À perdre la raison
Les pour
- Une interprétation exceptionnelle d’Émilie Dequenne
- Un drame psychologique d’une grande puissance
- Une représentation très juste de la dépression
- D’excellents seconds rôles
- Une mise en scène sobre et efficace
Les contre
- Une bande originale parfois trop appuyée
- Un rythme très lent qui pourra dérouter certains spectateurs
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Titre originalÀ perdre la raison
RéalisateurJoaquim Lafosse
Casting principalÉmilie Dequenne, Tahar Rahim, Niels Arestrup, Stéphane Bissot
Durée1h51
Date de sortie en France5 septembre 2012
Présenté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2012, À perdre la raison marque le retour de Joaquim Lafosse, un réalisateur qui m’avait déjà profondément dérangé avec Élève libre quelques années auparavant.
À noter qu’Émilie Dequenne a reçu le Prix d’interprétation féminine Un Certain Regard pour son interprétation de Murielle, une récompense largement méritée au vu de sa prestation.
Inspiré d’un fait réel, ce film est un véritable drame, dans toute la force du terme. Ne vous attendez pas à un récit spectaculaire : tout est volontairement lent, pesant et oppressant du début à la fin. Mais c’est précisément cette approche qui rend le film aussi puissant. Joaquim Lafosse filme avec beaucoup de sobriété la lente descente aux enfers de cette jeune femme jusqu’à son point de non-retour : le meurtre de ses quatre enfants.
L’intérêt du film ne réside d’ailleurs pas dans son dénouement, dévoilé dès les premières minutes, mais dans la manière dont il montre comment une femme heureuse peut progressivement basculer vers l’horreur la plus absolue.
La représentation de la dépression est particulièrement réussie. Le film montre avec beaucoup de justesse ces petits changements du quotidien qui traduisent un profond mal-être : le refus de changer de vêtements pour conserver les derniers repères associés à une période heureuse, le désintérêt progressif pour son apparence ou encore ce glissement vers un laisser-aller de plus en plus marqué.
Émilie Dequenne est, une fois de plus, absolument remarquable. Malgré l’acte impardonnable commis par son personnage, elle parvient à susciter davantage la compassion que la colère. On ressent avant tout la souffrance de cette femme qui sombre peu à peu, et c’est toute la force de son interprétation.
Les autres comédiens sont eux aussi excellents. Niels Arestrup compose un personnage possessif et manipulateur dont les véritables motivations demeurent volontairement ambiguës, sans que cela ne nuise au récit. Tahar Rahim impressionne également par la justesse avec laquelle il fait évoluer son personnage, passant du jeune homme amoureux au père de famille usé, parfois dépassé par les événements.
Mon seul véritable regret concerne la bande originale, que j’ai trouvée beaucoup trop appuyée, mielleuse et parfois même envahissante. En dehors de ce point, À perdre la raison est une véritable réussite.
PS : Merci aux Films du Losange, et plus particulièrement à Olivier, pour cette découverte.


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