Dredd 3D : notre critique d’un film d’action spectaculaire gâché par son héros

Dredd 3D

7.2

Scénario

7.2/10

Casting

7.4/10

Réalisation

7.0/10

Les pour

  • Les scènes en Slo-Mo sont magnifiques
  • Une action efficace et généreuse
  • Lena Headey excellente
  • Olivia Thirlby très convaincante
  • Une bande originale parfaitement dosée
  • Un concept proche du jeu vidéo très efficace

Les contre

  • Karl Urban manque cruellement d’expressivité
  • Un costume de Dredd peu convaincant
  • Des décors trop répétitifs
  • Les motos manquent de crédibilité
  • Une émotion quasi absente autour du héros
Avis:

XDredd3D #Dredd #PeteTravis #KarlUrban #OliviaThirlby #LenaHeadey #WoodHarris #ScienceFiction #Action #Zickma

Titre originalDredd

RéalisateurPete Travis

Casting principalKarl Urban, Olivia Thirlby, Lena Headey, Wood Harris

Durée1h35

Date de sortie en FranceDirectement en vidéo (février 2013)

Dredd est sans doute l’un des plus gros flops américains de 2012. Le film n’est jamais parvenu à rentrer dans ses frais et a quitté les salles américaines après seulement six semaines d’exploitation.

Critiqué dès la publication de sa première photo officielle, boudé par une grande partie du public et finalement privé de sortie en salles en France au profit d’une sortie directement en vidéo… Était-ce réellement mérité ?

Je répondrais : en partie.

Car tout était pourtant réuni pour offrir un excellent film d’action.

Le concept de la drogue Slo-Mo, qui donne l’impression de voir le monde au ralenti, permet de justifier intelligemment les nombreuses séquences en slow motion. Et quelles séquences ! Certaines fusillades sont tout simplement magnifiques visuellement.

Ajoutez à cela une bande originale parfaitement dosée, jamais envahissante, de nombreuses scènes d’action particulièrement efficaces, une bonne dose de violence et une structure qui rappelle immédiatement le jeu vidéo — gravir étage après étage une immense tour jusqu’au boss final — et vous obtenez un divertissement extrêmement solide.

Si l’on s’arrêtait là, Dredd décrocherait facilement un bon 3/5.

Malheureusement, plusieurs défauts viennent progressivement gâcher le plaisir.

Le premier concerne les décors et les costumes.

Lorsque la première photo de Karl Urban en Judge Dredd est apparue, beaucoup avaient déjà souri devant ce casque énorme posé sur une tête qui semblait beaucoup trop petite. Malheureusement, après 1h35 de film, cette impression ne disparaît jamais. Au contraire, ce casque paraît toujours aussi disproportionné et finit presque par devenir involontairement comique.

Les autres costumes s’en sortent plutôt bien, mais celui de Dredd reste vraiment le point faible de l’ensemble.

Même constat pour les motos.

À plusieurs reprises, j’avais davantage l’impression de voir un vieux vélo recouvert d’un carénage noir censé faire futuriste qu’une véritable moto de science-fiction. Difficile de ne pas penser à la Batpod de The Dark Knight, qui avait complètement réinventé le concept quelques années auparavant. Ici, j’avais presque envie de lui offrir une sonnette pour qu’il fasse « dring dring » aux feux rouges.

Les décors souffrent également d’un certain manque de variété.

Le film nous présente cette immense tour comme une véritable ville verticale. Pourtant, on passe finalement l’essentiel du temps dans des couloirs et des appartements qui finissent par tous se ressembler. Il y avait pourtant matière à proposer des environnements beaucoup plus variés. Un affrontement dans un centre commercial ou dans différents quartiers de cette tour aurait apporté davantage de diversité.

Autre véritable problème : Karl Urban.

Et c’est d’autant plus dommage que tout le reste du casting fonctionne très bien. Lena Headey est excellente en grande méchante impitoyable, Olivia Thirlby est particulièrement convaincante dans son rôle de jeune juge aux capacités psychiques et, d’une manière générale, tous les personnages secondaires remplissent parfaitement leur rôle.

Tous… sauf le héros.

Je comprends parfaitement que Judge Dredd soit un personnage froid, autoritaire et peu expressif. L’idée de ne jamais lui retirer son casque est même plutôt intéressante. Mais encore aurait-il fallu réussir à transmettre quelque chose malgré cela.

Pendant tout le film, Karl Urban affiche exactement la même expression.

Cela donne presque l’impression d’assister à ce genre de dialogue :

— On va aller arrêter les méchants.

Dredd : 🙁

— Elle est vraiment douée comme juge.

Dredd : 🙁

— Tu ne serais pas un peu constipé ?

Dredd : 🙁

Aucune émotion ne passe réellement à l’écran. Et si cette absence d’expressivité correspond en partie au personnage, elle finit surtout par empêcher le spectateur de s’y attacher.

Lorsque Dredd est en danger, je dois reconnaître que je me suis montré assez indifférent. À l’inverse, dès qu’Olivia Thirlby est menacée, on s’inquiète beaucoup plus facilement pour elle. Au final, elle finit presque par voler la vedette au personnage principal.

Au final, Dredd reste un film d’action particulièrement divertissant. Les scènes de Slo-Mo sont superbes, l’action est efficace, l’humour fonctionne et le film ne méritait probablement pas d’être envoyé directement en DVD en France.

Malheureusement, une accumulation de petits défauts — un héros peu attachant, quelques choix de design discutables et des décors trop répétitifs — finit par empêcher le film d’atteindre le niveau qu’il aurait pu avoir.

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