Critique de Les contes du pommier

Les contes du pommier

9.2

Scénario

9.7/10

Réalisation

9.0/10

Doublage

9.0/10

Bande originale

9.0/10

Les pour

  • Sujet maitrisé
  • Film touchant
  • Bande originale magnifique

Twitter : #LesContesDuPommier

Titre VO : Pohádky po babičce

Réalisateur : Kaja Balog, Blandine Jet

Acteurs :

Durée : 1 H 10

Date de sortie en France : 8 avril 2026

Gebeka n’est pas du genre à faire du bruit pour rien… mais quand le distributeur décide de miser sur un film, il y a souvent une bonne raison. Et cette fois encore, le pari est plus que réussi.

Derrière son apparente douceur, Les contes du pommier cache en réalité quelque chose de bien plus profond qu’un simple film d’animation pour enfants.

Inspiré des écrits de l’auteur tchèque Arnošt Goldflam, le film s’attaque à un sujet que le cinéma jeunesse évite encore trop souvent : la mort. Mais ici, pas question de sombrer dans le pathos. Le récit choisit une approche délicate, presque poétique, pour parler d’absence, de souvenir… et surtout de reconstruction.

On suit alors trois enfants et leur grand-père, confrontés à la perte de celle qui tenait leur famille unie : la grand-mère. Une figure centrale, aimante, dont l’absence laisse un vide immense. Et c’est justement à travers les souvenirs que la magie va renaître.

Parmi les enfants, la jeune fille devient peu à peu le cœur du récit. En repensant aux histoires que racontait sa grand-mère, elle décide de reprendre le flambeau. Une idée simple en apparence… mais qui va tout changer.

Car Les contes du pommier, ce n’est pas seulement une histoire, mais une succession de petits récits enchâssés. Des contes qui semblent parfois totalement fantasques : un grand-père qui s’envole, un chat qui se transforme ; mais qui, en réalité, traduisent chacun une émotion, un manque, une étape du deuil.

Et c’est là que le film surprend.

Chaque histoire devient un miroir des sentiments des personnages. Derrière la fantaisie se cache une vraie lecture émotionnelle : la perte de repères, le besoin de réconfort, la peur d’oublier… jusqu’à cette idée bouleversante que continuer à raconter, c’est déjà continuer à faire vivre ceux qui ne sont plus là.

Visuellement, le choix du stop motion n’est pas anodin. Il apporte une texture presque tangible au film, une chaleur artisanale qui renforce encore l’attachement aux personnages. L’animation est soignée, fluide, et surtout pleine de charme.

Même constat du côté de la musique, omniprésente sans jamais en faire trop. Elle accompagne chaque moment avec justesse et vient souligner les émotions sans jamais les surligner.

Mais au fond, ce qui rend Les contes du pommier vraiment à part, c’est son intention.

Pensé pour les enfants dès 6 ans, le film réussit un équilibre rare : parler de la mort sans effrayer, expliquer sans simplifier, émouvoir sans écraser. Un véritable pont entre l’innocence de l’enfance et les premières grandes questions de la vie.

Et c’est précisément là que le film touche juste.

Parce qu’au-delà de ses jolis contes et de son animation délicate, Les contes du pommier n’est pas seulement un film sur la mort…

C’est un film sur ce qu’il reste après.

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