Camille redouble
Les pour
- Un concept classique exploité avec intelligence
- Une vraie réflexion sur les regrets et le temps
- Une métaphore des bulles de savon très évocatrice
- Une Émilie… (pardon) Une Yolande Moreau particulièrement émouvante
- Un film aussi léger que touchant
Les contre
- Une intrigue reposant sur un concept déjà vu
- Deux erreurs de continuité historiques
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Titre originalCamille redouble
RéalisatriceNoémie Lvovsky
Casting principalNoémie Lvovsky, Samir Guesmi, Yolande Moreau, Judith Chemla
Durée1h55
Date de sortie en France12 septembre 2012
À première vue, Camille redouble repose sur un principe que le cinéma nous a déjà proposé à de nombreuses reprises : une personne retourne dans le passé, retrouve son corps d’adolescente et revit une partie de sa vie. Une idée loin d’être originale… mais qui est ici exploitée avec beaucoup d’intelligence.
Le film ne se contente pas de jouer avec les voyages temporels. Il s’en sert pour poser des questions universelles : faut-il refaire exactement les mêmes choix lorsque l’on connaît son avenir ? Peut-on éviter un amour que l’on sait inévitable ? Est-il possible d’empêcher la disparition d’un être cher ? Autant d’interrogations qui accompagnent Camille tout au long de son parcours et auxquelles le film apporte quelques éléments de réponse, sans jamais chercher à imposer une vérité.
Au fond, Camille redouble transforme un concept très classique en une véritable réflexion sur nos souvenirs, nos regrets et les chemins que prend une vie.
Pour décrire le film, je le comparerais volontiers à un jeu d’enfant : celui où l’on souffle des bulles de savon. Certaines sont magnifiques, d’autres un peu moins. Certaines éclatent aussitôt tandis que d’autres flottent longtemps avant de disparaître. Certaines nous attristent lorsqu’elles explosent… et il est parfois encore plus douloureux de savoir qu’elles vont éclater avant même qu’elles ne le fassent.
C’est exactement le sentiment que m’a laissé le film. Il nous invite à revivre les plus beaux souvenirs, comme cette histoire d’amour que l’on aimerait conserver intacte, mais aussi les moments que l’on préférerait oublier, comme les moqueries liées au physique. Certaines scènes donnent envie d’être figées à jamais, tandis que d’autres rappellent que certains drames restent malheureusement inévitables. La disparition de la mère de Camille, interprétée avec énormément de sensibilité par Yolande Moreau, en est le parfait exemple. Parce qu’on sait qu’elle approche, cette séquence n’en devient que plus bouleversante.
Camille redouble donc sa vie avec ses joies comme avec ses blessures, cette fois en connaissant leur issue. Et c’est précisément ce qui rend l’expérience si particulière. Finalement, revivre son passé en sachant ce que l’avenir nous réserve est-il réellement un cadeau ? Ou est-ce au contraire une souffrance supplémentaire ? Chacun trouvera sa propre réponse.
Sous ses airs de comédie légère, Camille redouble cache donc une réflexion bien plus profonde qu’il n’y paraît. Ceux qui chercheront simplement un divertissement y trouveront un agréable moment. Les autres découvriront un film capable de faire réfléchir longtemps après la projection.
Petit plus : malgré toutes ses qualités, le film comporte deux petites erreurs de continuité qui m’ont amusé. Camille revient en 1985, mais possède dans sa chambre le vinyle de True Blue de Madonna, sorti seulement en 1986. De la même manière, la chanson The Reckoning est diffusée à la radio alors qu’elle est sortie au début des années 2000.
Ce ne sont évidemment que des détails, mais j’apprécie lorsque ce genre de cohérence historique est respecté.
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