Critique L’Artiste et son modèle
Les pour
- Une photographie en noir et blanc magnifique
- Aida Folch sublime et très juste
- Jean Rochefort tout en délicatesse
- Une mise en scène poétique
- Une véritable réflexion sur le lien entre l’artiste et son modèle
Les contre
- Un rythme très contemplatif qui demandera de la patience
- Une histoire qui privilégie les émotions à l’action
Twitter#LArtisteEtSonModele #FernandoTrueba #AidaFolch #JeanRochefort #ClaudiaCardinale #Cinema #Zickma
Titre originalEl artista y la modelo
RéalisateurFernando Trueba
Casting principalJean Rochefort, Aida Folch, Claudia Cardinale, Chus Lampreave
Durée105 minutes
Date de sortie en France13 mars 2013
L’Artiste et son modèle parle d’art.
Et la manière dont Fernando Trueba filme son histoire en est sans doute la plus belle illustration.
Autant le dire immédiatement, il est difficile de ne pas succomber au charme d’Aida Folch tant le réalisateur sublime son actrice. Il la filme avec une infinie délicatesse, comme s’il contemplait une œuvre d’art, mêlant constamment pudeur, douceur et élégance.
Le magnifique noir et blanc renforce encore cette sensation. Chaque plan semble figé dans le temps et dégage une beauté presque intemporelle, une innocence devenue particulièrement rare dans le cinéma contemporain.
Pour ce rôle, Aida Folch s’éloigne volontairement des standards de beauté actuels. L’action se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale, son apparence respecte naturellement les codes de l’époque. Elle apparaît ainsi avec un physique plus naturel, loin des canons esthétiques modernes, et pourtant le résultat est d’une beauté saisissante.
Il est rare de voir une actrice filmée avec autant de respect et de poésie.
Son interprétation, tout en douceur et en retenue, accompagne parfaitement cette mise en scène délicate et contribue largement à la force émotionnelle du film.
Face à elle, Jean Rochefort est tout aussi remarquable.
Avec une immense finesse, il donne vie à cet artiste vieillissant et fait ressentir toute la complexité de la relation qui unit un créateur à son modèle. Sans jamais forcer les émotions, il exprime avec beaucoup de tendresse l’attachement qui se construit progressivement entre les deux personnages.
Claudia Cardinale se montre plus discrète, ce que son rôle exige naturellement, mais elle apporte une véritable chaleur humaine à cet univers où tout repose sur la retenue et les silences.
Quant à l’histoire, elle demande de se laisser porter.
Certains pourront avoir l’impression qu’il ne se passe presque rien.
Mais L’Artiste et son modèle se découvre avec la même patience que l’on observerait une sculpture. On prend le temps d’en apprécier chaque détail, chaque émotion, chaque regard.
Et, à l’image du personnage de Jean Rochefort, le spectateur découvre peu à peu Aida Folch, dont la présence devient le véritable cœur de cette œuvre profondément contemplative.


Soyez le premier à commenter