceau témoin de l'œuvre ambitieuse et magistrale d'une vie. L'opportunité d'en apprendre plus, au travers d'une structure documentaire parfois un petit peu quelconque, on en conviendra, sur une personne très importante de notre temps.

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