Critique de Primate

Primate

8.4

Scénario

7.9/10

Casting

8.2/10

Réalisation

9.0/10

Les pour

  • De bons frissons
  • Quelques scènes choquantes
  • De belles inspirations

Twitter : #Primate

Titre VO : Primate

Réalisateur : Johannes Roberts  

Acteurs : Johnny Sequoyah, Troy Kotsur, Jessica Alexander, Victoria Wyant, Kevin McNally  

Durée : 1h29  

Date de sortie en France : 21 janvier 2026

Un singe tueur au cinéma ? L’idée peut sembler étrange aujourd’hui. Et pour cause : il faut remonter très loin, très loin même, pour retrouver un véritable film d’horreur ayant fait d’un singe son antagoniste principal. Dans la mémoire collective, un seul titre s’impose encore : Link, sorti en 1986.

Depuis, plus rien. Quarante ans de silence. Quarante ans pendant lesquels la technologie a explosé, offrant pourtant des possibilités visuelles impressionnantes pour donner vie à ce type de créature à l’écran. Alors forcément, lorsqu’un cinéaste ose enfin se lancer dans un projet comme Primate, la curiosité est immédiate… et l’attente énorme.

Bonne nouvelle : l’attente est en grande partie récompensée.

Dès les premières minutes, Primate pose son concept sans détour. En quelques secondes à peine, le film rappelle ce qu’est l’hydrophobie, plus connue sous le nom de la rage, avant de plonger brutalement le spectateur dans une scène choc où Ben, un singe jusque-là inoffensif, attaque son vétérinaire. Une entrée en matière radicale, presque trop.

Car c’est justement là que se niche le seul véritable défaut du film. Ce moment fort, censé installer la tension, est en réalité gâché par un choix de montage discutable : la scène revient quasiment à l’identique une quinzaine de minutes plus tard. L’effet de surprise est alors déjà éventé. On comprend l’intention — offrir un frisson immédiat au public — mais le résultat dessert la narration en cassant la montée progressive de l’horreur.

Passée cette maladresse, Primate trouve rapidement son rythme et commence à déployer ses vraies ambitions. Le film débute comme un teen-movie hollywoodien presque caricatural : des adolescents obsédés par le sexe, un voyage entre amis, de beaux décors et une impression de déjà-vu assumée. Mais cette façade ne dure pas. Très vite, le réalisateur reprend le contrôle et oriente son récit vers quelque chose de bien plus singulier.

Certaines idées apportent même une vraie originalité, comme la surdité du père, qui donne un sens inattendu à l’utilisation du langage des signes par Ben. Mais surtout, Primate révèle peu à peu sa plus grande force… et elle est inattendue.

Car oui, Primate respire John Carpenter.

Des mouvements de caméra aux cadres soignés, en passant par certaines apparitions du singe Ben qui rappellent presque Michael Myers, l’influence du maître de l’horreur des années 80 est partout. Et que dire de la bande originale ? Synthétique, entêtante, glaciale… elle évoque ouvertement Christine, au point de rester en tête bien après la séance.

L’hommage est si appuyé qu’on en viendrait presque à se demander si Johannes Roberts ne se cache pas derrière un pseudonyme tant le film semble habité par l’âme du réalisateur d’Halloween.

Et c’est précisément cette filiation assumée qui donne à Primate une identité horrifique devenue trop rare : une ambiance à l’ancienne, une musique marquante, des plans élégants et un antagoniste réellement inquiétant. Ben n’est pas un gadget, il est une menace.

Côté horreur, le film trouve un bon équilibre. Certaines scènes restent hors champ (on croise les doigts pour une version non censurée), mais d’autres assument pleinement leur violence, frontalement. Les amateurs du genre y trouveront largement leur compte.

Enfin, le casting s’en sort honorablement. Si certains seconds rôles cochent toutes les cases du cliché adolescent américain, le duo principal porté par Johnny Sequoyah et Troy Kotsur apporte une vraie solidité émotionnelle à l’ensemble.

Au final, Primate s’impose comme l’une des belles surprises de ce début d’année. Certains y verront peut-être un exercice de style trop proche du plagiat, d’autres un hommage sincère et maîtrisé. Mais une chose est sûre : avec ce film, Johannes Roberts signe tout simplement le meilleur long-métrage de sa carrière à ce jour.

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