Lone Ranger, Naissance d’un héros
Les pour
- Véritable hommage aux grands westerns classiques
- Réalisation spectaculaire de Gore Verbinski
- Excellente bande originale de Hans Zimmer
- Duo Johnny Depp / Armie Hammer très efficace
- William Fichtner remarquable en méchant
- Magnifique poursuite finale en train
Les contre
- Durée un peu excessive
- Quelques scènes dispensables
- Scénario assez prévisible
- Campagne marketing trompeuse
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Titre originalThe Lone Ranger
RéalisateurGore Verbinski
Casting principalJohnny Depp, Armie Hammer, Tom Wilkinson, William Fichtner, Ruth Wilson, Helena Bonham Carter
Durée2h29
Date de sortie en France7 août 2013
Avis de #Chris
Avant même sa sortie, Lone Ranger, Naissance d’un héros semblait condamné. Gros flop annoncé aux États-Unis, communication maladroite, annulation de la Master Class, affiches trompeuses laissant croire qu’Helena Bonham Carter occupe un rôle majeur alors que son apparition reste très limitée, bandes-annonces peu représentatives du résultat final… Tout semblait réuni pour faire de cette production Disney un échec annoncé.
Et pourtant…
C’est un bon film.
Bien sûr, il est loin d’être irréprochable. Johnny Depp reprend parfois des tics qui rappellent inévitablement Jack Sparrow et Gore Verbinski aurait gagné à couper plusieurs séquences qui donnent parfois l’impression d’avoir été ajoutées uniquement pour dépasser les deux heures de projection.
Mais derrière ces défauts se cache un véritable western à l’ancienne, assumé de bout en bout.
C’est d’ailleurs probablement ce qui lui a été le plus reproché. Lone Ranger ne cherche pas à réinventer le genre. Il reprend les codes des grands westerns classiques avec les moyens techniques d’aujourd’hui. On est à des années-lumière de la vision ultra-violente proposée par Quentin Tarantino dans Django Unchained, même si j’avais énormément apprécié ce dernier. Ici, Gore Verbinski préfère raconter une aventure plus traditionnelle avec les maisons closes, l’arrivée du chemin de fer, les convoitises autour des ressources minières, les grands espaces, les chevaux, les Indiens et tous les ingrédients qui ont fait la réputation du western.
Le film fonctionne précisément parce qu’il assume cet hommage. Les décors sont magnifiques, la musique accompagne parfaitement le récit, l’humour est présent sans devenir envahissant et l’action arrive régulièrement sans jamais transformer le film en succession d’explosions.
Il faut simplement accepter de regarder un western qui prend son temps et qui préfère raconter une aventure plutôt que de chercher à détruire un immeuble toutes les cinq minutes. Si l’on est capable d’apprécier aussi bien le cinéma classique que les productions modernes, Lone Ranger a largement de quoi séduire.
Mention spéciale à William Fichtner, absolument impressionnant dans le rôle du principal antagoniste.
Avis de #Jonathan
Contrairement à ce que beaucoup ont affirmé à sa sortie, Johnny Depp ne se contente pas de refaire Jack Sparrow. Il compose ici un personnage bien différent, largement inspiré d’une ancienne peinture représentant un Amérindien et influencé par le jeu des grands acteurs du cinéma muet, notamment Buster Keaton.
Face à lui, Armie Hammer fonctionne parfaitement. Leur duo apporte énormément d’humour et d’énergie tout au long du film.
Lone Ranger est avant tout un grand film d’aventure à l’ancienne. L’exemple parfait reste cette incroyable poursuite finale entre deux trains, sublimée par le célèbre thème de Guillaume Tell. Cette séquence résume à elle seule tout le savoir-faire de Gore Verbinski, capable de mettre en scène des situations improbables avec une virtuosité impressionnante.
La réalisation reste d’ailleurs maîtrisée du début jusqu’à la fin. Quelques scènes paraîtront peut-être un peu excessives, mais l’ensemble demeure spectaculaire et parfaitement lisible.
Le scénario reste relativement prévisible, tout en évitant plusieurs clichés habituels du western. On retrouve également quelques discrètes références à Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, notamment dans certaines compositions de Hans Zimmer qui évoquent parfois le travail d’Ennio Morricone.
Je comprends finalement pourquoi le film s’est montré incapable de convaincre une partie du public américain. Il ne répond pas aux standards du blockbuster moderne. L’action n’est jamais omniprésente et, pour une production Disney, le récit se révèle étonnamment sombre. Le traitement réservé aux peuples amérindiens est d’ailleurs particulièrement dur et montre une Amérique cupide, prête à sacrifier les plus faibles au nom du progrès.
Au final, Lone Ranger est un divertissement atypique qui mélange aventure, humour, héroïsme et western avec beaucoup d’efficacité. Une très belle surprise de cet été 2013 qui mérite largement d’être découverte.


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