Jean Zay, l’homme complet – On en parle

Clément ne ralentit toujours pas le rythme. De salles intimistes en scènes chargées d’histoire, il poursuit son tour des théâtres parisiens avec une nouvelle escale, cette fois à L’Essaïon. Un lieu à part, propice aux mots, aux idées… et aux grandes figures.

Du 13 janvier au 7 avril 2026, chaque mardi à 19h, le public est invité à découvrir Jean Zay, l’homme complet. Un seul en scène qui intrigue par son titre, interroge par son sujet et promet bien plus qu’un simple cours d’histoire.

Sur scène, Xavier Béja porte le texte de Michel Cochet, seul face au public, pour faire revivre une personnalité trop souvent résumée à quelques lignes dans les manuels scolaires. Ici, pas de poussière ni de discours figé : la pièce cherche le souffle, l’humain, la pensée en mouvement.

Mais alors, que vaut vraiment ce seul en scène ? Est-ce une leçon, un hommage, un choc théâtral inattendu ?

Clément y était… et ce qu’il en retient pourrait bien vous surprendre.

La mise en scène est épurée et sombre, à l’image de cette France des années 40. En décor, juste un fond blanc qui s’anime parfois d’images d’archives pour nous transporter dans un véritable documentaire vivant sur l’histoire de notre pays.

La pièce, rythmée par la chronologie des faits, se révèle à la fois instructive sur l’histoire de l’Éducation nationale et profondément symbolique. Elle montre comment, à l’image de Jean Zay, l’un de ses plus fervents représentants, la guerre a enfermé la culture, l’éducation et l’élévation des esprits.

Le dispositif carcéral sur lequel l’œuvre s’appuie ouvre également une réflexion philosophique. À travers l’enfermement, la pièce interroge les notions de liberté, de solitude et de connaissance de soi. Jean Zay y mène une bataille intérieure, mettant en question l’homme qu’il est, mais aussi le système politique dont il fut pourtant acteur. Il observe, à travers ses barreaux, une pièce de théâtre cynique et injuste dont il est totalement impuissant.

Jean Zay, l’homme complet est ainsi une pièce profondément poétique, qui retrace le combat d’un grand homme jusqu’à son dernier souffle, et qui réussit surtout à nous faire retenir le nôtre pendant près d’une heure.

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