Critique de Only God Forgives : chef-d’œuvre visuel ou immense déception ? Deux avis opposés

Only God Forgives

2

Scénario

1.5/10

Casting

3.0/10

Réalisation

2.0/10

Bande originale

1.5/10

Les pour

  • Kristin Scott Thomas
  • Une photographie soignée
  • Quelques beaux plans

Les contre

  • Ryan Gosling ne convainc pas
  • Un rythme extrêmement lent
  • Très peu d’action
  • Scénario jugé vide
  • Musique décevante
  • Film répétitif
  • À noter : l’avis de Jonathan est volontairement beaucoup plus positif, illustrant la forte division que suscite le film.

X#OnlyGodForgives #RyanGosling #KristinScottThomas #VithayaPansringarm #NicolasWindingRefn @wildsidecats

Titre originalOnly God Forgives

RéalisateurNicolas Winding Refn

Casting principalRyan Gosling, Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm

Durée1h30

Date de sortie en France22 mai 2013

Avis de #Chris

Mon tweet en sortant de la projection disait :

« Si Dieu peut pardonner, alors je ne suis pas Dieu, car je ne pardonnerai pas cette m***. »*

Et je le pense toujours.

Pour moi, il n’y a pratiquement rien à sauver dans Only God Forgives. Les acteurs, la musique, la réalisation, le scénario… absolument rien ne m’a convaincu.

Enfin… presque rien.

Kristin Scott Thomas est la seule qui parvient réellement à tirer son épingle du jeu. Son interprétation de cette mère froide, abusive et profondément malsaine fonctionne très bien. En revanche, toute l’attention était évidemment portée sur Ryan Gosling, qui retrouvait Nicolas Winding Refn après Drive, le film qui lui avait offert l’un de ses meilleurs rôles.

only god forgives

Et là, c’est une immense déception.

Il tente de reprendre cette même attitude froide, distante et silencieuse qui faisait merveille dans Drive, mais ici son personnage devient tellement neutre qu’il ne transmet plus aucune émotion. Quant à son image d’homme fort, elle vole rapidement en éclats face au personnage de sa mère, qui le domine totalement dès leur premier repas.

Je vais être franc : je trouve Ryan Gosling mauvais dans ce film. Entre son éternel regard de chien battu, son sourire figé et certaines scènes involontairement comiques — notamment celle où il hurle à une jeune femme d’enlever sa robe — j’ai eu beaucoup de mal à le prendre au sérieux.

Le troisième personnage principal est finalement… le sabre de Vithaya Pansringarm.

J’exagère à peine. Son personnage passe une bonne partie du film à se promener avant d’éliminer méthodiquement tous ceux qui croisent sa route. L’effet fonctionne quelques minutes, puis devient extrêmement répétitif, avec toujours les mêmes gestes et la même mise en scène.

Même la scène de torture finit par sombrer dans le ridicule tant son escalade paraît artificielle.

Quant à la réalisation, je n’ai pas tenu cinq minutes avant de commencer à lutter contre le sommeil. C’est lent, contemplatif, vide et d’un ennui profond.

only god forgives

Beaucoup saluent la photographie du film. Je reconnais volontiers que certaines images sont magnifiques. Mais rendre Bangkok superbe à l’écran n’est finalement pas l’exploit du siècle tant la ville offre déjà naturellement un cadre visuellement fascinant.

Enfin, la musique, autre point fort de Drive, ne fonctionne absolument pas ici. Je l’ai trouvée lourde, envahissante et souvent désagréable.

Bref… j’en ai déjà beaucoup trop dit. Même parler du film finit par me fatiguer.

Ne perdez pas votre temps.

Petit avertissement également : ne vous laissez pas tromper par la bande-annonce et son fameux « You wanna fight ? ». La seule véritable scène de combat dure à peine quelques minutes.

PS : Pas de note cette fois-ci. Les notes commencent à une étoile… et je refuse d’en attribuer une.

ONLY-GOD-FORGIVES2

Avis de #Jonathan

Là où Chris voit un immense ratage, j’y ai au contraire découvert un film bien plus intéressant qu’il n’y paraît.

Sous ses allures de simple récit de vengeance, Only God Forgives se révèle progressivement être une véritable variation autour du complexe d’Œdipe. C’est avant tout l’histoire d’un homme incapable de s’émanciper d’une mère dominatrice et castratrice, tout en cherchant désespérément à obtenir sa reconnaissance.

Concernant Ryan Gosling, je ne partage absolument pas l’avis de Chris.

Certes, il incarne à nouveau un personnage taciturne, mais je n’ai jamais eu l’impression de revoir celui de Drive. Au contraire, Julian en est presque l’opposé. Là où le héros de Drive semblait invincible, celui d’Only God Forgives est constamment dominé, aussi bien physiquement que psychologiquement. Il est incapable de s’imposer, que ce soit dans sa vie sentimentale, familiale ou même lors des affrontements.

J’ai justement apprécié les nuances que Ryan Gosling apporte à ce personnage malgré son apparente absence d’expression. Son jeu m’a paru bien plus subtil qu’il n’y paraît.

Même si Only God Forgives n’a pas été la claque que j’espérais, je l’ai trouvé très réussi. Au-delà de son esthétique particulièrement travaillée, j’ai surtout aimé les différents niveaux de lecture qu’il propose et les thèmes qu’il développe autour de l’impuissance, de la domination et de la culpabilité.

Soyez le premier à commenter

Laissez nous un commentaire