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Titre VO : Les K d’Or
Réalisateur : Jérémy Ferrari
Acteurs : Jérémy Ferrari, Laura Felpin, Éric Judor, Karina Marimon, David Ayala
Durée : 1h37
Date de sortie en France : 11 mars 2026
On connaît Jérémy Ferrari pour son humour sans filtre, frontal, parfois très cash, toujours assumé. Un humour qui ne s’excuse jamais et qui divise autant qu’il fédère. Bonne nouvelle : pour son premier film, le comédien n’a clairement pas rangé ses griffes. Même si, soyons honnêtes, les amateurs d’humour (très) corrosif auraient parfois aimé le voir aller encore plus loin.
Le point de départ repose sur un scénario original, plutôt malin et volontairement inattendu. Mais très vite, on comprend que l’intrigue sert surtout de terrain de jeu à une galerie de personnages délicieusement absurdes. Et surprise : Ferrari choisit de se mettre légèrement en retrait, presque en observateur. Pourtant omniprésent à l’écran, il laisse volontairement l’espace à ses partenaires pour faire exploser la comédie.
Et là, le film change de dimension. Éric Judor part joyeusement en roue libre, pendant que Laura Felpin vole littéralement chaque scène. Totalement à côté de la plaque, premier degré jusqu’à l’absurde, d’une bêtise irrésistible : elle est tout simplement hilarante. Chaque apparition est un uppercut comique.
C’est d’ailleurs là que réside la grande force du film : un casting qui joue le jeu à fond et se délecte de l’humour parfois décapant de Ferrari. On sent une vraie liberté, un plaisir communicatif… et clairement, ça donne envie d’en redemander.
Derrière la caméra, Ferrari s’en sort plus qu’honorablement. On n’est pas là pour admirer des plans grandioses ou une mise en scène à la Hitchcock ou Nolan – et ce n’est absolument pas le but. Le film fait exactement ce qu’on attend d’une comédie, avec même quelques plans aériens plutôt efficaces qui viennent casser la routine visuelle.
Côté rythme, l’expérience de la scène parle pour lui. Ferrari sait quand frapper, quand laisser respirer, quand relancer. Le timing est maîtrisé.
Et puis il y a ce détail qui n’en est pas un : le film ne dure pas trois heures. Oui, ça mérite d’être souligné. Parce qu’un bon film d’1h30, bien tenu, vaut parfois bien mieux que de longues séances étirées artificiellement pour “justifier” le prix du billet.
Alors, faut-il ajouter quelque chose ? Pas vraiment. Si ce n’est qu’on espère sincèrement que le public suivra. Parce que ce premier essai donne surtout une envie très simple : voir Jérémy Ferrari revenir, encore plus libre, encore plus lâché… pour un deuxième film qui irait, cette fois, vraiment jusqu’au bout.

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