X#Sublime #MarianoBiasin #MartinMiller #TeoInamaChiabrando #AzulMazzeo #Drame #Romance
Titre originalSublime
RéalisateurMariano Biasin
Casting principalMartín Miller, Teo Inama Chiabrando, Azul Mazzeo
Durée1H40
Date de sortie en France17 mai 2023
Sublime nous vient tout droit d'Argentine, une histoire d'amitié et d'amour entre deux adolescents sous la caméra de Mariano Biasin, à qui l'on doit aussi Fabrizio’s Initiation en 2015 ou, plus récemment, Hell in the Goal Area en 2020.
Sublime s'inscrit comme un film contemplatif où nous sommes spectateurs de la jeunesse d'un Argentin. Presque comme un documentaire où le réalisateur aurait laissé tourner la caméra face à des scènes de vie quotidienne. C'est d'ailleurs ainsi que le film commence, comme une ancienne vidéo récupérée sur une caméra retrouvée dans un grenier. Nous découvrons ce jeune garçon, Manuel, n'étant heureux que par la présence de son meilleur ami. Les différents acteurs jouent avec justesse dans ce superbe décor d'une ville côtière, au rythme de la musique qui réunit ces quatre garçons.

La musique s'instaure comme un personnage à part entière dans ce long-métrage. Composée par Emilio Cervini, nous pourrions regretter sa présence presque trop évidente. En effet, parfois le silence est trop pesant pour une histoire qui aurait mérité d'être élevée par une bande originale plus prenante. Mais, au contraire, le réalisateur préfère à nouveau jouer du naturel plutôt que d'apprivoiser les codes du cinéma. Un parti pris qui est plutôt convaincant sur bien des aspects, notamment pour donner de la force aux personnages, marquer les seules musiques de ce groupe de rock qui servent le discours des personnages comme pour mettre des mots sur l'imprononçable, et laisser le spectateur se subjuguer de l'histoire. La douceur est le maître mot de ce film, sa délicatesse est rafraîchissante, loin des clichés des films habituels et plus populaires abordant pourtant le même thème.

Nous assistons à une floraison de sentiments, bien connus de tout adolescent, encore plus de ceux qui découvrent ou tentent d'affirmer leur orientation sexuelle. Si le film traite d'une relation naissante entre deux jeunes garçons, il ne l'utilise jamais comme prétexte pour sortir de son naturel. Finalement, c'est l'histoire d'un bassiste qui se cherche, entretenant une relation avec sa petite amie tout en découvrant des sentiments naissants pour son meilleur ami. Le réalisateur arrive particulièrement bien à saisir et retranscrire les sentiments que peuvent avoir de jeunes adolescents de cet âge-là, notamment pour Manuel, qui semble tourmenté alors même qu'il n'arrive pas à se faire entendre. C'est d'autant plus satisfaisant quand la crainte, la quiétude et même la colère laissent place à l'épanouissement. De nombreux moments forts sont présents dans Sublime, ponctués tout du long par cette scène fantasmée, une bulle hors du temps comme un désir inavouable mais tellement rêvé.
Le film aborde des thématiques fortes, comme l'échappatoire que peut représenter la musique, mais aussi le moyen qu'elle représente pour poser des mots sur les sentiments. En arrière-plan, comme un fil rouge qui réunit ces camarades de classe, il y a aussi la littérature avec ces cours qui montrent l'importance d'une telle matière. Enfin, la présence presque déconnectée des adultes n'est pas si loin de la réalité pour de nombreux adolescents et elle est ici parfaitement représentée.

Alors oui, Sublime n'aura pas réussi à décrocher l'adjectif qui lui fait office de titre, mais ça reste un très joli long-métrage qui fait du bien dans son genre. C'est une ode à l'amour, qu'il soit romantique ou amical, un amour entre personnes, mais aussi pour la musique, la littérature et la vie. Mariano Biasin réussit à délivrer un long-métrage apaisant, hors du temps, personnifié par la mer comme un message de liberté. Finalement, si l'histoire n'a rien de surprenant, c'est une carte postale pleine de bienveillance, un beau message aux adolescents qui tentent de trouver leur place dans ce monde pas toujours facile. Il n'est pas question d'en faire un sujet anxiogène ou de dramatiser les enjeux de l'identité sexuelle, il n'est seulement question que d'être soi-même et, pour cela, Sublime réussit son pari.
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