Critique Camille Claudel 1915 : Juliette Binoche exceptionnelle dans un film qui peine à convaincre

Critique Camille Claudel 1915

6.1

Scénario

4.8/10

Casting

8.6/10

Réalisation

5.0/10

Les pour

  • Juliette Binoche exceptionnelle
  • Une interprétation d’une grande intensité
  • Un sujet fort

Les contre

  • Un récit qui tourne rapidement en rond
  • Un rythme très lent
  • Une direction d’acteurs parfois trop théâtrale
  • Une progression dramatique limitée
  • Une partie consacrée au frère qui manque d’intérêt

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Titre originalCamille Claudel 1915

RéalisateurBruno Dumont

Casting principalJuliette Binoche, Jean-Luc Vincent

Durée95 minutes

Date de sortie en France13 mars 2013

Habituellement, j’écris mes critiques en sortant presque immédiatement de la projection.

Pour Camille Claudel 1915, j’ai préféré attendre deux jours.

Je voulais prendre un peu de recul, de peur que ma première réaction soit trop sévère.

Malheureusement, avec le temps, mon avis n’a pratiquement pas évolué.

À mes yeux, une seule chose justifie réellement de découvrir ce film : la prestation de Juliette Binoche.

D’ailleurs, si la majorité des critiques mettent autant en avant son interprétation, c’est peut-être aussi parce qu’il s’agit du principal point fort de l’œuvre.

Juliette Binoche est remarquable.

Son incarnation de Camille Claudel est bouleversante et d’une grande justesse. Elle semble être la seule à évoluer avec un naturel permanent au milieu d’un univers où beaucoup d’autres interprètes donnent davantage l’impression de jouer sur une scène de théâtre.

C’est probablement ce qui m’a le plus dérangé.

De nombreux personnages adoptent un jeu très appuyé, presque théâtral, qui finit par créer une véritable distance. Certaines scènes deviennent involontairement artificielles, comme cette discussion dans la cuisine où l’une des religieuses tente de rassurer Camille. Plus qu’un problème lié aux acteurs eux-mêmes, j’ai surtout eu le sentiment qu’il s’agissait d’un choix de direction d’acteurs, tant cette impression revient tout au long du film.

Or, au cinéma, ce type d’interprétation fonctionne beaucoup moins bien sur moi.

L’autre difficulté vient du récit.

Le sujet est fort, mais j’ai rapidement eu le sentiment que le film tournait en rond.

Oui, Camille Claudel est internée.

Oui, elle vit dans l’attente.

Oui, elle souffre de sa situation.

Mais une fois ces éléments installés, le récit semble constamment revenir aux mêmes situations, sans véritable évolution. À plusieurs reprises, j’ai eu la sensation d’assister à une répétition des mêmes scènes plutôt qu’à une progression dramatique.

Le passage consacré à son frère m’a également laissé perplexe. J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qu’il apportait réellement au récit principal et il m’a davantage donné l’impression de ralentir encore le rythme du film.

Je comprends sans difficulté que l’on puisse être fasciné par la performance de Juliette Binoche.

Elle mérite largement tous les éloges qui lui sont adressés.

En revanche, j’ai beaucoup plus de mal à partager l’enthousiasme général autour du film lui-même.

Pour ma part, Camille Claudel 1915 m’a surtout laissé le souvenir d’une œuvre portée par une immense actrice, mais qui peine à captiver sur la durée.

Une véritable déception.

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