Critique de Baghdad Station : un thriller irakien aussi dérangeant que percutant

Baghdad Station

6.1

Scénario

7.0/10

Casting

5.5/10

Réalisation

6.5/10

Bande originale

5.5/10

Les pour

  • Un propos qui réussit à marquer les esprits
  • Quelques plans superbes

Les contre

  • Acteurs peu convaincants
  • Un rythme lent qui peut rebuter

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Titre originalAl Rahal

RéalisateurMohamed Al-Daradji

Casting principalZahraa Ghandour, Ameer Jabarah, Bennet De Brabandere

Durée1h22

Date de sortie en France20 février 2019

Dès les premiers instants, Baghdad Station installe les bases qui lui serviront de support pendant tout le reste du film. Le point de départ est simple, mais déjà particulièrement puissant : Bagdad, de nos jours, dans la gare centrale. Sara, une jeune femme, erre avec son téléphone et son petit sac dans les différents recoins de la gare avant de révéler qu’elle porte une ceinture d’explosifs.

Je ne m’attendais alors pas à suivre, pendant à peine plus d’une heure vingt, le parcours d’une future martyre confrontée à des obstacles, des rencontres et surtout à de nombreux doutes.

Au départ, avec la manière dont tous les éléments sont mis en place, je pensais assister à un thriller particulièrement tendu, voire choquant. Et finalement… pas vraiment. Le rythme est assez lent et certains passages manquent de clarté à mesure que de nouveaux personnages apparaissent. La péripétie autour du bébé est intéressante dans un premier temps, mais semble ensuite perdre de son intérêt, à moins qu’il ne s’agisse d’une autre lecture que je n’aurais pas complètement saisie. Là encore, certains passages auraient mérité d’être un peu plus explicites.

Et pourtant, on ressort véritablement retourné par le film. Son ambiance et surtout son propos sont d’une violence particulièrement percutante. Il est réellement intéressant de montrer que le terrorisme ne touche pas uniquement l’Occident mais frappe aussi, et souvent en premier lieu, des régions comme celle-ci où certains vivent quotidiennement avec cette menace.

J’émettrai tout de même quelques réserves sur le jeu des acteurs, légèrement en deçà de ce que l’on pourrait attendre d’un sujet aussi fort. Heureusement, les dernières minutes atteignent un tel niveau d’intensité qu’il devient difficile de quitter le film sans être profondément dérangé et surpris.

Baghdad Station reste finalement un film assez classique dans sa structure et son dénouement, mais porté par un propos particulièrement fort qui continue de résonner bien après la projection. Et il offre, au passage, l’un des plus beaux plans de cinéma que j’aurai vus en ce début d’année.

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