Clément remet le projecteur sur ce qu’il aime par-dessus tout : le spectacle vivant.
Et cette fois, on ne va pas parler de cotillons, de fêtes et de grandes envolées humoristiques, mais de la réalité de notre monde…
Depuis le 8 janvier, un spectacle fait doucement son chemin sur scène. Chaque jeudi à 19 h, il s’installe, prend son temps, et promet surtout une chose : repartir avec le sourire. Et ce rendez-vous ne fait que commencer, puisqu’il continuera d’enchanter les spectateurs jusqu’au 2 avril.
Le lieu ? Un écrin bien connu des amateurs de théâtre intimiste, là où la proximité avec les artistes change tout, où chaque rire compte un peu plus, et où l’émotion circule sans filtre : Au guichet Montparnasse.
Mais alors, Pays Bonheur, simple promesse ou vraie parenthèse coup de poing dans nos semaines trop aisées ?
Clément a vu le spectacle pour vous. Il a observé, il a ressenti… et il est temps maintenant de découvrir ce qu’il en pense vraiment.

Il a fui son pays. Son terrible voyage, il nous le raconte. Si lui a réussi à atteindre la terre du pays bonheur, ce n’est pas le cas de tous. Et la lutte ne s’arrête pas là, la terre promise tant convoitée se révèle sous son vrai jour, celui de la misère morale et matérielle. Ici, il faut faire le ménage dans les hôtels, vivre dans des immeubles délabrés, travailler sur des chantiers éprouvants.
Portée par un seul-en-scène d’une grande intensité, la pièce frappe par son caractère à la fois brut, mystique et profondément sincère. Le comédien, complet et habité, plonge son regard dans celui du spectateur, le prenant à témoin et l’interrogeant directement sur la place qu’il occupe. L’émotion prend dès les premiers instants et ne lâchera plus jusqu’à ce que la lumière revienne dans la salle.
La pièce ne cherche pas à rassurer. Elle hurle, dérange, et c’est nécessaire. Elle donne à voir la cruauté du monde moderne, la déshumanisation, l’insécurité constante qui accompagne l’exil, mais aussi la douleur de l’espoir, celle qui pousse à partir, à croire, à tenir malgré tout. Une odyssée trop commune, et pourtant trop peu écoutée.
Engagée et profondément actuelle, la pièce questionne le rêve d’ailleurs, mais surtout celui d’un monde qui doit changer. Elle rappelle, avec une sincérité bouleversante, la chance que l’on a d’être assis face à lui, à écouter cette histoire qui pourrait être celle de tous. Quand le « là-bas » devient l’« ici », le pays bonheur révèle une réalité que l’on ne peut plus ignorer. Car comme cette pièce le dit : il est temps de changer, et écouter son histoire est peut-être la première chose à faire.
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