Joseph Carré aurait pu jouer la carte de la sécurité. Après deux albums solides, bien installés dans le paysage de la pop française, beaucoup s’attendaient à le voir poursuivre sur cette lancée. Mais non. Avec Ultrason, l’artiste choisit de bousculer ses propres codes et d’emmener son public là où on ne l’attendait pas forcément.
Dès l’introduction, le décor est planté, le style sera à nouveau différent. Pas d’intro type western comme sur l’album « Magique » par ici, mais de l’électro. Puis Ultralégal déboule comme une évidence : un beat électro aux accents 80’s, une énergie immédiate, et la voix de Joseph Carré qui s’y pose avec assurance. Le message est clair : quelque chose a changé. Et ça fonctionne.
Pour autant, pas de panique pour les fans de la première heure. Ultrason ne tourne pas le dos à la pop qui a fait la signature de l’artiste. Super Bossa Nova (Charlotte) et Une étoile populaire rappellent que Joseph Carré sait toujours écrire des morceaux accrocheurs et sensibles. Les sonorités évoluent, certes, mais l’ADN est intact. Une façon élégante d’avancer sans se répéter.
Après la douceur d’Une étoile populaire, l’album repart de plus belle avec Système 1 Système 2. Un titre surprenant où Joseph Carré dégaine le saxophone, d’abord sur une base brute et chargée, avant de le laisser s’exprimer pleinement dans une seconde partie plus intime. L’album confirme alors ce qu’on pressentait déjà : Ultrason aime prendre des chemins inattendus.
Pas question de relâcher la pression avec Astra, d’autant plus que la fin approche. Avec seulement huit titres, le projet peut sembler court, mais cette concision était déjà présente sur l’opus « Temps libre ». Ultrason s’écoute ainsi comme une parenthèse, une exploration, presque un laboratoire sonore, voir une prise de risque assumée, qui ne cherche pas à plaire à tout prix.
L’avant-dernier morceau, Phénomène, marque un temps fort. Pop, énergique, efficace, il renoue clairement avec ce qu’il faisait de mieux sur ses précédents albums. Une piqûre de rappel : oui, cet univers-là lui va toujours aussi bien.
Et puis vient Mission voyage. Dernière piste. Pas de paroles. Juste un voyage musical, libre, presque contemplatif. Un choix qui fait sens, car c’est finalement là que réside la vraie surprise d’Ultrason : plus qu’un virage électro, c’est un album qui secoue, un disque qui refuse de choisir une seule direction… et qui prouve surtout que Joseph Carré n’a pas fini de surprendre.
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