Critique de Un illustre inconnu : Matthieu Kassovitz peine à convaincre dans un thriller décevant

Un illustre inconnu

4.9

Scénario

5.0/10

Casting

5.4/10

Réalisation

4.2/10

Les pour

  • Une idée de départ intéressante
  • Quelques maquillages convaincants
  • Le thème du vol d’identité

Les contre

  • Un rythme extrêmement lent
  • Mathieu Kassovitz peu convaincant
  • Un scénario qui n’exploite pas son idée
  • Une dernière demi-heure interminable
  • Une fin peu crédible
  • Un placement de produit ridicule
Avis:

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Titre originalUn illustre inconnu

RéalisateurMatthieu Delaporte

Casting principalMathieu Kassovitz, Marie-Josée Croze, Éric Caravaca, Diego Le Martret, François Berléand

Durée1h58

Date de sortie en France19 novembre 2014

Voilà un moment que je n’avais pas ressenti aussi peu d’envie d’écrire une critique…

Il faut dire que j’apprécie beaucoup Pathé, qui distribue le film, que je trouve Mathieu Kassovitz généralement très bon acteur et que même le producteur, rencontré la veille lors de la projection de Paradise Lost, m’avait laissé une excellente impression.

Mais tout comme Un illustre inconnu, cette critique se sera finalement fait attendre…

Oui, Un illustre inconnu est, selon moi, un film raté.

L’idée de départ est pourtant excellente. Le vol d’identité est un sujet passionnant et pouvait donner naissance à un thriller psychologique particulièrement prenant. Malheureusement, le résultat est tout autre.

On se retrouve devant un film lent, mal rythmé, sans véritables enjeux et qui finit par devenir profondément ennuyeux.

Un illustre inconnu critique4

Commençons par Mathieu Kassovitz.

Selon moi, il livre ici l’une de ses prestations les plus faibles. Son personnage reste désespérément plat, il ne parvient jamais à susciter la moindre empathie et semble lui-même ne pas réellement croire à ce qu’il joue. Au final, son interprétation se résume bien souvent à changer de coiffure, de vêtements ou de voix, sans véritable travail sur le personnage.

L’histoire, de son côté, souffre énormément de son rythme.

Le film met un temps interminable à réellement démarrer et, une fois lancé, ne développe finalement que très peu son sujet. Les raisons profondes qui poussent le personnage principal à voler les identités des autres restent floues et le scénario ne cherche jamais réellement à les explorer.

Puis vient cette interminable dernière partie.

À plusieurs reprises, on pense sincèrement que le film touche enfin à sa conclusion… mais non. Le réalisateur choisit systématiquement de prolonger le récit encore et encore, jusqu’à offrir près d’une demi-heure supplémentaire qui n’apporte finalement pas grand-chose.

Un illustre inconnu critique1

Le dénouement lui-même paraît particulièrement improbable.

Lorsque le personnage finit par prendre définitivement l’identité d’un autre homme, tout semble fonctionner parfaitement… sauf que le spectateur, lui, ne peut s’empêcher de penser qu’une telle supercherie ne pourra jamais durer bien longtemps.

Impossible également de ne pas évoquer le placement de produit particulièrement maladroit.

La scène se déroulant à la Fnac est probablement l’un des moments les plus involontairement comiques du film. Voir ce vendeur parfait disposer d’autant de temps pour accompagner tranquillement Mathieu Kassovitz dans ses recherches sur la paternité a provoqué les rires de toute la salle tant la situation paraît éloignée de la réalité.

Si vous allez voir le film, repensez simplement à votre dernier passage dans une Fnac… puis comparez avec ce qui est montré à l’écran. Vous comprendrez immédiatement pourquoi cette scène prête davantage à sourire qu’à convaincre.

Vous l’aurez compris, je ne suis jamais véritablement entré dans ce film.

Un illustre inconnu critique3

L’ensemble manque de rythme, les enjeux peinent à passionner et la conclusion finit même par devenir ridicule.

À mes yeux, le film aurait dû s’arrêter sur son principal retournement de situation au milieu du récit, laisser disparaître son personnage principal et éviter cette longue dernière demi-heure qui vient considérablement affaiblir l’ensemble.

Au final, le seul véritable souvenir amusant que je garderai de Un illustre inconnu, c’est que le personnage principal s’appelle Sébastien Nicolas.

L’appeler Sébastien Patrick aurait finalement été bien plus drôle tant il passe son temps à se transformer comme s’il travaillait pour Le Plus Grand Cabaret du monde.

Et si vous avez envie de voir un bon film autour du vol d’identité…

Préférez tout simplement Taking Lives avec Angelina Jolie.

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