Superstar
Les pour
- Une critique pertinente du culte de la célébrité
- Kad Merad très convaincant
- Un propos qui reste d’actualité
- Quelques scènes particulièrement fortes
Les contre
- Un point de vue parfois trop à charge
- Des personnages secondaires parfois caricaturaux
- Quelques stéréotypes qui affaiblissent le message
- Parti pris parfois trop marqué
X#Superstar #XavierGiannoli #KadMerad #CecileDeFrance #LouisDoDeLencquesaing #CinemaFrancais #Buzz #Zickma
Titre originalSuperstar
RéalisateurXavier Giannoli
Casting principalKad Merad, Cécile de France, Louis-Do de Lencquesaing
Durée1h52
Date de sortie en France29 août 2012
Étrange film que Superstar. Il n’est finalement pas si simple d’en parler tant il pousse à s’interroger sur notre propre rapport aux médias et à la célébrité. Peut-on apprécier une critique aussi virulente de la société du buzz alors que nous en sommes, au fond, les premiers acteurs ? Ne sommes-nous pas, d’une certaine manière, responsables de ce système qui porte des inconnus aux nues avant de les détruire aussi vite ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit ici. Superstar est une attaque frontale contre notre fascination pour la télévision, les célébrités et le buzz permanent.
Du jour au lendemain, un homme parfaitement ordinaire devient célèbre sans la moindre explication. Et n’en cherchez pas une : le film n’en donnera jamais. C’est d’ailleurs tout son propos. Comme dans la réalité, peu importe finalement le pourquoi. Seul compte le phénomène du moment.
À partir de là, les médias vont s’emparer de cet homme, le façonner, le détourner et l’exploiter sous toutes les formes possibles, sans le moindre respect pour ce qu’il est réellement. Lui ne demande qu’une chose : retrouver une vie normale.
Tout est parfaitement résumé dans une superbe scène où le personnage de Kad Merad supplie un producteur de lui laisser enfin un peu de paix. Face à lui, ce dernier n’entend que ce qui l’intéresse : une formidable machine à générer de l’audience, du buzz et de l’argent, au détriment de l’être humain.
Le film fonctionne entièrement sur cette idée. Il démonte aussi bien les médias que le public, capable d’idolâtrer quelqu’un un jour avant de le détester le lendemain sans véritable raison. Il s’attaque également à ceux qui profitent de cette mécanique et à cet homme devenu malgré lui le centre de toutes les attentions, partagé entre l’envie de fuir et la tentation d’accepter ce que cette notoriété lui apporte. La suite, je vous laisse la découvrir.
Le film n’est cependant pas exempt de défauts. Selon moi, il insiste un peu trop sur le statut de victime de Kad Merad. Certes, son personnage n’a rien demandé, mais il oublie aussi que, dans notre société actuelle, certaines personnes font absolument tout pour accéder à cette célébrité avant de se présenter ensuite comme des victimes du système. Cette réalité n’est qu’effleurée, notamment à travers le personnage du travesti en quête de reconnaissance, mais elle aurait mérité d’être davantage développée afin de rendre le propos plus équilibré. On ressent malgré tout un parti pris assez marqué tout au long du récit.
Autre réserve, quelques personnages tombent parfois dans le cliché, notamment le rappeur « bon client » ou encore le travesti. En même temps, lorsque l’on observe certaines émissions de télévision, on se dit que le film n’est peut-être finalement pas si éloigné de la réalité. La satire n’en demeure pas moins particulièrement pertinente et pousse à réfléchir longtemps après la projection.


Soyez le premier à commenter