Critique de Face à la nuit : un thriller ambitieux aux multiples visages

Face à la nuit

6.9

Scénario

6.9/10

Casting

7.0/10

Réalisation

7.5/10

Bande originale

6.0/10

Les pour

  • Une image somptueuse
  • Une vision du montage inédite et ingénieuse
  • Le montage inversé ambitieux
  • Une photographie granuleuse réussie

Les contre

  • Des passages de discussions trop longs et qui peinent à servir l'intrigue
  • Des discussions qui n'apportent pas assez
  • Le rapport du personnage aux femmes peu approfondi
  • Quelques longueurs

X#FaceÀLaNuit #XingFuChengShi #CitiesOfLastThings #WiDingHo #JackKao #LeeHongChi #LouiseGrinberg #Thriller

Titre originalXing Fu Cheng Shi

RéalisateurWi-ding Ho

Casting principalJack Kao, Lee Hong-Chi, Louise Grinberg

Durée1H47

Date de sortie en France10 juillet 2019

Un peu plus d’un mois après le choc Parasite, véritable maestria qui aura su mettre tout le monde d’accord, on ne s’attendait pas de sitôt à voir de nouveau une production asiatique, qui plus est également proposée par The Jokers Films.

Mais pourtant voici Face à la nuit : thriller, drame psychologique, récit d’anticipation, film de genre, policier… Est-ce possible d’avoir tous ces styles bien prédéfinis réunis dans un seul et même long-métrage ? Eh bien oui. Le réalisateur Wi-ding Ho le démontre ici au travers de trois segments de la vie de notre personnage principal, un flic du nom de Zhang Dong Ling. Sous forme de trois nuits racontées dans un montage inversé — on commence par le futur pour terminer par le passé —, on va se perdre dans d’obscures ruelles avec conspiration, trahison, amour et nostalgie à la clé.

Ça fonctionne plutôt bien. Déjà car l’image argentique, donnant un vrai rendu « granuleux » sur certaines séquences, fait mouche et que les passages de nuit proposent une image pétante, comme on aimerait en voir plus souvent. S’ajoute à cela un casting de comédiens talentueux, Lee Hong-Chi mais aussi la Française Louise Grinberg, qui apportent une palette d’émotions et une belle innocence à l’ensemble.

Si toutefois on apprécie ces diverses qualités, on aura peut-être un peu plus de mal avec des détails spécifiques qui reviennent même dans chacune des parties : le rapport du personnage aux femmes. Il y a, à trois reprises, des discussions avec des personnages féminins importants dans la vie du protagoniste et… ça ne fait pas avancer les choses, ça ne nous apprend rien, surtout celle du premier segment. Ça parle pendant cinq bonnes minutes sans réellement parvenir à nous faire accrocher et c’est un petit peu dommage car on sent que derrière, Wi-ding Ho voulait vraiment raconter quelque chose en plus.

Reste quelque chose de totalement honnête et intéressant, avec un parti pris osé par moments — le plan d’ouverture du film vaut tout de même le détour, c’est rare de commencer par quelque chose de ce style — et qui offre une réflexion complète sur la répercussion, au travers du temps et sur le long terme, de nos choix et décisions passées, présentes et à venir.

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