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Titre originalGood Kill
Casting principalEthan Hawke, January Jones, Zoë Kravitz, Bruce Greenwood
RéalisateurAndrew Niccol
Durée1h42
Date de sortie en France22 avril 2015
Good Kill traite de l’après-11 septembre 2001 et surtout de cette guerre à distance menée avec les drones. On se concentre ainsi sur le soldat Thomas Egan qui, après plusieurs missions sur le terrain, se retrouve au Nevada à piloter des drones. Progressivement, il va être confronté à sa propre conscience et remettre en doute sa mission.
Andrew Niccol, pour faire son film, s’est inspiré de faits réels. De ce fait, on ne peut qu’être touché par l’histoire et comprendre le plongeon émotionnel du personnage principal. Il est clair que le but du réalisateur en écrivant le scénario est de créer le débat, de faire en sorte qu’on s’interroge. D’accord, mais après ?
Même si je n’ai pas remarqué de réels défauts, je dois avouer m’être un peu ennuyée au milieu du film. Quelques longueurs se font sentir. On a presque envie qu’il se passe quelque chose de plus, puis on réalise que c’est justement le sujet du film. On se concentre sur Thomas, son travail, sa mission, sa vie privée et tous ses chamboulements psychologiques.
Pour ce qui est du jeu, Ethan Hawke est encore en très grande forme. Selon moi, il porte en grande partie le film sur ses épaules, même si le casting secondaire est plutôt bon.
Ce que j’ai aimé, par contre, dans le film, c’est qu’il n’y a pas de grands moments « patriotiques à l’américaine ». Bon, OK, il y en a un petit peu, mais ça reste assez discret. Pour le coup, on reste concentré sur l’histoire, sur cette guerre. Pas besoin de préciser que les États-Unis sont les plus puissants, qu’ils seraient les meilleurs, etc. C’est même limite si, au contraire, on ne les tourne pas en ridicule, notamment concernant la CIA.

Voilà, je pense que je ne garderai pas ce film longtemps en mémoire, même si Good Kill plaira selon la sensibilité personnelle de chacun. J’espère tout de même qu’il aura son petit succès, car le sujet mérite d’être répandu.
Critique de Jonathan :
Après le 11 septembre 2001, les États-Unis commencent à utiliser des drones dans leur guerre contre le terrorisme. L’histoire de Good Kill se déroule en 2010, au plus fort de l’intensification des attaques ciblées de drones en territoire ennemi par les USA.
C’est sur ce petit rappel des faits que le nouveau long-métrage d’Andrew Niccol débute. Nous sommes ensuite plongés au cœur de l’action. Le « cœur de l’action », ici, c’est plus exactement à travers les yeux du Major Thomas Egan, ancien pilote de F-16 reconverti en pilote de drones, que nous la vivons. C’est donc bien à l’abri derrière son écran d’ordinateur, dans une base militaire de Las Vegas, que le Major Thomas Egan vit cette guerre. Et ce qui, de prime abord, pourrait sembler être le dernier jeu de guerre en vue subjective à la mode s’avère être un véritable conflit en territoire ennemi.
En dehors du fait que son ancien statut de pilote de F-16 lui manque atrocement et que tout ce dont il rêve est de remonter à bord du cockpit d’un véritable avion, le Major Thomas Egan commence peu à peu à ressentir un véritable problème de conscience vis-à-vis de sa nouvelle fonction. Son supérieur insiste d’ailleurs auprès des nouvelles recrues, issues de la génération PlayStation et Xbox, sur le fait qu’elles ne jouent pas à un jeu vidéo : lorsqu’elles appuient sur la gâchette, elles tuent réellement des êtres humains.
Le véritable mal-être de Thomas Egan viendra avant tout de cette sensation désagréable que, derrière son écran, il ne prend aucun risque, décidant du sort de l’ennemi sur un simple clic alors que cet ennemi n’a, quant à lui, aucune chance de survie. Il regrette la peur qu’il pouvait ressentir en pilotant véritablement son F-16 et cette impression d’être devenu lâche en tuant des gens de l’autre côté de la planète sans s’exposer lui-même au moindre danger. Ces états d’âme résument parfaitement le personnage de Thomas Egan.
C’est sur l’aspect psychologique et la réflexion qu’Andrew Niccol centrera son film. Good Kill aborde ainsi pas mal de questions intéressantes qui font débat depuis au moins l’apparition des guerres technologiques modernes. Qu’est-ce qui justifie de tuer des ennemis en se moquant éperdument des dommages collatéraux ? Est-ce que l’armée ne crée pas encore plus de terroristes à chaque attaque ciblée ? L’armée ne devient-elle pas elle-même un groupe terroriste à force d’attaques sans état d’âme ? Toutes les questions que pose le film méritent d’être soulevées et c’est justement pour tous ces aspects éthiques que le film vaut le coup d’œil.
Le film parle également en partie d’un nouveau choc des générations. Alors que le Major Thomas Egan a derrière lui 3 000 heures de vol sur un véritable avion de combat, les nouvelles recrues n’ont comme expérience que quelques heures de vol sur avion de tourisme.
En bref ! La superbe photographie, toujours nette et épurée d’Andrew Niccol, son sujet passionnant et encore fort peu développé au cinéma et la parfaite prestation d’Ethan Hawke font de Good Kill un film important !



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