Critique Spring Breakers
Les pour
- James Franco totalement méconnaissable
- Une mise en scène parfois très inspirée
- La séquence sur Everytime particulièrement marquante
- Des actrices convaincantes dans un registre inédit
Les contre
- Une classification qui pourra surprendre
- Un récit finalement assez pauvre
- Une esthétique de clip MTV qui ne séduira pas tout le monde
- Une œuvre difficile à appréhender
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Titre originalSpring Breakers
RéalisateurHarmony Korine
Casting principalJames Franco, Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson, Rachel Korine
Durée94 minutes
Date de sortie en France6 mars 2013
Entrons directement dans le vif du sujet.
Que Spring Breakers soit simplement interdit aux moins de 12 ans avec avertissement me paraît être un véritable pari de la part du distributeur. À mes yeux, le film aurait largement mérité une interdiction aux moins de 16 ans et je ne serais pas surpris que cette classification fasse débat.
Le film enchaîne les scènes de drogue, de sexe, de violence et propose une représentation de la femme qui pourra largement diviser, à l’exception des quatre héroïnes qui bénéficient d’un traitement un peu différent.
Dès les premières minutes, plusieurs jeunes spectateurs présents dans la salle semblaient d’ailleurs surpris par ce qu’ils découvraient à l’écran, notamment lors de la scène où Vanessa Hudgens utilise une pipe à eau.
Derrière nous, une mère de famille n’a d’ailleurs pas cessé de demander à sa très jeune fille de fermer les yeux ou de ne pas regarder certaines scènes.
Il faut dire que la salle était principalement remplie de jeunes fans venues retrouver des actrices découvertes dans des productions familiales.
Les voir évoluer dans un univers aussi provocateur ne pouvait qu’en surprendre plus d’une.
Imaginez un instant aller voir Expendables et découvrir Arnold Schwarzenegger en tutu exécutant un numéro de danse classique dès la première scène.
Le choc est à peu près du même ordre.
Concernant le film lui-même, Spring Breakers est une œuvre particulièrement difficile à appréhender.
Il y a pourtant de très belles idées.
Je pense notamment à cette magnifique séquence portée par Everytime de Britney Spears, qui apporte une parenthèse presque poétique au milieu de ce déferlement de violence et d’excès.
Le casting est également solide.
James Franco est tout simplement méconnaissable. Si son nom n’était pas inscrit sur l’affiche, je suis persuadé que beaucoup de spectateurs auraient eu du mal à le reconnaître. Sa composition constitue clairement l’un des points forts du film.
La réalisation d’Harmony Korine est elle aussi intéressante, capable d’être extrêmement nerveuse lorsque le récit l’exige tout en sachant ralentir le rythme au bon moment.
En revanche, j’ai constamment eu l’impression d’assister à un immense clip de rap américain de plus d’une heure trente.
Tous les codes du genre sont réunis : alcool, armes, musique omniprésente, look gangsta, ralentis, esthétique ultra stylisée… Il ne manque finalement qu’une voiture de luxe et un passage dans un car wash.
C’est un style auquel il faut adhérer.
Personnellement, ce n’est pas vraiment mon univers, ce qui m’a empêché d’apprécier pleinement le film.
Au final, si l’on retire la polémique, la classification qui fera certainement parler et le plaisir de voir ces jeunes actrices casser leur image, Spring Breakers ne m’a pas paru particulièrement riche sur le plan du récit.
Et pourtant…
Le film m’a laissé une certaine sympathie, même si je reconnais volontiers qu’elle vient aussi du fait que j’apprécie beaucoup Ashley Benson.
À noter enfin que, malgré l’image sulfureuse du film, les principales actrices ne vont finalement pas aussi loin que ce que beaucoup imaginent. Celle qui apparaît le plus dénudée à l’écran est en réalité Rachel Korine, l’épouse du réalisateur.


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