Critique de L’Écume des jours : Michel Gondry adapte Boris Vian avec Audrey Tautou et Romain Duris

L’Écume des jours

7.5

Scénario

8.2/10

Casting

8.4/10

Réalisation

5.8/10

Les pour

  • Une histoire magnifique
  • Audrey Tautou et Romain Duris convaincants
  • Un univers visuel très original
  • Une première partie réussie

Les contre

  • Réalisation parfois trop démonstrative
  • Beaucoup d’idées qui ralentissent le récit
  • Incohérences visuelles
  • Seconde partie beaucoup moins convaincante
  • Impression de longueur
Avis:

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Titre originalL’Écume des jours (Mood Indigo)

RéalisateurMichel Gondry

Casting principalAudrey Tautou, Romain Duris, Omar Sy, Alain Chabat, Gad Elmaleh

Durée2h05

Date de sortie en France24 avril 2013

Avis de #Chris

Que les choses soient dites : je n’avais jamais lu le roman de Boris Vian, pourtant considéré comme une œuvre culte. Et lorsque j’ai découvert la bande-annonce, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un mauvais pressentiment. La dernière fois qu’un film alignait autant d’effets visuels et autant de stars dans son marketing, c’était Astérix aux Jeux Olympiques. Autant dire que je suis entré dans la salle avec une certaine méfiance.

Pourtant, j’adore Audrey Tautou, que je trouve toujours aussi talentueuse et attachante. Romain Duris, de son côté, est devenu une valeur sûre de la comédie romantique, même si l’exercice commence un peu à devenir sa spécialité.

Et malheureusement… je n’ai pas aimé le film.

Le premier élément qui m’a sorti de l’histoire concerne les effets spéciaux. Je comprends parfaitement le choix du stop-motion, des décors artisanaux et de cet univers volontairement bricolé. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer ce qu’aurait pu donner cette histoire avec un budget plus conséquent ou entre les mains d’un réalisateur comme Jean-Pierre Jeunet. L’ensemble aurait probablement gagné en magie.

Le personnage de la souris illustre parfaitement ce problème. Tantôt incarné par un acteur en costume, tantôt représenté sous forme de marionnette ou d’effet visuel, il change constamment d’apparence sans véritable logique. Résultat : impossible pour moi de m’attacher à lui.

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Même sensation avec le mélange des époques. Voir les Halles en travaux côtoyer des voitures des années 60 crée un univers qui m’a davantage paru incohérent que poétique.

Le film accumule ensuite une multitude d’idées visuelles qui, selon moi, n’apportent finalement pas grand-chose au récit. Le piano-cocktail est amusant, mais ne fait pas avancer l’histoire. Et cet exemple se répète tout au long du film.

J’aurais largement préféré un film plus court, débarrassé d’une partie de ces idées parfois farfelues, afin d’aller davantage à l’essentiel. L’univers aurait parfaitement pu fonctionner sans multiplier les artifices. Même la scène de danse, répétée à plusieurs reprises, finit par perdre de son impact alors qu’une seule séquence aurait largement suffi.

J’ai également eu le sentiment que la bande-annonce vendait un film différent. Voir Omar Sy danser sur The Lumineers donne forcément envie, mais cette musique est quasiment absente du long métrage, largement dominé par une ambiance jazz. J’ai eu l’impression d’avoir été attiré par une promesse marketing assez trompeuse. C’est un peu comme ces bandes-annonces qui condensent toutes les scènes d’action dans trois minutes… avant de découvrir que le film ne propose rien de plus.

C’est d’autant plus regrettable que l’histoire est magnifique. Le potentiel dramatique est bien présent, Audrey Tautou reste toujours aussi malicieuse et touchante, tandis que Romain Duris déborde d’énergie. Impossible de nier la beauté du matériau d’origine.

En revanche, les choix de mise en scène et les limitations budgétaires donnent souvent une impression de “cheap” qui m’a empêché d’entrer pleinement dans cet univers.

Autre exemple : la voiture-nuage. On nous explique son fonctionnement avec une grue, mais la mise en scène donne ensuite l’impression que celle-ci transporte le véhicule sur plusieurs kilomètres. Là encore, j’ai trouvé que la logique interne de cet univers fantaisiste fonctionnait mal.

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Même constat avec la séquence de la volière. Visuellement, c’est joli. Narrativement, je cherche encore son intérêt. Ce passage semble uniquement exister pour offrir une belle image supplémentaire, sans apporter quoi que ce soit au récit.

Au final, malgré une histoire superbe et un casting convaincant, les nombreux partis pris artistiques de Michel Gondry ont constamment créé une distance entre le film et moi. Plus qu’une œuvre qui m’a émerveillé, j’ai surtout eu le sentiment d’assister à une succession d’idées visuelles dont beaucoup auraient gagné à être écartées.

Petite mention tout de même à UGC qui offrait le roman de Boris Vian lors de la première séance du matin. Après cette projection, je ne suis cependant pas certain d’avoir envie de me plonger dans le livre…

Critique de #Charles

Adapter l’un des romans les plus emblématiques de la littérature française n’est jamais chose facile. Michel Gondry relevait ici un immense défi.

Pour ma part, en tant que lecteur du roman, cette adaptation faisait partie de mes plus grandes attentes de l’année… et la déception est immense.

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Sans spoiler, le film se divise clairement en deux parties.

La première fonctionne très bien. Gondry nous plonge dans son univers décalé, coloré et inventif. Les décors débordent d’imagination, les acteurs sont convaincants et Romain Duris compose un Colin particulièrement attachant. Malgré quelques excès dans les délires visuels du réalisateur, cette partie est agréable et pleine de charme.

Tout bascule ensuite lorsqu’un événement majeur vient bouleverser l’intrigue.

À partir de ce moment, le film devient extrêmement sombre. Les personnages semblent changer, les interprétations deviennent plus excessives : Audrey Tautou en fait parfois trop, Gad Elmaleh devient envahissant et Romain Duris peine à rendre crédible la détresse psychologique de son personnage.

L’ennui s’installe progressivement et ne nous quitte plus. L’ambiance devient pesante, les décors se referment sur eux-mêmes et la photographie accompagne cette descente avec une disparition progressive des couleurs jusqu’à un noir et blanc très marqué lors des dernières minutes.

La réalisation demeure souvent brillante sur le plan technique, mais Michel Gondry pousse tellement loin ses expérimentations qu’elles finissent par prendre le pas sur l’émotion. Une adaptation ambitieuse, certes, mais qui ne m’aura malheureusement jamais réellement convaincu.

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