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Titre originalLe Faux Soir
RéalisateurMichaël R. Roskam
Casting principalArieh Worthalter, Mélanie Thierry, Karim Leklou, Mara Taquin, Bouli Lanners, Julien Frison, François Damiens
Durée2 H 15
Date de sortie en France13 janvier 2027
Autour du filmAdaptation d’une œuvre littéraireVoir les détails
Le Faux Soir : 9 novembre 1943 — Livre historique — 1987 — Marie Istas
Bien souvent, quand on parle de films sur la Résistance et la Seconde Guerre mondiale, c’est à travers le prisme français. On l’évoque avec humour dans Papy fait de la résistance ou La Grande Vadrouille, ou de manière beaucoup plus sérieuse avec Le Vieux Fusil, Paris brûle-t-il ?, La Bataille du rail et bien d’autres encore.
Mais la guerre ne se résume évidemment pas à la France occupée. D’autres pays ont eu leurs résistants, leurs héros, leurs drames, mais aussi leurs histoires incroyables. Et parmi eux, il y a évidemment la Belgique.
Un pays finalement assez peu mis en avant au cinéma lorsqu’il s’agit de raconter cette partie de son histoire. Michaël R. Roskam a donc eu la très bonne idée de s’intéresser à un épisode aussi authentique que profondément belge : l’histoire vraie du « Faux Soir ».
Peu connue en France, cette histoire raconte comment des résistants belges ont décidé de tourner en dérision les forces allemandes et le Führer en s’attaquant à l’un des plus puissants outils de propagande de l’époque : le journal Le Soir.
Et pas avec quelques tracts distribués en cachette ou des messages griffonnés sur les murs…
Leur idée était bien plus folle : créer une fausse édition du Soir, imitant suffisamment bien le véritable journal pour tromper les lecteurs, mais remplie de textes détournant et ridiculisant la propagande allemande.
Difficile d’imaginer une humiliation plus savoureuse pour l’occupant que de voir l’un des journaux les plus populaires de Belgique, utilisé alors pour diffuser sa propagande, se retourner ainsi contre lui.
C’est cet incroyable coup monté par des résistants belges que Michaël R. Roskam décide aujourd’hui de porter à l’écran.
Pour autant, pas question de transformer Le Faux Soir en comédie burlesque ou d’en faire des tonnes. L’histoire est déjà suffisamment incroyable et amusante pour se suffire à elle-même, sans avoir besoin d’y ajouter artificiellement des situations cocasses qui auraient pu prendre le dessus sur le reste.
Le film est même finalement assez sérieux et dramatique, sans pour autant constamment tomber dans le grave. Un équilibre qui correspond plutôt bien à cette image de la Belgique, capable de traiter les choses sérieusement tout en conservant cette petite distance et cette autodérision qui lui sont propres.
Pour raconter cette histoire, Michaël R. Roskam recrée avec beaucoup de soin un Bruxelles occupé dans lequel évolue une impressionnante galerie d’acteurs.
François Damiens est une fois encore exemplaire, Mélanie Thierry n’a plus grand-chose à prouver concernant son immense talent d’actrice et Bouli Lanners continue de faire la fierté de la Belgique à chacune de ses performances.
À leurs côtés, on retrouve également des visages parfois moins connus du grand public français, mais tout aussi talentueux, comme Arieh Worthalter, Mara Taquin ou encore Peter Van den Begin, pour ne citer qu’eux.
Chaque prestation est de qualité et chacun apporte sa petite touche de drôlerie, mais surtout une sensibilité très forte et finalement assez unique.
Visuellement, Le Faux Soir est également une réussite. Michaël R. Roskam propose de très beaux plans, de magnifiques décors et surtout un rythme suffisamment soutenu pour que les deux heures du film passent plutôt facilement.
On pourra malgré tout regretter un léger manque d’humour.
Sans tomber dans l’exagération ou transformer cette histoire en véritable comédie, quelques notes supplémentaires, un cran plus amusantes, auraient sans doute permis d’alléger certains passages et, surtout, de rendre l’ensemble encore un peu plus belge.
Car c’est finalement là que Le Faux Soir touche le plus juste.
Derrière son histoire de Résistance, son Bruxelles occupé et ses personnages confrontés à la guerre, le film raconte surtout comment un peuple a utilisé l’une de ses armes les plus redoutables face à l’occupant : la dérision.
Et c’est probablement ce qui rend cette histoire aussi belle.
Parce que derrière ce faux numéro du Soir se cache quelque chose de bien réel : le courage de résistants qui ont décidé de défier l’occupant non seulement en prenant des risques immenses, mais en osant tout simplement se moquer de lui.
Véritable hommage au peuple belge, à son humour et à son incroyable capacité d’autodérision, même dans les périodes les plus sombres, Le Faux Soir remet en lumière une histoire un peu oubliée qui, pourtant, semble aujourd’hui faire pleinement partie de l’ADN belge.
Et prouve qu’en temps de guerre aussi, un immense éclat de rire peut parfois devenir un formidable acte de résistance.
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