Critique de Une chanson pour ma mère : une comédie belge tendre, drôle et assumée

Une chanson pour ma mère

8.8

Scénario

8.8/10

Casting

9.1/10

Réalisation

8.6/10

Les pour

  • L’humour typiquement belge
  • Dave très convaincant
  • Excellent casting dans son ensemble
  • Des personnages attachants
  • Une fin tendre et émouvante
  • Une vraie identité belge assumée

Les contre

  • Un démarrage un peu lent
  • Quelques légères maladresses de Dave dans certaines scènes
Avis:

X#UneChansonPourMaMere #JoelFranka #PatrickTimsit #Dave #SylvieTestud #CinemaBelge #Zickma

Titre originalUne chanson pour ma mère

RéalisateurJoël Franka

Casting principalPatrick Timsit, Dave, Sylvie Testud, Fabrizio Rongione, Sam Louwyck, Guy Lecluyse, Michèle Moretti, Mathilde Goffart, Renaud Rutten

Durée95 min

Date de sortie en France27 mars 2013

Le cinéma belge est vraiment identifiable par de nombreux éléments : son humour, son autodérision, son côté parfois kitsch, son aspect très « paysan », ses histoires ou encore ses accents.

Eh bien, sachez que vous allez retrouver tout cela dans ce très bon film qu’est Une chanson pour ma mère. Que ce soit avec la ferme de Libramont et ses villageois simples mais au grand cœur ou encore l’expression « Baraki » qui revient à deux reprises, ce film est belge et l’assume totalement.

Sur le fond, la première bonne surprise vient de Dave. Il est vraiment convaincant, même si l’on remarque, dans une ou deux scènes, qu’il lui manque encore un peu d’expérience en tant qu’acteur. Malgré cela, s’il décide de poursuivre dans cette voie, il possède réellement les qualités pour devenir un excellent comédien, aussi bien dans le registre comique que dramatique. Hormis quelques très légers décalages, il est juste et je cherche vraiment la petite bête.

En matière d’humour et d’autodérision, il excelle. Il faut être sacrément couillu pour accepter de jouer ainsi avec son image, mais il en ressort beaucoup de tendresse pour son personnage et pour les gens qui gravitent autour de lui dans le monde du spectacle. Cela se ressent dans sa manière de jouer. On a l’impression qu’il ne fait aucun effort pour être ce qu’il est. Dave semble simplement être Dave.

Les autres acteurs, car Dave n’est évidemment pas seul, sont eux aussi excellents du premier au dernier rôle. Entre le tourneur caricatural, presque sorti d’une bande dessinée, le prêtre, le responsable des pompes funèbres, l’épouse parfaite qui cuisine sans arrêt ou encore la petite fille faussement gentille, chaque personnage est attachant et apporte quelque chose à l’ensemble.

L’histoire est également très réussie, même si elle ne démarre réellement qu’avec l’arrivée de Dave, le début traînant légèrement. Quant à l’humour, il est typiquement belge, avec des idées vraiment hilarantes comme le corbillard qui accélère afin de faire marcher plus vite les personnes qui suivent le cortège, ou encore la publicité pour les cercueils. C’est un humour assez rare au cinéma, et surtout dans le cinéma français qui, malheureusement, n’ose pas suffisamment s’aventurer sur ce terrain.

La fin du film est, elle aussi, particulièrement tendre et touchante.

Avec mon regard de Belge, j’ai tout de même relevé deux petites erreurs. La jeune actrice, pourtant bien belge avec son accent, parle de « textos ». Or, chez nous, ce terme est très peu employé puisque nous parlons quasiment toujours de « SMS ». Il y a également la manière de prononcer le chiffre 500. En Belgique, nous détachons davantage le « cinq » et le « cent », tandis qu’en France la prononciation est plus liée. Patrick Timsit, censé incarner un bon gars de chez nous, le prononce d’ailleurs à la française.

Bien entendu, je chipote énormément, mais tout de même… il ne faut pas venir chercher un Belge !

Plus sérieusement, je vous recommande vraiment ce très beau film. Une très belle réussite.

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