Twitter : #Lol2
Titre VO :
Réalisatrice : Lisa Azuelos
Acteurs : Sophie Marceau, Thaïs Alessandrin, Vincent Elbaz
Durée :
Date de sortie : 11 février 2026
Sur le papier, tout annonçait un crash annoncé.
Une suite tardive.
Une actrice principale absente.
Une réalisatrice déjà échaudée par un précédent échec.
Et surtout, l’audace – ou l’inconscience – de vouloir prolonger un film déjà culte, lui-même héritier direct de La Boum.
Difficile d’imaginer terrain plus glissant.
Car oui, Christa Theret, visage iconique du premier opus, a préféré décliner l’invitation. Et comme si cela ne suffisait pas, la dernière collaboration entre Sophie Marceau et Lisa Azuelos avait laissé un goût amer avec un film calibré pour Amazon Prime, rapidement oublié et totalement loupé.
Autant dire que LOL 2.0 n’avait, objectivement, aucune chance de réussir.
Et pourtant…
Contre toute attente, le film déjoue les pronostics. Pas en cherchant à recréer la magie adolescente du premier, mais en opérant un virage malin : cette fois, le cœur du récit n’est plus vraiment l’enfant… mais la mère.
Si l’adolescence est toujours là – incarnée par Thaïs Alessandrin, moins marquante que Christa Theret, faute d’un jeu bancal et d’un manque de charisme qui demande à être travaillé – c’est bien Anne, le personnage de Sophie Marceau, qui capte toute la lumière. Mère un peu larguée face au monde moderne (mention spéciale à la scène mémorable chez Columbus Café), femme qui refuse de se voir vieillir alors que la vie lui rappelle brutalement qu’elle va devenir grand-mère, Anne devient le moteur émotionnel et comique du film.
Et c’est là que LOL 2.0 trouve son vrai sujet.
Car sous ses airs de comédie générationnelle, le film parle surtout du regard adulte posé sur une époque qui va trop vite. Les codes changent, les jeunes vous remplacent au travail, mais au fond ? Alors que, du côté des ados, ceux-ci vivent les mêmes galères qu’il y a vingt ans. Amours bancales, peur de décevoir, quête d’identité… Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est l’emballage.
On pourra regretter un scénario qui essaye parfois de reproduire la même chose que le premier film alors même qu’il aurait gagné à creuser davantage le parcours du fils d’Anne, futur père, plutôt que de recycler une crise d’adolescence un peu tardive du côté de sa fille. Mais le film assume clairement son choix : regarder les jeunes à travers les yeux d’une adulte qui refuse de lâcher prise.
Côté casting, le constat est sans appel. Sophie Marceau est impeccable, à l’aise dans chaque registre, et rappelle pourquoi elle reste une valeur sûre du cinéma français. En face, les ados manquent cruellement d’épaisseur. Aucun visage ne s’impose réellement, là où le premier LOL avait su marquer toute une génération. Ici, le souvenir appartient clairement aux adultes.

Quant à la réalisation, Lisa Azuelos prouve qu’elle est bien plus inspirée lorsqu’elle reste dans une zone de confort maîtrisée. Sans grandes ambitions formelles, mais avec un rythme fluide et une mise en scène efficace, LOL 2.0 s’inscrit parfaitement dans les standards de la comédie familiale française, celle qu’on regarde un dimanche soir sans prise de tête.
Même la bande originale, agréable mais discrète, semble l’assumer : pas de tube générationnel cette fois, juste un accompagnement efficace.
Au final, LOL 2.0 ne marquera pas son époque comme son aîné. Il n’en avait d’ailleurs sans doute pas l’intention.
Mais là où tout le monde attendait un naufrage, le film s’en sort avec élégance… grâce à un choix inattendu.
Et si le vrai “LOL” de cette suite, ce n’étaient finalement pas les ados… mais Sophie Marceau elle-même ?




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