X#Hellboy #HellboyMovie #Metropolitan #Hellboy2019 #NeilMarshall #DavidHarbour #MillaJovovich #SashaLane #IanMcShane
Titre originalHellboy
RéalisateurNeil Marshall
Casting principalDavid Harbour, Milla Jovovich, Sasha Lane, Ian McShane, Daniel Dae Kim, Penelope Mitchell
Durée1h57
Date de sortie en France8 mai 2019
Plus de dix ans après le second opus de la saga initiée par Guillermo Del Toro, l’anti-héros tout droit sorti des enfers, Hellboy, est de retour au cinéma dans un reboot total, avec une nouvelle histoire, de nouveaux acteurs et une nouvelle équipe. La vision, elle, n’est malheureusement pas aussi novatrice et inédite qu’on l’aurait souhaité.

Ce ne sont pas les fans du comics qui diront le contraire : Hellboy est un personnage inclus dans un univers très riche, aux nombreuses possibilités d’intrigues, de personnages, etc. Et dans cette version 2019, classée R-Rated aux États-Unis pour ses passages ultra-gores et violents, il ressort une assez grosse sensation de brouillon, d’un film qui ne sait clairement pas ce qu’il veut raconter malgré tous les moyens mis à sa disposition.
Le film est réalisé par Neil Marshall, connu notamment pour The Descent ainsi que pour avoir dirigé plusieurs épisodes de Game of Thrones et Westworld. Il choisit David Harbour pour camper le héros aux cornes limées, et celui-ci fait correctement le travail. C’est malheureusement à peu près tout. Le reste du casting ne mérite guère que l’on s’y attarde tant Milla Jovovich, en grande méchante, paraît pathétique, tandis que les personnages secondaires sont pour la plupart inutiles et insupportables, Sasha Lane en tête.

On commence par parler de cela parce que les relations entre les personnages, dans un film où il est tout de même question de sauver le monde, cela compte un peu. Et c’est complètement raté. Les séquences censées être émouvantes ou plus décalées, avec quelques vannes, tombent à plat. On s’ennuie sérieusement et personne ne semble vraiment s’amuser, à l’exception de Harbour.
Au service d’un scénario déjà sacrément handicapé — il est question de légendes arthuriennes dès le prologue et, sans jamais prendre conscience du ridicule de certaines situations, le film s’enfonce encore davantage dans le grand n’importe quoi lors de son dernier acte —, l’histoire accumule une profusion d’éléments qui ne servent finalement pas le récit. Beaucoup d’idées semblent simplement là pour combler un vide, comme le pacte avec Baba Yaga, aussitôt évoqué, aussitôt oublié.
Pourtant, tout n’est pas à jeter. Le film promet d’être gore et violent, et même s’il ne réinvente rien en matière de festival de sang et de tripes, il respecte parfaitement son cahier des charges. Les scènes d’action sont souvent efficaces, dotées d’un vrai sens du rythme et d’une belle fluidité, notamment le passage avec les géants qui en met plein les yeux.
Le véritable point fort reste toutefois les effets spéciaux et les maquillages. Le film propose une galerie assez variée de monstres et de créatures qui, sans atteindre le niveau de créativité des films de Guillermo Del Toro, demeurent tout à fait honorables pour ce type de production.
Avec son dernier plan, clairement pensé comme un teasing pour une éventuelle suite — difficile pourtant d’imaginer qu’elle verra le jour —, ainsi que sa scène post-générique particulièrement vide, Hellboy cherche manifestement à reproduire les standards désormais imposés par les films Marvel. Mais le MCU ne s’est évidemment pas construit en un seul film. Hellboy possède pourtant une bonne partie des ingrédients nécessaires pour faire beaucoup mieux, mais il se prend beaucoup trop au sérieux derrière cette accumulation de bruit visuel et narratif. Loin d’être le pire film de l’année comme certains confrères américains ou français ont pu l’affirmer, il n’en reste pas moins un film qui rate clairement son objectif.



Soyez le premier à commenter