Critique de Vous n’avez encore rien vu : Alain Resnais signe un exercice de style qui divise

Vous n’avez encore rien vu

5

Scénario

3.8/10

Casting

6.8/10

Réalisation

4.4/10

Les pour

  • Une idée de départ originale
  • Lambert Wilson et Anne Consigny sortent du lot
  • Quelques réflexions intéressantes sur le jeu d’acteur

Les contre

  • Un rythme extrêmement lent
  • Une histoire très prévisible
  • Une mise en scène qui éloigne du récit
  • Des longueurs incessantes
  • Un exercice de style qui finit par lasser
Avis:

X#VousNavezEncoreRienVu #VousNavezEncoreRienVu #AlainResnais #SabineAzema #PierreArditi #LambertWilson #AnneConsigny #MichelPiccoli #MathieuAmalric #DenisPodalydes #MichelRobin #AnnyDuperey #CinemaFrancais #Zickma

Titre originalVous n’avez encore rien vu

RéalisateurAlain Resnais

Casting principalSabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Anne Consigny, Michel Piccoli, Mathieu Amalric, Denis Podalydès, Michel Robin, Anny Duperey

Durée1 h 55

Date de sortie en France26 septembre 2012

Voilà exactement le genre d’exercice que je n’aime pas faire : écrire une critique sur un film qui m’a ennuyé au plus haut point, au point de me donner envie de quitter la salle avant la fin. Si je ne l’ai pas fait, c’est uniquement par respect pour les autres spectateurs.

Je n’aime d’autant moins faire ce genre de critique que le film réunit plusieurs acteurs que j’apprécie énormément, comme Lambert Wilson, Michel Robin ou encore Anny Duperey. Mais quand il faut y aller, il faut y aller.

Pourtant, le film débute de manière plutôt sympathique. La présentation des acteurs, qui interprètent ici leur propre rôle, est répétitive mais suffisamment originale pour intriguer. Malheureusement, cette bonne impression ne dure pas très longtemps et laisse rapidement place à un ennui profond.

Pour résumer, Antoine d’Anthac, auteur dramatique récemment décédé, convoque ses proches dans sa demeure afin qu’ils assistent à la projection d’une nouvelle interprétation de sa pièce Eurydice. Chacun ayant déjà joué cette œuvre par le passé, les invités vont progressivement se laisser happer par leurs anciens personnages jusqu’à rejouer eux-mêmes certaines scènes.

Le problème, c’est qu’on n’a finalement pas l’impression de regarder un véritable film, mais plutôt une pièce de théâtre filmée sur fond vert, agrémentée d’effets spéciaux volontairement artificiels. Je suppose que ce choix est assumé, mais je n’en vois personnellement aucun intérêt tant il me sort constamment de l’histoire.

Arrivé à ce stade, je dois bien avouer que je n’ai déjà presque plus envie de parler du film tant il m’a épuisé. Mais je vais quand même poursuivre un peu.

L’histoire autour de la mort d’Antoine d’Anthac est d’une prévisibilité totale et débouche sur une conclusion que j’ai trouvée complètement ratée. Quant à Denis Podalydès, pourtant remarquable dans Du vent dans mes mollets, il paraît ici étonnamment banal et donne même parfois l’impression de s’ennuyer autant que le spectateur. Il devient alors difficile de s’intéresser à son personnage.

Et ce constat vaut finalement pour une bonne partie du casting. Seuls Lambert Wilson et Anne Consigny parviennent réellement à apporter quelque chose à leurs personnages et constituent, à mes yeux, le principal intérêt du film.

L’idée de voir une même scène interprétée simultanément par plusieurs couples d’acteurs peut sembler séduisante au départ. Il est intéressant d’observer les différentes façons de jouer un même texte et de constater combien chaque comédien apporte sa propre sensibilité à une scène. Mais ce qui ressemble d’abord à une véritable leçon de cinéma finit rapidement par devenir lourd, répétitif et interminable, ajoutant encore davantage de longueurs à un film qui en manque déjà cruellement.

Allez, stop… J’arrête là, parce que même en parler devient franchement pénible.

Sachez simplement que la seule personne qui riait dans toute la salle aux quelques blagues du film — si l’on peut appeler cela des blagues — était un jeune petit bourgeois coiffé à la Vivel Dop qui devait probablement avoir grandi entre deux pièces de théâtre…

Petit coup de gueule au passage : pas très sérieux de la part de l’UGC Les Halles de ne pas surveiller les sorties de salle. À peine la séance commencée, deux types complètement ivres sont entrés par la sortie de secours, bière à la main, en dérangeant les spectateurs pendant de longues minutes.

Soyez le premier à commenter

Laissez nous un commentaire