Street Fighter
Les pour
- Une fidélité remarquable au jeu vidéo
- Des combats et des effets visuels spectaculaires
- D'excellentes séquences en animation 2D
- Des références réjouissantes pour les fans
Les contre
- Un scénario volontairement simpliste
- Un humour parfois trop envahissant
- Certains personnages transformés en caricatures
- Un film difficilement accessible aux non-initiés
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Titre originalStreet Fighter
RéalisateurKitao Sakurai
Casting principalAndrew Koji, Noah Centineo, Callina Liang, Jason Momoa, David Dastmalchian, Cody Rhodes, Vidyut Jammwal, Roman Reigns, Hirooki Goto, Andrew Schulz
Durée2H00
Date de sortie en France14 octobre 2026 (cinéma)
Autour du filmAdaptation d’un jeu vidéoVoir les détails
Street Fighter — Jeu vidéo de combat — 1987 — Capcom
- Street Fighter : L'Ultime Combat — 1994 — Steven E. de Souza
- Street Fighter II, le film — 1994 — Gisaburo Sugii
- Street Fighter : La Légende de Chun-Li — 2009 — Andrzej Bartkowiak
Après le génériqueOui, restez — Voir la scène →
Licence culte du jeu vidéo, Street Fighter n’en est pas à sa première adaptation au cinéma et sans doute pas à sa dernière ! Si Ryu, Ken, Cammy et les autres ont régulièrement eu droit à des films d’animation, il faut remonter à 2009 pour retrouver une adaptation en prises de vues réelles centrée sur Chun-Li, et même jusqu’en 1994 pour revoir une bonne partie des combattants réunis sur grand écran.
Deux tentatives qui, malheureusement, ont déçu sur de nombreux points. Si le film de 2009 est aujourd’hui largement tombé dans l’oubli, celui de 1994 conserve encore une petite communauté de fans. Pourtant, difficile de nier que certains personnages, comme Dhalsim, Honda ou encore Blanka, avaient été totalement bâclés. Quant au scénario, vouloir raconter une histoire aussi éloignée de l’univers du jeu représentait déjà un sacré risque à l’époque. Et autant dire que le résultat n’avait pas vraiment convaincu !
Nous voici donc en 2026 avec une nouvelle adaptation qui, cette fois, semble bien décidée à corriger les erreurs du passé. Et première surprise, le film n’est pas totalement en live-action !
En effet, contrairement à ce que laissaient penser les bandes-annonces, plusieurs séquences sont proposées en animation 2D, à commencer par l’ouverture du film. Ces passages, essentiellement utilisés pour raconter certains événements du passé, fonctionnent particulièrement bien. On pourrait même se demander si ce choix artistique ne permettait pas également de réduire les coûts de production, mais quoi qu’il en soit, le résultat est excellent et ces séquences figurent parmi les meilleurs moments du long métrage.
Concernant la partie live-action, une chose saute immédiatement aux yeux : ceux qui ont imaginé cette nouvelle adaptation connaissent Street Fighter, et même plutôt bien !
Là où les précédents films prenaient parfois des libertés incompréhensibles avec les personnages, cette version cherche au contraire à respecter leur apparence, leurs capacités et leurs particularités. E. Honda est excellent, Blanka constitue l’une des plus incroyables surprises du film et Dhalsim est tout simplement parfait !
On regrettera simplement le traitement réservé à Guile qui, malgré une ressemblance physique particulièrement réussie avec son équivalent vidéoludique, se retrouve transformé en pilote d’avion complètement débile. Un choix surprenant, mais qui annonce finalement assez bien la direction prise par le film.
Autre excellente surprise, et pas des moindres pour les fans : la fameuse scène de destruction de voiture !
Qui aurait imaginé retrouver cette séquence bonus emblématique du jeu dans une adaptation cinématographique ? Sur le papier, l’idée semblait presque impossible à intégrer naturellement dans une histoire. Et pourtant, le film y parvient en quelques secondes seulement, avec une mise en scène aussi cohérente qu’amusante. Un petit exploit qui devrait donner le sourire à tous ceux qui ont passé des heures sur les bornes d’arcade !
Reste évidemment la question du scénario. Car soyons sérieux deux minutes, comment raconter une histoire crédible avec une telle brochette de personnages aussi étranges qu’excentriques ?
Eh bien, justement, cette nouvelle version de Street Fighter a trouvé la solution : ne jamais chercher à être crédible !
Ici, les superpouvoirs sont assumés, les méchants sont extravagants et les personnalités volontairement exagérées. Ken, par exemple, devient une véritable caricature de son personnage vidéoludique, tandis que les autres combattants semblent parfois tout droit sortis d’un dessin animé.
Et c’est précisément à partir de là que le film prend une direction qui risque de ne pas plaire à tout le monde.
Car derrière son apparente fidélité au jeu vidéo, Street Fighter flirte constamment avec la parodie !
Plutôt que de chercher à expliquer les origines ou les motivations de chacun, le scénario considère que le spectateur connaît déjà cet univers. Les rares explications sont expédiées en deux ou trois phrases et le film préfère largement s’amuser avec les codes de la saga plutôt que de construire une véritable mythologie.
Résultat, ceux qui espéraient une adaptation sérieuse risquent de tomber de haut !
Entre un Bison qui renifle le pied de Chun-Li, un Guile qui multiplie les blagues à connotation gay, un Blanka qui, comme dans le jeu, recherche désespérément sa maman ou encore un Ken transformé en idiot du village, difficile de savoir si l’on regarde une adaptation officielle ou une énorme plaisanterie imaginée par des fans !
Attention, cela ne signifie pas que l’humour ne fonctionne pas. Au contraire, certaines situations sont franchement amusantes et les références font régulièrement mouche. Mais le problème vient surtout de leur accumulation.
À force de vouloir rire de tout, le film finit parfois par se moquer ouvertement de son propre matériau d’origine. Une approche qui pourrait agacer certains puristes, mais surtout laisser complètement sur le carreau les spectateurs qui ne connaissent rien à Street Fighter.
Car pour apprécier pleinement ce délire, encore faut-il comprendre pourquoi telle situation est drôle, pourquoi tel personnage agit de cette manière ou pourquoi telle référence mérite de faire sourire.
Et sans cette connaissance préalable, autant dire que l’expérience risque d’être particulièrement déroutante !
Mais alors, faut-il considérer ce nouveau Street Fighter comme un échec ?
Absolument pas !
Car si le scénario et l’humour divisent, difficile d’en dire autant de la partie visuelle, qui constitue sans aucun doute l’une des plus grandes réussites du film.
Et sur ce terrain, Street Fighter se permet même de faire mieux que son concurrent direct, Mortal Kombat 2, sorti quelques mois plus tôt !
Chaque coup spécial bénéficie d’un soin évident. Les attaques emblématiques sont parfaitement reconnaissables et leur exécution à l’écran impressionne régulièrement. Qu’il s’agisse des boules d’énergie, des bras qui s’allongent ou encore des célèbres Sonic Boom, tout fonctionne à merveille !
Là où d’autres adaptations auraient tenté de rationaliser ces capacités pour les rendre plus réalistes, Street Fighter fait exactement l’inverse. Dès les premières minutes, le spectateur comprend qu’il évolue dans un univers où tout est possible et où personne ne cherchera à justifier l’existence de pouvoirs complètement absurdes.
Et finalement, pourquoi faudrait-il le faire ?
Après tout, nous sommes dans Street Fighter, pas dans un documentaire !
Cette liberté permet au film de proposer des affrontements spectaculaires, visuellement réussis et surtout fidèles aux sensations du jeu vidéo. On retrouve enfin cette impression de voir les personnages que l’on connaît depuis des années prendre vie sans que leurs capacités aient été sacrifiées sur l’autel du réalisme.
Et rien que pour cela, le plaisir est bien présent !
Vous l’aurez compris, ce nouveau Street Fighter prend un risque énorme en assumant totalement son côté décalé, quitte à diviser profondément son public.
Certains lui reprocheront son humour omniprésent, son scénario volontairement simpliste ou sa tendance à transformer des personnages cultes en véritables caricatures. D’autres, au contraire, apprécieront cette liberté de ton et cette volonté de ne jamais prendre au sérieux un univers qui, finalement, ne l’a jamais vraiment été.
Mais une chose est certaine : malgré ses excès, ses choix parfois discutables et son humour qui ne fera pas l’unanimité, ce Street Fighter version 2026 est tout simplement l’adaptation cinématographique la plus réussie et la plus fidèle au jeu vidéo que nous ayons eue jusqu’à présent !
Une fidélité qui va parfois jusqu’à reproduire les aspects les plus absurdes de la saga, mais qui fait aussi tout son charme.
Quant aux non-initiés qui espéraient découvrir tranquillement cet univers au cinéma…
Désolé, mais ce film n’est clairement pas fait pour vous !
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