Le succès du Comte de Monte-Cristo au cinéma avec Pierre Niney a visiblement réveillé quelque chose. À peine le public a-t-il redécouvert l’histoire d’Edmond Dantès sur grand écran que déjà… les producteurs se sont rués sur le mythe. Résultat ? Pas une, mais deux adaptations en comédie musicale cette année. Oui, deux.
Et si la première est restée étonnamment discrète malgré un casting séduisant, c’est bien la seconde que nous avons pu découvrir, dans l’écrin mythique des Folies Bergère. Autant dire que la curiosité était au max.
Derrière ce nouveau Monte-Cristo version chantée : Alexandre Faitrouni à la mise en scène, Stéphane Laporte et Yann Guillon à l’écriture. Côté musique, on retrouve Benoît Poher (du groupe Kyo) épaulé par Franklin Ferrand. Une équipe qui annonce clairement la couleur : modernité, efficacité, grand show.
Et justement… le mot “spectacle” n’est pas galvaudé.
Visuellement, certaines scènes frappent fort. Les moments clés de la vie d’Edmond Dantès prennent une ampleur impressionnante grâce à l’utilisation massive d’écrans géants mobiles. Profondeur, effets 3D, sensation de vertige : par instants, on en prend plein les yeux. Mais ce choix technologique a aussi son revers. Là où certains tableaux bluffent, d’autres donnent une sensation de vide scénique. On comprend la logique – économie, mobilité, modernité –, mais difficile de ne pas regretter parfois l’absence de décors physiques plus ambitieux. Entre grandiose et minimalisme, le spectacle joue sur une ligne fine… et parfois fragile.
Côté casting, pas de star bankable en tête d’affiche. Et franchement ? C’est une bonne nouvelle. Sans poids médiatique au-dessus de leurs épaules, les artistes brillent par leur engagement. Voix solides, énergie dansée, présence scénique : chacun apporte sa pierre à l’édifice. On sent une troupe investie, généreuse, qui donne tout.
Musicalement, comme souvent dans les comédies musicales modernes, tout n’est pas égal… mais certains titres sortent clairement du lot. “La Fièvre” fonctionne, même si la version live manque un peu de l’impact studio. “L’Orage” fait partie des moments forts. “Ma Rage” aussi. D’autres morceaux servent davantage la narration que la mémoire collective : efficaces sur le moment, moins marquants une fois sortis de la salle.
Alors non, on ne tient peut-être pas ici une comédie musicale générationnelle comme celles du début des années 2000. Mais est-ce vraiment le but ?
Parce qu’au final, ce Monte-Cristo version musicale réussit une chose essentielle : faire vibrer à nouveau l’histoire d’Edmond Dantès, la rendre accessible, intense, spectaculaire… et rappeler que ce mythe n’a décidément pas fini d’être réinventé.
Et si la vraie surprise, finalement, n’était pas l’existence de deux adaptations cette année…
mais le fait que celle qui se joue actuellement soit justement celle qui mérite qu’on en parle ?
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