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Titre VO : Super Charlie
Réalisateur : Jon Holmberg
Acteurs : Orlando Wahlsteen, Silas Strand, Tuva Novotny, Sven Björklund, Joakim Jennefors
Durée : 1 h 20 min environ
Date de sortie en France : 18 février 2026
Quand on évoque Gebeka, l’image qui vient spontanément à l’esprit, c’est celle d’un studio discret. Presque confidentiel. Un nom associé à des films d’animation doux, malins, souvent destinés aux plus jeunes, loin des standards hollywoodiens et de leurs budgets démesurés. Depuis des années, Gebeka trace sa route à part, en privilégiant l’émotion, la simplicité et l’émerveillement.
Alors forcément, au premier regard, Super Charlie surprend. Mieux encore : il déroute. Si l’on retirait le logo du studio avant le générique, beaucoup se demanderaient quel géant de l’animation se cache derrière ce film signé Jon Holmberg.
Car Super Charlie joue clairement dans une autre cour. Animation ultra léchée, mise en scène dynamique, rythme maîtrisé… tout ici évoque les grosses productions modernes. L’écriture, elle aussi, se permet des ambitions rarement vues chez Gebeka, flirtant parfois avec l’efficacité narrative d’un Pixar, tout en restant suffisamment accessible pour séduire un large public. L’humour vise plus haut, plus large : les ados y trouveront leur compte, et quelques clins d’œil bien sentis — dont certains parleront uniquement aux adultes — viennent renforcer ce plaisir partagé.
Sur le papier, voir un studio habitué aux projets intimistes se lancer dans un film de super-héros pouvait légitimement inquiéter. Et pourtant, Gebeka réussit presque un sans-faute. Presque, car le thème reste classique et l’introduction, centrée sur l’enfance des méchants, est peut-être un peu trop rapide, au risque de désarçonner les plus jeunes. Mais ces légers défauts pèsent peu face à la solidité de l’ensemble.
Le film ne laisse aucune place à l’ennui, exploite intelligemment la relation fraternelle et aborde avec justesse des thèmes universels comme la jalousie à la naissance ou la construction de l’identité. Le tout porté par une animation qui n’a rien à envier aux mastodontes qui débarquent sur nos écrans tous les trois mois.
Il en est de même pour le doublage, excellent et apportant une dimension touchante à chacun des personnages.
Et c’est précisément là que Super Charlie frappe le plus fort. Le film n’est pas qu’une belle surprise isolée : il ressemble à un véritable tournant. Comme si Gebeka avait eu envie de se reconnecter à ses origines, à l’époque où le studio faisait découvrir au public Kirikou, les films de Miyazaki ou encore Corto Maltese, tout en assumant pleinement l’évolution de son identité au fil des années.
Cette transformation a quelque chose de fascinant. Une mue spectaculaire pour un distributeur trop souvent sous-estimé, qui démontre à nouveau qu’il peut rivaliser avec les plus grands sans perdre son âme. Super Charlie prouve que Gebeka fait partie des plus grands… tout en continuant, fidèle à lui-même, à faire rêver les plus petits.




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