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Titre originalMon frère
RéalisateurJulien Abraham
Casting principalMHD, Darren Muselet, Youssouf Gueye, Aïssa Maïga, Jalil Lespert
Durée1H36
Date de sortie en France31 juillet 2019
Julien Abraham, le réalisateur du film, avait étonné avec son premier long métrage La Cité rose. Étonné de par une très bonne réalisation et une équipe de travail parfaite, et ce notamment au niveau de l'écriture et du choix des comédiens.
Six ans plus tard et après un détour par la Chine (Made in China), le revoici dans le cinéma sur lequel on l'attendait, à savoir un film sur une jeunesse tourmentée, qui a envie de s'en sortir, le tout avec un film porteur et à même de susciter un débat.
Alors, est-ce que ce film signe la confirmation d'un grand réalisateur ou la réussite de La Cité rose était-elle un coup de bol ?

La réponse est bien évidemment la première puisqu'avec Mon frère, Julien Abraham est à nouveau gagnant sur pratiquement la majorité des points.
Pratiquement, car s'il y a quelques petites choses à redire ici et sur lesquelles nous reviendrons par la suite, l'ensemble du film est réussi.
Cela débute à nouveau par un excellent casting composé de jeunes comédiens issus de tous horizons, à commencer par MHD, ce jeune rappeur qui se révèle assez bon comédien, capable d'être convaincant tout en laissant derrière lui tout ce qui peut énerver chez les rappeurs français, tels que le surjeu, le bling-bling et les frasques ridicules pour faire parler d'eux. Ici, MHD se prête vraiment au jeu et se laisse joliment diriger. Il est au service du film et de l'histoire et non l'inverse.

Face à lui, on retrouve Aïssa Maïga, toujours éblouissante, Jalil Lespert, qui n'a plus rien à prouver, ainsi qu'Almamy Kanoute, très bon également.
Mais celui qui clairement sort du lot est Darren Muselet, qui fait preuve d'un grand talent de comédien, d'autant que son personnage évolue durant le film au point de passer par différentes étapes et manières d'être.
Du côté de la réalisation, Julien Abraham est à nouveau présent et propose un film avec un très bon rythme, jamais ennuyant et comprenant une bande originale réussie.
Alors, plus haut, je disais que sur ce film tout était au vert ou presque.

En effet, il y a néanmoins un petit bémol sur ce film et cela se situe au niveau de l'écriture. Bien que cela me soit difficile de dire ceci, d'autant que j'apprécie énormément les gens derrière l'équipe du film, si je dois être totalement honnête, je dois dire que sur certains aspects, on a ce sentiment que les scénaristes ne sont pas allés au bout des choses. Entre une fin trop brusque, un suspense moins abouti que sur le précédent film — je ne sais si c'est à cause de mon habitude de voir beaucoup de films ou non, mais j'ai vu venir le twist final bien trop tôt — et ce sentiment de vouloir arriver rapidement à un message clair en toute fin au détriment de petites choses à améliorer, le scénario de Mon frère, bien que prenant et néanmoins de qualité, aurait pu encore être meilleur.
Un des aspects qui m'aura dérangé sur le film se situe entre autres sur le fait que l'on assiste, dans la seconde partie, à un changement de personnalité chez MHD, lui qui est montré comme quelqu'un de bien, qui veut s'en sortir, etc., alors qu'en même temps il va accumuler les petits larcins, le vol de voitures et accepter de devenir quelque peu ce qu'il ne souhaitait pas devenir. Si évidemment on assiste à ces cas de conscience parfois, on a du mal à comprendre certaines de ses décisions. Des décisions qui pourraient en plus être mal interprétées par les jeunes spectateurs qui, en le voyant en tant que héros, pourraient trouver « presque normal » les choses qu'il va faire.
Le problème principal — et unique finalement — du film réside selon moi ici, à savoir que l'on nous donne envie d'aimer ce personnage qui finalement est loin d'être tout du long un exemple et, connaissant la cible du film, cela peut faire peur. Dans La Cité rose, le tout était bien plus tranché, plus clair et moins ambigu. Si certains des protagonistes faisaient aussi parfois de mauvais choix, cela était rapidement suivi par un message montrant combien cela n'était pas l'exemple à suivre, alors qu'ici, sur Mon frère, traîne ce sentiment, arrivé à la fin quelque peu précipitée, que tout sera pardonné facilement et que ce que MHD a fait « n'est pas si grave ».

Passé ce constat, ne nous trompons pas non plus, car malgré ces quelques petites choses à redire, on se situe quand même dans le gastronomique du film français, avec à nouveau bien plus de points positifs que négatifs. En cela, on sait déjà que le prochain projet de Julien Abraham et de ses scénaristes sera de continuer sur cette lancée tout en prenant plus de temps sur les détails.
Autre bon point qu'il me plaît à souligner ici : un casting coloré. Entendez par là qu'à l'heure actuelle où tout Hollywood essaye de caser des acteurs de couleur dans tous ses films pour se donner souvent bonne conscience, Julien Abraham et son équipe montrent qu'il suffit simplement de savoir bien écrire et d'engager de bons comédiens pour que cela soit bien fait, naturellement et sans un aspect marketing sale derrière. Quand on regarde le cinéma actuel, il y a peu de films où les différentes origines se mélangent sans que l'on ne rigole de l'une ou l'autre dans les comédies franchouillardes. Engagez de bons scénaristes, comme c'est le cas ici, et les gens de couleur auront de véritables bons rôles et ne seront pas mis à la place de blancs par souci marketing.
Photos Renaud Konopnicki
Pourriez vous faire apparaître les crédits photos en afin de respecter le travail des photographes. Merci d’avance et bonne continuation.
les photos provenaient d’allociné qui récupèrent celles-ci via les agences de presse. Mais effectivement je peux citer ce dernier si j’ai l’info,. Loin d émoi de ne pas mettre en avant le travail des photographes.
voilà qui a été ajouté et bon travail de votre part d’ailleurs.