Exodus: Gods and Kings
Les pour
- Christian Bale très convaincant dans le rôle de Moïse
- Joel Edgerton apporte beaucoup d’humanité à Ramsès
- Une réalisation spectaculaire signée Ridley Scott
- Des décors naturels magnifiques
- Une photographie superbe
- Une immersion renforcée par les décors réels
- Une bande originale d’Alberto Iglesias très réussie
- Un péplum ambitieux qui impressionne visuellement
Les contre
- Une rationalisation des plaies d’Égypte qui divise
- Un Moïse parfois trop passif
- Certains effets spéciaux un peu démonstratifs
- Quelques choix d’adaptation discutables pour les connaisseurs du récit biblique
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Titre originalExodus: Gods and Kings
RéalisateurRidley Scott
Casting principalChristian Bale, Joel Edgerton, John Turturro, Aaron Paul, Sigourney Weaver, Ben Kingsley, Ben Mendelsohn
Durée2h30
Date de sortie en France24 décembre 2014
Pour cette neuvième adaptation cinématographique de l’histoire de Moïse, c’est Ridley Scott qui est aux commandes. Le réalisateur de Gladiator et Robin des Bois nous livre ici sa propre vision de ce célèbre épisode biblique.
Il n’est jamais simple de revisiter une histoire aussi connue, d’autant plus lorsqu’elle mêle récit historique et religieux. Pourtant, Ridley Scott s’en sort plutôt bien.
Tourné au Mexique, en Espagne, aux Canaries et dans les studios de Pinewood, Exodus: Gods and Kings impressionne avant tout par sa réalisation. Les décors naturels occupent une place importante et l’utilisation très limitée des fonds verts permet une immersion que l’on ressent immédiatement à l’écran.
Comme l’expliquait Christian Bale lors de la conférence de presse parisienne, une grande partie des décors était bien réelle, parfois construite sur plus de dix mètres de hauteur. Les acteurs évoluaient dans des environnements qu’ils pouvaient réellement toucher, Ridley Scott complétant simplement certains éléments en les dessinant directement sur le plateau. Ce souci du détail participe énormément au réalisme du film.
Côté casting, Christian Bale incarne un Moïse particulièrement convaincant. Le travail de préparation effectué par l’acteur se ressent tout au long du film. Après avoir relu plusieurs fois l’Ancien Testament et revu Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille, il livre une interprétation très solide.
Joel Edgerton est lui aussi une excellente surprise. Refusant volontairement de revoir la prestation de Yul Brynner afin de construire son propre Ramsès, il parvient à rendre son personnage profondément humain. Derrière le souverain autoritaire se cache également un homme, un père, et cette nuance apporte beaucoup au film.
La bande originale composée par Alberto Iglesias accompagne parfaitement cette fresque et renforce encore davantage l’ampleur de certaines scènes.
Mais voilà… il fallait bien qu’il y ait un “mais”.
#6 Critique modernisée (suite)
Mais voilà, il fallait bien qu’il y ait un “mais”…
Lorsqu’on a grandi avec Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille, il est très difficile de ne pas comparer les deux visions.
Ridley Scott a d’ailleurs toujours assumé avoir voulu raconter sa version de l’histoire.
Le film fait ainsi l’impasse sur l’enfance de Moïse et débute directement à l’âge adulte. Ce choix ne m’a absolument pas dérangé. Au contraire, développer cette partie aurait probablement alourdi un film déjà conséquent.
En revanche, là où les différences deviennent beaucoup plus marquantes, c’est dans le traitement des dix plaies d’Égypte.
Ridley Scott cherche constamment à rationaliser les événements. Chaque catastrophe trouve une explication plus ou moins scientifique et l’on va même jusqu’à introduire un personnage chargé d’expliquer certains phénomènes naturels. Cette volonté d’ancrer le récit dans une réalité plus crédible est intéressante sur le papier, mais elle finit par modifier profondément l’image que l’on se fait de Moïse.
Ici, il apparaît davantage comme un simple témoin des événements que comme leur véritable acteur.
Il transmet la parole de Dieu, mais reste la plupart du temps spectateur de ce qui se déroule devant lui.
C’est probablement ce choix qui m’a le plus dérangé.
À force de vouloir tout expliquer, je me suis même demandé en sortant de la salle si Ridley Scott ne cherchait pas à faire passer Moïse pour un homme victime d’hallucinations ou de schizophrénie dans sa relation avec Dieu.
On est finalement très loin du personnage que l’on connaît dans les textes ou dans les adaptations précédentes, celui qui transforme le Nil en sang ou ouvre la mer devant son peuple.
Ici, tout devient une succession de catastrophes naturelles où Moïse accompagne les événements sans réellement les provoquer.
J’ai également trouvé que certains plans de la dernière partie en faisaient un peu trop visuellement. Quelques effets spectaculaires auraient gagné à être plus sobres.
Malgré ces réserves, Exodus: Gods and Kings reste un film qui mérite largement le détour, et surtout d’être découvert sur grand écran.
Ridley Scott confirme une nouvelle fois son incroyable savoir-faire lorsqu’il s’agit de mettre en scène un péplum. Les images sont superbes, la photographie magnifique et la musique d’Alberto Iglesias sublime parfaitement l’ensemble.
Mes réserves restent finalement très personnelles et tiennent surtout à la manière dont cette célèbre histoire est réinterprétée.
Je suis d’ailleurs curieuse de connaître votre avis : avez-vous, vous aussi, été gênés par ces choix d’adaptation ou, au contraire, les avez-vous trouvés pertinents ?


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