Mylène Farmer – Égrégore : notre critique de l’album d’une artiste qui peine à se réinventer

News Musique7 min de lecture

Ce n’est pas la première fois que Mylène Farmer cherche à se réinventer. Et si parfois cela fonctionne à merveille, comme avec Anamorphosée, il arrive aussi que le résultat soit franchement ridicule, à l’image de son album Monkey Me.

Cette année encore, Mylène tente d’avancer avec son époque et de se réinventer en reine de la dance music, avec l’espoir de conquérir un public qui voit aujourd’hui davantage en elle une légende qu’une artiste véritablement ancrée dans son époque.

Car si elle a conservé quelques fans et continue de remplir les salles grâce à sa réputation de showwoman, il faut bien admettre qu’il devient difficile pour le grand public de citer un véritable tube de Mylène Farmer sorti au cours des quinze dernières années.

Longtemps comparée à Madonna, Mylène se retrouve finalement dans la même situation que la reine de la pop il y a quelques années encore. Toujours présente, toujours capable de régaler ses fans, mais avec de plus en plus de difficultés à séduire une nouvelle génération.

Et si Madonna est parvenue à retrouver la grâce depuis quelques mois avec le succès de Confessions 2, alors pourquoi Mylène n’y parviendrait-elle pas avec Égrégore ?

Mylène Farmer ÉGRÉGORE

Album

Mylène Farmer

ÉGRÉGORE

Album Sortie : 2026-10-30

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Durée : 45 min · Variété française

C’est donc avec une certaine appréhension, mais aussi un peu d’espoir, que l’on se lance dans l’écoute de ce nouvel album. Malheureusement, malgré les promesses et les producteurs annoncés, on comprend assez rapidement que Mylène n’a finalement que très peu évolué.

Arrivé à la piste titre de l’album, Égrégore, on retrouve exactement ce qui faisait déjà défaut à Monkey Me, à savoir une production musicale qui semble dépassée dès sa sortie.

Et on se demande franchement si DJ Lewis était le bon choix pour ce titre, tant il semble ne pas comprendre l’univers de Mylène. Celle-ci cherche, comme à son habitude, à proposer un texte travaillé, mais musicalement, c’est la débandade avec des sonorités qui semblent avoir facilement dix ans de retard.

Si DJ Lewis se plante, peut-être alors que DJ Snake va faire des miracles ?

Et si musicalement, Combien pour la nuit propose effectivement quelque chose d’un peu plus moderne, c’est cette fois du côté du texte que l’on se demande ce qui a bien pu arriver à Mylène…

Entre des jeux de mots pas loin du ridicule comme « Face à Fesse » ou encore « Que la nuit soit… », on est quand même bien loin de la qualité d’écriture qui faisait autrefois la réputation de la plus célèbre rousse de France.

Arrivé à la cinquième piste, force est de constater que l’on ne retient déjà pas grand-chose et que l’on commence sérieusement à redouter la suite.

On cherche notre Mylène, celle de L’Autre…, de Point de suture et surtout de son dernier véritable chef-d’œuvre à nos yeux, Avant que l’ombre…

Heureusement, Reste la lumière, sixième piste de l’album, vient apporter une petite note d’espoir.

Enfin un morceau plutôt agréable, sur lequel Mylène semble en phase avec un son plus moderne ! À ce stade de l’écoute, c’est même la première chanson qui se détache réellement et qui nous donne envie de croire que Mylène est encore capable de nous surprendre.

Et surprise, ce morceau est lui aussi proposé avec DJ Lewis ! Comme quoi, le producteur a visiblement du potentiel, à condition de trouver la bonne osmose avec Mylène.

Avec Sans amarres, on entre déjà dans la seconde partie de l’album et une chose devient de plus en plus évidente : malgré les promesses, Mylène ne cherche pas vraiment à bousculer son style ni sa formule.

C’est peut-être d’ailleurs sa plus grande faiblesse. Celle de ne jamais être parvenue à oser les choses à fond et de continuer éternellement à proposer du Mylène Farmer.

Si après trois ou quatre albums, on peut être satisfait de retrouver un style familier, arrivé au treizième opus, on ne peut s’empêcher d’avoir cette désagréable impression de tourner en rond.

Recréer un jour signe ensuite le retour de Moby à la production, lui qui était notamment derrière le tube Slipping Away. Et cette fois, la magie opère à nouveau !

On tient là l’une des plus belles pistes de l’album, même si, arrivé à ce stade, il faut bien reconnaître que la concurrence n’est pas très rude…

Du côté des sonorités dépassées, on peut également ajouter On a toujours le choix et ses instruments qui semblent tout droit sortis d’un vieil ordinateur du début des années 2000.

Franchement, qui utilise encore une basse de cette façon en 2026, à moins de chercher volontairement à rendre hommage à une époque révolue ?

Et puisque Mylène nous explique que l’on a toujours le choix, le plus judicieux aurait peut-être été de ne pas confier autant de pistes à DJ Lewis, qui semble avoir ressorti de vieilles maquettes abandonnées depuis quinze ans.

Alors qu’il nous reste encore quatre chansons à découvrir, une chose paraît déjà évidente : cet album risque de rejoindre ceux que l’on ne réécoutera sans doute jamais dans la discographie de Mylène.

On ira bien picorer une ou deux chansons ici et là, mais à l’image de Monkey Me ou encore de Désobéissance, on aura beaucoup de mal à y revenir dans son intégralité.

Heureusement, Confession vient relancer un peu notre intérêt sur cette fin d’album avec une très belle mélodie.

Et ce n’est finalement pas une surprise de retrouver derrière ce morceau Olivier Schultheis et Jean-Pierre Pilot, deux des grands collaborateurs de Zazie, une artiste qui, elle, a parfaitement su s’entourer au fil des années.

Confession est clairement l’une des plus belles pistes de cet album et définitivement le morceau que l’on a envie de retenir de cet Égrégore.

On zappera ensuite allègrement Dieu est mort, totalement dispensable, avant de clôturer l’album avec la seconde piste composée en compagnie de Moby, Le farmerien. Plus d’écho.

Un dernier morceau qui offre surtout à Mylène l’occasion de faire du Mylène… Sans la moindre réinvention !

Alors finalement, que retenir de cet Égrégore ?

Que Mylène Farmer a toujours autant de mal à bien s’entourer ? Ou qu’elle n’est tout simplement pas capable de challenger ses collaborateurs comme peut le faire Madonna, qui n’hésite pas à pousser dans leurs retranchements les producteurs avec lesquels elle travaille ?

Car c’est bien là que se situe le problème de ce nouvel album.

On n’en retiendra finalement que deux ou trois chansons avant de le voir disparaître dans les méandres d’une discographie qui manque cruellement de prises de risques, d’innovation et surtout de véritables talents à la production musicale.

Les producteurs qui accompagnent Mylène semblent tellement impressionnés par son image qu’ils n’osent jamais la pousser vers quelque chose de réellement neuf. Et de son côté, la chanteuse semble parfaitement se satisfaire de cette situation, préférant rester dans sa bulle de confort plutôt que de prendre le risque de surprendre.

Sauf que le monde a changé et que le public aussi.

Aujourd’hui, il ne suffit plus de s’appeler Mylène Farmer pour faire événement. Encore faut-il avoir quelque chose de nouveau à proposer.

Et à force de vouloir se réinventer sans jamais véritablement oser, Mylène finit surtout par nous donner l’impression de refaire éternellement le même album, avec quelques arrangements différents.

Désolé Mylène, mais cette fois encore, c’est un loupé !

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7 Commentaires

  1. Mylène Farmer évolue ET reste cohérente à son univers. Du jamais vu en France sur cette durée. Elle continue de nous parler de notre époque et d’entretenir un lien avec ses fans, qui en grande partie sont très satisfaits par ce ce qu’elle propose. Il n’y pas besoin d’être dans le risque pendant 40 ans. On a le droit d’aimer son public. Votre critique est beaucoup trop exigeante. Nommez une artiste des années 80 qui est toujours là. Mylène s’en fout! Elle fait ce qui lui plait. Elle n’essaye pas d’avoir des bonnes critiques. C’est là votre grosse erreur, de ne pas comprendre.

  2. NDLR « Et à force de vouloir se réinventer sans jamais véritablement oser, Mylène finit surtout par nous donner l’impression de refaire éternellement le même album.  »

    Parfait, à chaque fois elle refait son meilleur album

  3. C’est insultant pour Mylène Farmer de la
    Comparer à Zazie, une chanteuse de second rang qui ne vend plus d’album, ne suscite plus aucun intérêt. Une jury de the voice, c’est sa trace.

  4. Je ne trouve pas le son de cet album daté comme vous sembler le trouver, contrairement au catastrophique « Monkey me ». L’oeuvre de Kavinsky au synthétiseur très 80 serait donc daté ? non, ce genre de sonorités reste indémodables car intemporelles. Il semble évident qu’on attend toujours trop de Mylene Farmer ou l’album que chacun souhaiterait réaliser à son goût. Oui, MF fait du MF et cet opus étant radicalement différent du très réussit « L’emprise », la dite « répétition » n’a que peu de sens dans votre propos. On tient là son LP le plus électronique de sa discographie, un album qui peut surprendre pas ses choix et décevoir par ses attentes, mais qui dévoile de grandes qualités à mesure d’écoute au plurielles. Farmer n’a en tout cas rien perdu de sa voix si étrange et attachante, avec une plume bien plus direct que ses opus des 10 dernières années. S’l il on rajoute la qualité incroyable des clips l’accompagnant, on tient là quand même une belle réussite tant sur le point visuel que musical. Cet album ne restera pas pour moi un album majeur de son oeuvre mais loin d’être le plus mauvais. Un album rafraichissant au vu de sa sonorité, une plume touchante et directe, une interprète toujours unique, non cet album est réussit même s’il vous déçoit, et je vous invite à le redécouvrir pour y trouver toutes les qualités qu’il renferme 😉

    • Merci pour cette réponse constructive… Ca fait du bien.

      J’ai essayé d eme plonger une seconde fois dedans, mais ça ne passe pas et pourtant voilà des années que j’écoute Mylène.

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