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Titre originalOmnivoros
RéalisateurÓscar Rojo
Casting principalÁngel Acero, Antonio Meliveo, José María Blanco
Durée1h27
Date de sortie en FranceInédite en salles françaises.
Découvert en version originale espagnole sous-titrée en anglais, Omnivoros n’était malheureusement accessible qu’aux spectateurs maîtrisant l’une de ces deux langues. Un détail qui ne l’empêche pas de proposer un thriller particulièrement prenant.
Le point de départ est simple : un écrivain est engagé par une journaliste afin d’enquêter sur la rumeur d’un mystérieux restaurant clandestin où serait servie… de la viande humaine.
Je peux dévoiler sans réellement spoiler qu’un tel restaurant existe bel et bien. Sans cela, il n’y aurait tout simplement pas de film. En revanche, c’est justement là que réside l’un de ses principaux défauts. Tout va beaucoup trop vite.
À peine quelques pistes suivies que le héros est déjà invité à l’une de ces soirées très particulières. Plus surprenant encore, il devient presque immédiatement proche du propriétaire des lieux, présenté seulement quelques minutes auparavant. On aurait aimé voir l’enquête durer davantage, découvrir plusieurs établissements, faire monter progressivement la tension avant cette première invitation.
Autre choix discutable : le réalisateur révèle dès l’ouverture comment Dima, le patron du restaurant clandestin, est devenu cannibale. L’effet de choc fonctionne sur l’instant, mais cette révélation aurait gagné en puissance si elle avait été gardée pour plus tard sous la forme d’un flash-back. Le personnage conserve ainsi très peu de mystère durant le reste du récit.
Contrairement à ce que son sujet pourrait laisser penser, Omnivoros n’est pas un film gore. Les scènes sanglantes restent limitées et les mutilations sont très peu montrées. Le malaise provient surtout de voir des personnages déguster avec plaisir de la chair humaine, davantage que des images elles-mêmes.
Malgré ses défauts, on s’attache rapidement au personnage principal. Le dilemme auquel il est confronté constitue d’ailleurs l’un des meilleurs moments du film. Contraint de manger l’une de ses anciennes conquêtes, il devient lui-même complice de ces crimes, rendant toute dénonciation beaucoup plus complexe.
La résolution finale est également très réussie. Suffisamment préparée en amont et amenée avec subtilité, elle provoque ce petit moment où l’on se dit simplement : « Ah… bien sûr ! »
Au final, Omnivoros est un thriller intelligent qui souffre surtout de son manque d’ambition dans la durée. Une bonne demi-heure supplémentaire aurait permis de développer davantage les personnages, d’explorer plus en profondeur cet univers inquiétant et de rendre le final encore plus marquant.
Bien foutu, mais pas parfait.




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