Critique de Gabin : dix ans de vie filmés, mais pour quel résultat ?

Gabin

5.8

Scénario

4.5/10

Casting

6.5/10

Réalisation

6.5/10

Les pour

  • Un concept documentaire ambitieux
  • De jolis passages autour de l'enfance de Gabin
  • Les échanges avec sa psychologue
  • Le regard aimant de sa mère

Les contre

  • Un quotidien qui manque d'événements marquants
  • Une approche rurale jugée trop clichée
  • Un résultat moins captivant que son concept
  • Un film qui risque d'être vite oublié

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Titre originalGabin

RéalisateurMaxence Voiseux

Casting principalGabin Jourdel, Patricia Jourdel, Dominique Jourdel, Lilou Duflos, Catherine Ranson

Durée1 H 45

Date de sortie en France18 novembre 2026

Les plus cinéphiles d’entre vous se souviennent sans doute de Boyhood, le film de Richard Linklater sorti en 2014, dont le concept était de raconter la vie de Mason sur une période de 12 ans, de son enfance jusqu’à sa majorité. Pour l’occasion, le réalisateur avait réuni les mêmes comédiens tout au long du tournage, permettant ainsi aux spectateurs de les voir grandir et évoluer sous leurs yeux.

Un projet relativement atypique, mais pensé comme une véritable œuvre de fiction, qui avait marqué les esprits à sa sortie, même si aujourd’hui, on a quelque peu oublié ce film.

On ne sait pas si Gabin connaîtra la même destinée, mais le projet signé Maxence Voiseux pousse le concept un peu plus loin puisqu’il s’agit cette fois d’une œuvre documentaire.

L’idée est ainsi de suivre le jeune Gabin Jourdel et ses parents pendant une période de 10 ans, soit presque autant que pour Boyhood. Maxence Voiseux nous plonge dans le quotidien d’une famille rurale, entre un père boucher et passionné par son métier, une mère fermière et un jeune garçon que l’on va voir grandir au fil des années.

Si le projet est intéressant sur le papier, il faut bien admettre que le résultat fait parfois un peu trop franchouillard…

Oui, cette idée de filmer la vie de paysans français donne presque l’impression de vouloir jouer sur les clichés pour amuser les habitants des grandes villes. Et clairement, cela aurait pu être intéressant de traiter un autre sujet plutôt que de s’attarder, une fois encore, sur les campagnards !

Mais au-delà de ce choix, le film souffre surtout d’un autre problème : malgré l’ambition du projet et ses dix années de tournage, il ne se passe finalement pas grand-chose.

Et c’est là que l’on se dit que Richard Linklater avait sans doute raison de scénariser son propos. Car lorsqu’on décide de filmer une vie sur une aussi longue période, impossible de savoir à l’avance ce qu’elle nous réserve. Les personnes suivies seront-elles suffisamment intéressantes pour captiver le public pendant toute la durée du film ou leur quotidien se révélera-t-il finalement très banal ?

Après tout, ce n’est pas un hasard si, dans le monde de la télé-réalité, on force régulièrement les situations pour provoquer des réactions. Car, au fond, l’être humain n’est-il pas, dans la majorité des cas, plutôt ennuyeux à observer ?

Et concernant Gabin Jourdel, force est de constater que son existence ressemble finalement à celle de nombreux Français. À ceci près qu’il doit également aider sa mère à la ferme et que, comme beaucoup de familles issues du monde agricole, il aspire à une vie meilleure pour lui et ses proches.

Fort heureusement, le documentaire réserve tout de même quelques jolis moments, notamment lorsqu’il s’attarde sur l’enfance de Gabin. Ses échanges avec sa psychologue sont particulièrement touchants, tout comme le regard plein d’amour que lui porte sa mère. Des instants de sincérité qui permettent au film de retrouver cette émotion que l’on aurait aimé ressentir plus souvent.

Le reste de l’expérience se laisse regarder sans déplaisir, mais sans véritablement passionner non plus.

Et c’est finalement tout le paradoxe de Gabin : avoir consacré dix années à filmer une vie pour aboutir à un résultat qui manque cruellement de moments marquants.

Là où Boyhood avait réussi à transformer le passage du temps en une véritable expérience de cinéma, Gabin peine à dépasser le simple témoignage d’une existence ordinaire.

Il y a donc fort à parier que ce documentaire sera oublié bien plus rapidement que le film de Richard Linklater.

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