Cette fois, pas d’excuse : vous avez largement le temps de caler ça dans votre agenda.
Parce que oui, pendant que certains attendent la dernière minute, Clément, lui, prend les devants. Et s’il insiste autant, ce n’est clairement pas pour rien. Il nous parle ici d’un spectacle au nom aussi intrigant que prometteur : Festen.
Un rendez-vous à noter dès maintenant, puisque le spectacle s’installe au collège Joseph Vernet, à l’Espace Factory, du 10 au 25 juillet, chaque jour à 11 h 30, en plein cœur du Festival Off d’Avignon.
Sur le papier, ça pourrait être “juste” une date de plus dans la programmation du festival. Mais justement… c’est là que ça devient intéressant.
Car si Clément en parle aussi tôt, ce n’est pas pour remplir une ligne de plus dans votre été. C’est parce qu’il est convaincu d’une chose : Festen fait partie de ces spectacles qu’on regrette d’avoir ratés quand tout le monde en parle après coup.
Et cette fois, vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.
La scène s’ouvre sur un moment en apparence ordinaire : un dîner d’anniversaire organisé pour le père de famille. Autour d’une grande table soigneusement dressée, une famille aisée se retrouve pour célébrer l’événement. Mais très vite, une tension diffuse s’installe. Sous la convivialité de façade affleure quelque chose d’indicible. Peu à peu, la fille de la famille laisse entendre une vérité qui dérange. D’abord à demi-mots, presque comme une confidence maladroite, puis de manière de plus en plus explicite, elle révèle avoir été victime d’inceste de la part de son père. Les premières allusions semblent glisser sur l’assemblée. Les membres de la famille détournent le regard, éludent, déplacent la conversation, comme si entendre réellement ce qui est dit menaçait l’équilibre fragile de la réunion.
La mère, longtemps maintenue en retrait, laisse finalement apparaître sa culpabilité. Elle se souvient avoir appris à sa fille, lorsqu’elle était enfant, à ne pas parler, à garder les choses pour elle. « Être une femme, lui disait-elle, c’était aussi savoir se taire. »
C’est sans doute là que Festen touche à sa dimension la plus bouleversante. Au-delà de la révélation elle-même, la pièce met en lumière l’isolement profond de la victime au sein même de sa famille. Malgré la proximité apparente, personne ne l’a protégée. Chacun semble avoir été retenu par le poids des rôles, par la volonté de préserver une forme d’ordre familial plutôt que d’affronter l’impensable.
Profondément émouvante, la pièce aborde le sujet de l’inceste avec une sensibilité et une précision remarquables. Elle éclaire les conséquences psychologiques pour la victime, mais aussi les mécanismes familiaux qui permettent à ces violences de rester enfouies.
Festen, c’est Frédéric Dupeyron, Arsène Godet, Mathieu Marmié, Louna Toussaint, Emma Van de Maele dans une mise en scène signée Aymeric Desjardin.


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