Vous n’êtes pas sans savoir que sur le site… Chris est très fan de Madonna et donc forcément il a écouté Madame X.

Et ça tombe bien, Chris, c’est moi ! Alors que donne ce nouvel album ?
Lorsque le retour de Mirwais a été annoncé, tout le monde s’attendait à un album très électro, proche de la house, de la trance et surtout avec des sons totalement étranges à l’image de ce qu’il a fait avec Madonna sur Music et American life.
La réalité est toute autre puisque sur Madame X, il n’en est (presque) rien ! Le duo a concocté à la place un album de World Music, mais évidemment avec des sonorités mélangées, des beats électro quand nécessaire, du vocoder, de l’auto-tune parfois, bref un album de World music futuriste, loin de ce à quoi on peut s’attendre quand on associe Madonna avec Mirwais.
Si on avait eu un aperçu avec Medellin qui était déjà surprenant en tant que lead single, c’était pour commencer à mieux nous déconcerter dès le second titre Crave, plus traditionnel.

Puis est arrivé Future et son côté urbain mélangé à du reggae. Entre-temps, on annonçait clairement que les plus belles pistes avaient été gardées pour l’album et que ce qui avait été dévoilé était clairement un petit avant-goût.
On peut le dire… On ne nous avait pas menti et les singles dévoilés, bien que réussis, ne présageaient rien de ce qui allait arriver.
La première grosse surprise est évidemment le titre Dark Ballet totalement fou entre musique classique et sonorités électro… Un morceau totalement étrange et difficile à décrire tant il est unique. Là, on se dit qu’aujourd’hui dans le monde de la pop, personne n’ose faire ceci.

Du côté des pépites de l’album, on découvre également Bitch I’m loca, le second titre en compagnie de Maluma et si Medellin était une réussite, ce dernier est un cran au-dessus. Totalement fun et décomplexé, il donne directement envie de danser.
Du côté des pistes surprenantes et alors que les rumeurs annonçaient un morceau dansant, on a en fait une ballade proposée avec des instruments du Moyen-Orient mixés à des sonorités électro proposées par Mirwais. Je parle évidemment de Killers Who Are Partying, une des plus belles chansons issues du catalogue de Madonna.
On parlait de World Music un peu plus haut, on retrouve ainsi des chants africains sur Batuka et des sonorités brésiliennes sur Faz Gostoso. Les deux pistes sont simplement magnifiques. Chacune dans son style donne envie de danser et surtout nous emmène dans un univers inédit chez Madonna. Clairement deux coups de cœur.
Face à ces pistes sortant de l’ordinaire, on retrouve aussi des titres plus classiques tels que la ballade Looking for Mercy qui prend clairement en puissance au fil des écoutes. Si en effet au départ, le titre semblait le plus faible du lot, il prend vie à chaque écoute au point de rentrer facilement en tête et de ne plus nous lâcher. Une superbe ballade de la part de Madonna.

Crazy est aussi plus proche de ce que fait généralement Madonna, mais avec un twist. Place à l’accordéon, mais subtilement. Et le mélange fonctionne parfaitement au point de faire de ce morceau une des plus belles pistes de l’album.
Que dire ensuite du morceau disco attendu des fans de la Madonna des années 2000 qui est parvenue à devenir la reine de la dance en plus de la reine de la pop. Eh bien, ce morceau s’appelle God Control, inclut une chorale, un message sur la vente libre des armes aux USA, le tout sur une piste 100 % pure disco. God Control est à nouveau une réussite et permet aux plus jeunes fans de Madonna de la retrouver là où les plus anciens seront heureux de la voir changer de style, innover et se réinventer comme elle le faisait si bien avant.
Autre titre plus disco et électro, le puissant I don’t search, I find qui semble tout droit sorti des années 90 avec son côté Rescue me et Erotica. Autant dire qu’avec de telles références, on est sur du très bon. Mirwais est parvenu à trouver la musique idéale au style chanté et parlé de Madonna. Un des grands moments de l’album.
L’album classique se termine par I rise, une bien belle ballade, mais qui, si elle est très efficace de manière isolée, arrive difficilement à se démarquer face aux autres pistes excellentes de l’album.
L’édition Deluxe comprend 3 pistes bonus, à commencer par Funana. Le titre est assez moyen et est bien en bonus, car il semble un peu en décalage avec le reste. Le traitement sur la voix n’est pas dingue non plus.
Le second bonus est Back that up to the beat, écrite en partie par Pharrell Williams. Une des démos qui avait leaké lors de la sortie de Rebel Heart et ici retravaillée. La chanson ne ressemble (musicalement) plus du tout à la démo et est même assez étrange. C’est pas mal du tout, mais voilà quatre ans que l’on est habitué à la démo et cela prendra du temps avant de se faire à ces sonorités étranges.
La troisième piste est Ciao Bella, la plus belle des trois inédites. Morceau dansant avec une voix africaine masculine mélangée à celle de Madonna. Vraiment surprenant aussi, mais réussi. Définitivement une des plus belles pistes de l’album.

Concrètement, ce Madame X est clairement, comme annoncé par les premières critiques presse, un album où Madonna ne cherche pas à cartonner et à enchaîner les tubes. Pour la première fois en 10 ans, Madonna a saisi que le marché existait grâce aux jeunes fans du streaming et que ceux-ci avaient du mal à aller vers elle, et ce malgré ses nombreuses qualités. Ainsi, cet album ne sera peut-être pas le carton commercial auquel Madonna nous a habitués, mais pour de mauvaises raisons puisque sur le plan artistique, Madame X est peut-être la plus belle réussite de la reine de la pop depuis plus de 10 ans !
Être capable de se réinventer de la sorte pour un quatorzième album est incroyable et il ne fait aucun doute que ce Madame X va gagner avec le temps et sera clairement mis en avant comme un de ses meilleurs albums.
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