Critique de Grâce à Dieu : François Ozon signe un film intelligent et dérangeant

Grâce à Dieu

6.6

Scénario

7.0/10

Casting

6.9/10

Réalisation

6.0/10

Les pour

  • Un trio d'acteurs parfait
  • Des moments émouvants et poignants
  • Propos dur et poignant
  • Trio d’acteurs très convaincant

Les contre

  • Très long
  • Manque de linéarité
  • Voix off abandonnée en cours de route
  • Trop de moments de l’affaire restitués

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Titre originalGrâce à Dieu

RéalisateurFrançois Ozon

Casting principalMelvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Éric Caravaca, Josiane Balasko

Durée2h17

Date de sortie en France20 février 2019

Une nouvelle fois encore, François Ozon s’apprête à montrer qu’il est l’un des réalisateurs aux multiples facettes les plus talentueux dans le paysage du cinéma français actuel. Que l’on aime ou non certains de ses films, l’effet est le même depuis quelques années maintenant : son cinéma dérange, marque et ne laisse pas le spectateur indifférent… Et une fois n’est donc pas coutume, avec Grâce à Dieu, il nous aura fallu une légère période de « digestion » durant les quelques jours qui auront suivi la projection. Mais cette fois, c’est bon, on peut clairement vous dire tout ce qu’on en a pensé, de façon claire et concise.

Grâce à Dieu est une grosse claque qui retentit encore à l’instant où nous écrivons ces lignes. Mais pas le genre de claque super positive ou, à l’opposé, négative. Non, le genre où l’on sait pertinemment que le propos exposé est dur, poignant, superbement bien traité, mais qui met à l’épreuve bien plus que notre simple avis ou opinion. Comme le réalisateur nous l’a si bien expliqué à l’issue de la séance : c’est davantage une question de foi.

Et quand bien même on savait son cinéma dernièrement axé principalement sur les questions de morale ou de voyeurisme, de Dans la maison à Une Nouvelle Amie, on ne le pensait pas venir s’atteler à une telle thématique.

On ne vous refait pas l’histoire en détail, mais dans les grandes lignes : le film raconte les origines de la création de « La Parole Libérée », mouvement, ou plutôt groupe social, lancé par Alexandre Dussot-Hessez il y a quelques années pour recueillir les témoignages de personnes abusées par certaines figures de l’Église catholique. Une histoire dont énormément d’affaires ont découlé et dont certaines suivent toujours leur cours actuellement. Le film sort donc à une période plus qu’essentielle et importante.

C’est Melvil Poupaud, que l’on connaît notamment pour Laurence Anyways de Xavier Dolan, qui accepte d’endosser le rôle du premier fondateur du mouvement. Il est suivi de près par deux autres acteurs qui font partie de ceux qu’on aime le plus dernièrement dans notre cinéma : Swann Arlaud et Denis Ménochet.

Et on est déjà obligés de s’arrêter là un bref instant pour souligner à quel point le trio fonctionne vraiment bien, en délivrant des figures radicalement différentes les unes des autres, ce qui nous permet forcément, avec plus d’aisance, de pouvoir nous identifier à eux. On suit alors le parcours et la naissance difficile de ce combat, non pas contre, mais pour l’Église. Pour que les mentalités changent.

Et… ça marche bien. Pas toujours de façon très pertinente, certes. On regrettera que le film ne parvienne pas à suivre une certaine linéarité qu’il propose dès les premières minutes, notamment avec la voix off du personnage d’Alexandre qui disparaît tout simplement des deux tiers restants du film. Et surtout, il s’étend très souvent sur la restitution de TOUS les moments phares de l’affaire. Et ça dure quand même près de 2h20… ce qui est très long.

Mais le message passe néanmoins, malgré ces défauts pouvant en rebuter certains.

Grâce à Dieu est un film de fait divers qui sort à une période importante où l’on ne pourra que difficilement passer à côté. Servi par de très bons acteurs et motivé par un réel désir de voir la vérité rétablie, il devrait logiquement faire parler de lui.

De notre côté, on vous le conseille, d’autant que c’est, comme on vous le disait, un film qui se doit d’être pensé avec beaucoup de recul par la suite.

Intelligent et dérangeant.

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